{"id":1266,"date":"2017-10-12T09:05:12","date_gmt":"2017-10-12T07:05:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/?p=1266"},"modified":"2022-12-23T12:19:26","modified_gmt":"2022-12-23T10:19:26","slug":"le-travail-des-meres-en-suisse-evolution-et-determinants-individuels","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/?p=1266","title":{"rendered":"Le travail des m\u00e8res en Suisse : \u00e9volution et d\u00e9terminants individuels"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Art.-GiudiciSchumacher_i.pdf\">L&#8217;article a \u00e9t\u00e9 traduit en italien par l&#8217;office cantonal des statistiques du Tessin.<\/a><\/p>\n<h2><\/h2>\n<h2>Introduction<\/h2>\n<p>Devenir m\u00e8re en Suisse peut avoir un fort impact sur la carri\u00e8re professionnelle. Si la plupart des nouveaux p\u00e8res continuent \u00e0 travailler \u00e0 plein temps, la majorit\u00e9 des m\u00e8res interrompent leur carri\u00e8re professionnelle ou diminuent au moins leur taux d\u2019occupation pour prendre l\u2019enfant en charge (LeGoff et Levy, 2016&nbsp;; Giudici et Gauthier, 2009).<\/p>\n<p>Le comportement des m\u00e8res sur le march\u00e9 de l\u2019emploi d\u00e9pend de nombreux facteurs \u00e0 rechercher \u00e0 plusieurs niveaux analytiques. Leurs opportunit\u00e9s r\u00e9elles de mise en place d\u2019une strat\u00e9gie de conciliation entre famille et travail sont certes fa\u00e7onn\u00e9es par le contexte institutionnel (par exemple, en ce qui concerne la disponibilit\u00e9 et le co\u00fbt de structures d\u2019accueil), mais elles d\u00e9pendent \u00e9galement de leurs ressources \u00e9conomiques et sociales individuelles (comme le niveau de formation des conjoints).<\/p>\n<p>Le but de notre analyse est double. Premi\u00e8rement, nous d\u00e9crivons l\u2019\u00e9volution de la participation des m\u00e8res au march\u00e9 de l\u2019emploi au cours des 40 derni\u00e8res ann\u00e9es en nous int\u00e9ressant \u00e0 l\u2019ensemble du pays et aux diff\u00e9rences entre cantons. Deuxi\u00e8mement, nous proposons d\u2019\u00e9tudier l\u2019effet de plusieurs facteurs individuels (comme le niveau de formation et la nationalit\u00e9 des parents, ou encore le nombre et l\u2019\u00e2ge des enfants) sur l\u2019insertion professionnelle des m\u00e8res au fil du temps. On peut se demander, par exemple, si une formation tertiaire est une ressource favorisant le travail des m\u00e8res et si son impact a augment\u00e9 ou diminu\u00e9 au cours du temps. Ou encore, si le fait d\u2019avoir plusieurs enfants \u00e0 charge est une contrainte qui a toujours d\u00e9favoris\u00e9 la participation des m\u00e8res au march\u00e9 de l\u2019emploi. On montre ainsi que, malgr\u00e9 la forte progression de la pr\u00e9sence des m\u00e8res sur le march\u00e9 de l\u2019emploi, le ph\u00e9nom\u00e8ne reste loin de se g\u00e9n\u00e9raliser \u00e0 toutes les m\u00e8res; si certaines caract\u00e9ristiques et ressources individuelles comme le niveau d\u2019\u00e9tudes des conjoints ont \u00e9t\u00e9 et sont toujours d\u2019importants d\u00e9terminants de la participation des m\u00e8res au march\u00e9 de l\u2019emploi, d\u2019autres, comme le nombre d\u2019enfants, sont m\u00eame devenues plus importantes au fil du temps.<\/p>\n<h2>Maternit\u00e9, travail et contexte institutionnel<\/h2>\n<p>Selon une r\u00e9cente publication de l\u2019OFS (Hermann et Murier, 2016), la part de femmes de 25 \u00e0 54 ans exer\u00e7ant une activit\u00e9 professionnelle en Suisse est, avec 82,2% en 2015, l\u2019une des plus \u00e9lev\u00e9es d\u2019Europe&nbsp;; seule la Su\u00e8de affiche un niveau sup\u00e9rieur (83,3%). Le taux d\u2019actives occup\u00e9es n\u2019atteint pourtant que 70,2% parmi les femmes m\u00e8res d\u2019au moins un enfant de moins de 6 ans. En comparaison internationale, la Suisse glisse ainsi \u00e0 la 11<sup>\u00e8me<\/sup> position en la mati\u00e8re (la moyenne UE28 \u00e9tant de 63,4%). En plus d\u2019un taux d\u2019activit\u00e9 plus bas que les femmes sans enfant, les m\u00e8res en Suisse se caract\u00e9risent \u00e9galement par le travail \u00e0 temps partiel&nbsp;: avec 82,7% des m\u00e8res actives occup\u00e9es ne travaillant pas \u00e0 temps plein, la Suisse occupe le 2<sup>\u00e8me<\/sup> rang du classement europ\u00e9en des m\u00e8res travaillant \u00e0 temps partiel.<\/p>\n<p>Pourquoi donc, en Suisse, la maternit\u00e9 am\u00e8ne-t-elle une bonne partie des femmes \u00e0 interrompre leur travail ou \u00e0 r\u00e9duire leur taux d\u2019occupation? La litt\u00e9rature r\u00e9cente met en \u00e9vidence toute une s\u00e9rie de facteurs institutionnels, d\u00e9coulant au moins en partie d\u2019une longue tradition lib\u00e9rale de non-intervention de l\u2019\u00c9tat dans la sph\u00e8re priv\u00e9e&nbsp;: la prise en charge et l\u2019\u00e9ducation des enfants ont longtemps \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es comme relevant uniquement du domaine priv\u00e9 (Bonoli, 2007&nbsp;; Gani, 2016).<\/p>\n<p>Parmi les facteurs qui d\u00e9favoriseraient l\u2019insertion professionnelle des jeunes m\u00e8res, plusieurs \u00e9tudes pointent le manque de structures d\u2019accueil de la petite enfance, ainsi que les co\u00fbts de garde encore trop \u00e9lev\u00e9s&nbsp;en comparaison internationale (Stern, Felfe et Schwab, 2014). Cette p\u00e9nurie am\u00e8nerait une partie des m\u00e8res, notamment celles vivant dans un m\u00e9nage \u00e0 bas revenu, \u00e0 renoncer au travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 pour s\u2019occuper des enfants (Schmid, Kriesi et Buchmann, 2011&nbsp;; Giudici et Bruno, 2015). D\u2019autres facteurs sont la forte in\u00e9galit\u00e9 entre, d\u2019une part, le cong\u00e9 maternit\u00e9 de 16 semaines et, d\u2019autre part, le cong\u00e9 paternit\u00e9 pratiquement inexistant, ce qui favoriserait d\u00e8s les premi\u00e8res semaines de la vie familiale la mise en place d\u2019une division in\u00e9galitaire du travail (Valarino, 2016). Par le biais de l\u2019imposition progressive du revenu familial, la participation \u00e9conomique des m\u00e8res est aussi d\u00e9favoris\u00e9e par le syst\u00e8me fiscal (B\u00fctler et R\u00fcsch, 2009). D\u2019un point de vue purement financier, il peut ainsi \u00eatre plus int\u00e9ressant pour une famille de diminuer le taux d\u2019occupation (voire d\u2019arr\u00eater l\u2019activit\u00e9) de l\u2019un des partenaires. Le plus souvent, c\u2019est la femme qui r\u00e9duit son travail, entre autres en raison de son revenu qui est en moyenne moins important.<\/p>\n<h2>Pr\u00e9f\u00e9rences ou ressources&nbsp;?<\/h2>\n<p>Ces conditions structurelles encourageraient les familles \u00e0 opter pour une division traditionnelle du travail, avec la femme davantage investie dans le travail domestique et la garde des enfants, et l\u2019homme se consacrant \u00e0 plein temps \u00e0 sa carri\u00e8re professionnelle. Dans une partie des familles, un telle division des t\u00e2ches est souhait\u00e9e et anticip\u00e9e avant la naissance de l\u2019enfant, alors que dans d\u2019autres cas elle ne correspond pas aux d\u00e9sirs et aux ambitions (professionnelles et familiales) des conjoints avant de devenir parents. En ra<a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Art.-GiudiciSchumacher_i.pdf\">ison des fortes contraintes institutionnelles, une partie des couples visant une division plus \u00e9galitaire adopteraient finalement une organisation plus traditionnelle (B\u00fchlmann, Elcherot&nbsp; et Tettamanti, 2009). Le d\u00e9sir, mais aussi la difficult\u00e9 d\u2019une partie des m\u00e8res de se r\u00e9ins\u00e9rer dans le march\u00e9 du travail ou d\u2019augmenter leur taux d\u2019occupation, par n\u00e9cessit\u00e9 ou par volont\u00e9, est refl\u00e9t\u00e9 par deux indicateurs-cl\u00e9s du statut sur le march\u00e9 du travail: par rapport \u00e0 l\u2019ensemble des femmes en \u00e2ge d\u2019avoi<\/a>r des enfants, les m\u00e8res sont plus souvent concern\u00e9es par le ch\u00f4mage (5%, vs. 4.4%) et le sous-emploi<sup><sup>[1]<\/sup><\/sup> (18%&nbsp; vs. 11.1%&nbsp;; Hermann et Murier, 2016).<\/p>\n<p>Dans un tel contexte, le r\u00f4le des ressources individuelles peut jouer un r\u00f4le d\u00e9cisif dans la mise en place d\u2019une strat\u00e9gie de conciliation entre vies familiale et professionnelle. Le r\u00f4le du niveau de formation des m\u00e8res dans leur insertion professionnelle est assez bien document\u00e9 (Krone-Germann et de Chambrier, 2011). Une formation avanc\u00e9e doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme une ressource individuelle permettant \u00e0 une femme ou \u00e0 un couple de mieux concilier vie familiale et sph\u00e8re professionnelle. Les femmes au b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une formation tertiaire s\u2019av\u00e8rent ainsi plus fortement ancr\u00e9es dans le march\u00e9 du travail que les femmes avec un niveau d\u2019\u00e9tude plus bas. Ayant leurs enfants en moyenne \u00e0 un \u00e2ge plus avanc\u00e9, elles acc\u00e8dent \u00e0 des postes g\u00e9n\u00e9ralement mieux r\u00e9tribu\u00e9s et semblent disposer de plus amples marges de man\u0153uvre dans la n\u00e9gociation des conditions de leur cong\u00e9 et du retour \u00e0 l\u2019emploi. Etant en moyenne mieux pay\u00e9es, elles financent aussi plus facilement une solution de garde pour leurs enfants[2].<\/p>\n<p>La propension \u00e0 travailler est \u00e9galement directement et inversement li\u00e9e au <em>nombre d\u2019enfants \u00e0 charge<\/em> (Cohany et Sok, 2007), l\u2019organisation et le prix de leur accueil se compliquant avec leur nombre (B\u00fctler, 2006). Cette relation \u00e9vidente et directe peut pourtant aussi d\u00e9pendre du contexte institutionnel, en l\u2019occurrence du syst\u00e8me tarifaire appliqu\u00e9 dans les structures d\u2019accueil (pr\u00e9sence et niveau de rabais pour la fratrie).<\/p>\n<p><em>L\u2019\u00e9tat civil<\/em> des partenaires peut \u00eatre un indicateur du r\u00f4le et du pouvoir relatif (<em>empowerment<\/em>) de la femme dans le couple. Les m\u00e8res vivant en union libre se caract\u00e9risent en effet par une insertion professionnelle sup\u00e9rieure \u00e0 celle des m\u00e8res mari\u00e9es (Algava, 2005&nbsp;). Cela peut s\u2019expliquer par le fait que le d\u00e9sir d\u2019autonomie des partenaires est l\u2019une des raisons principales du non-mariage en Europe occidentale (Hiekel et al., 2014). Sous l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une \u00e9galit\u00e9 croissante entre \u00e9poux mari\u00e9s, on peut faire l\u2019hypoth\u00e8se que le r\u00f4le de ce facteur diminue au cours du temps.<\/p>\n<p><em>La nationalit\u00e9 des \u00e9poux<\/em>, finalement, ne se r\u00e9percute que de fa\u00e7on indirecte sur l\u2019activit\u00e9 professionnelle des m\u00e8res. Elle est probablement corr\u00e9l\u00e9e avec d\u2019autres variables, comme les pr\u00e9f\u00e9rences et attitudes par rapport \u00e0 la famille et au travail, mais aussi la disponibilit\u00e9 d\u2019un r\u00e9seau de grands-parents ou autres membres de la famille ou amis qui, en cas de besoin, peuvent fournir du soutien et permettre aux deux parents de continuer \u00e0 exercer une activit\u00e9 professionnelle. Dans la Suisse de l\u2019apr\u00e8s-guerre, les femmes \u00e9trang\u00e8res sont ainsi plus souvent actives que les Suissesses. Voegeli (1997) a avanc\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8se que la forte croissance \u00e9conomique des Trente Glorieuses et l\u2019immigration soutenue de travailleurs \u00e9trangers a permis \u00e0 de nombreux hommes suisses d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des postes mieux r\u00e9tribu\u00e9s. Cette \u00e9volution aurait permis aux femmes suisses de la classe moyenne de se retirer du march\u00e9 du travail et de vivre, peut-\u00eatre pour la premi\u00e8re fois dans l\u2019histoire du pays, le mod\u00e8le familial bourgeois.<\/p>\n<h2>Donn\u00e9es et m\u00e9thodes<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es analys\u00e9es sont tir\u00e9es des Recensements f\u00e9d\u00e9raux de la population (RFP) de 1980, 1990 et de 2000, ainsi que du Relev\u00e9 structurel (RS) pour la p\u00e9riode 2010-2014. Si les recensements sont des enqu\u00eates exhaustives, le Relev\u00e9 structurel est un \u00e9chantillon annuel aupr\u00e8s d\u2019au moins 200&#8217;000 personnes et m\u00e9nages qui compl\u00e8te les informations fournies par les registres des habitants. Nous avons utilis\u00e9 les donn\u00e9es r\u00e9unies (\u00ab&nbsp;pooled&nbsp;\u00bb) des cinq premi\u00e8res ann\u00e9es du RS (2010 \u00e0 2014), ce qui nous permet de disposer d\u2019un \u00e9chantillon suffisamment large pour effectuer des analyses combinant plusieurs variables.<\/p>\n<p>L\u2019analyse statistique est limit\u00e9e aux m\u00e8res d\u2019enfants de 0 \u00e0 3 ans r\u00e9volus vivant en couple. L\u2019\u00e2ge de scolarisation \u00e9tant 4 ans (au 31 juillet) dans les 15 cantons ayant souscrit au concordat HarmoS, et identique ou plus tardif dans les cantons restants, il s\u2019agit exclusivement de m\u00e8res d\u2019enfants d\u2019\u00e2ge pr\u00e9scolaire. Avec ces deux crit\u00e8res de s\u00e9lection (vie en couple et \u00e2ge de l\u2019enfant), l\u2019analyse porte sur 230&#8217;000 m\u00e9nages en 1990, 216&#8217;000 en 2000, et 95&#8217;000 en 2010-2014. Compte tenu de leur poids statistique, ces derniers repr\u00e9sentent les quelques 250&#8217;000 couples avec enfant(s) de 0 \u00e0 3 ans dans la population totale de la p\u00e9riode 2010-2014.<\/p>\n<p>La participation des m\u00e8res au march\u00e9 du travail est mesur\u00e9e \u00e0 l\u2019aide de deux indicateurs&nbsp;: le taux de m\u00e8res actives en g\u00e9n\u00e9ral et la proportion de m\u00e8res occup\u00e9es \u00e0 50% ou plus. Outre ces deux variables cibles, nous consid\u00e9rons quatre facteurs principaux&nbsp;: le nombre d\u2019enfants de 0 \u00e0 9 ans (dont au moins un de 0 \u00e0 3 ans), le niveau de formation des conjoints ou partenaires, la nationalit\u00e9 des \u00e9poux ou partenaires et l\u2019\u00e9tat civil du couple (mari\u00e9 ou non). L\u2019\u00e2ge de la m\u00e8re, la diff\u00e9rence d\u2019\u00e2ge entre \u00e9poux ou partenaires, et le taux d\u2019occupation du partenaire servent de variable de contr\u00f4le[3].<\/p>\n<h2>En 1980, la majorit\u00e9 des m\u00e8res ne travaillait pas<\/h2>\n<p>La part des m\u00e8res poursuivant une activit\u00e9 professionnelle en Suisse a connu une forte augmentation au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies. Si, en 1980, trois quarts des m\u00e8res d\u2019au moins un enfant d\u2019\u00e2ge pr\u00e9scolaire et vivant en couple \u00e9taient professionnellement inactives (23% d\u2019actives occup\u00e9es), la situation s\u2019est invers\u00e9e depuis&nbsp;: en 2010-2014, 64,3% des m\u00e8res de cette cat\u00e9gorie ont d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre en emploi, ce qui correspond \u00e0 une progression moyenne de 40 points par rapport \u00e0 1980. Une forte progression a eu lieu entre 1990 et 2000, p\u00e9riode pendant laquelle on a d\u00e9pass\u00e9 le seuil de 50% de m\u00e8res actives. Le cong\u00e9 maternit\u00e9 pay\u00e9 au niveau f\u00e9d\u00e9ral a \u00e9t\u00e9 introduit le 1<sup>er<\/sup> juillet 2005. M\u00eame si les cong\u00e9s existaient d\u00e9j\u00e0 dans de nombreuses conventions collectives de travail, cette loi a n\u00e9anmoins modifi\u00e9 le contexte institutionnel du travail des m\u00e8res.<\/p>\n<p>La Figure 1 montre, pour chaque canton, le taux d\u2019activit\u00e9 des m\u00e8res en 1980 (en noir) et sa progression durant les trois derni\u00e8res d\u00e9cennies&nbsp;; la progression entre 1980 et 1990 est indiqu\u00e9e en blanc, celle observ\u00e9e entre 1990 et 2000 en gris, et enfin celle enregistr\u00e9e depuis l\u2019an 2000 en gris clair&nbsp;; le total correspond \u00e0 la situation en 2010-14. La comparaison des cantons montre, d\u2019une part, la persistance de fortes diff\u00e9rences inter-r\u00e9gionales \u00e0 travers ces trois d\u00e9cennies, et, d\u2019autre part, des rythmes de progression tr\u00e8s variables. En 1980, le taux d\u2019activit\u00e9 des m\u00e8res \u00e9tait compris entre 15% (Uri) et 38% (Glaris), alors qu\u2019en 2010-2014, il variait entre 53% au Tessin (+\/- 1,2%) et 73% dans le canton du Jura (+\/- 2,5%)<sup><sup>[4]<\/sup><\/sup>. Une partie des cantons restent caract\u00e9ris\u00e9s par des taux faibles (Tessin, Uri, Nidwald, Grisons, Schwyz, Zoug), tandis que d\u2019autres, notamment les cantons romands, r\u00e9unissent d\u00e8s le d\u00e9but de la p\u00e9riode d\u2019observation le plus de m\u00e8res actives. La progression la plus importante a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e dans le canton du Valais, qui pr\u00e9sentait l\u2019un des taux les plus bas en 1980 (avec 18% de m\u00e8res actives) et qui est pass\u00e9 \u00e0 69% en 2010-2014 pour se retrouver alors \u00e0 la cinqui\u00e8me position. D\u2019autres cantons ont connu une augmentation moins importante, comme par exemple Glaris, qui est pass\u00e9 d\u2019un taux assez \u00e9lev\u00e9 en 1980 (38%), \u00e0 64% en 2010-2014.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig1_2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1273\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig1_2.png\" alt=\"Fig1_2\" width=\"707\" height=\"689\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig1_2.png 707w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig1_2-300x292.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig1_2-600x584.png 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 707px) 100vw, 707px\" \/><\/a><\/p>\n<h2>M\u00e8res au travail&nbsp;: l\u2019\u00e9volution des facteurs individuels<\/h2>\n<p>Comment les facteurs individuels se r\u00e9percutent-ils sur l\u2019activit\u00e9 professionnelle des m\u00e8res en Suisse et comment leur impact a-t-il \u00e9volu\u00e9 \u00e0 travers le temps&nbsp;? Nous nous int\u00e9ressons ici \u00e0 quatre facteurs qui peuvent avoir un effet important sur la participation des m\u00e8res au march\u00e9 de l\u2019emploi&nbsp;: le nombre d\u2019enfants, le niveau de formation des parents, leur nationalit\u00e9 et leur \u00e9tat civil. Les graphiques suivants montrent la proportion de m\u00e8res actives, ainsi que la proportion de m\u00e8res occup\u00e9es \u00e0 50% ou plus, ajust\u00e9es aux effets de ces quatre facteurs et des trois variables de contr\u00f4le sous forme de probabilit\u00e9s pr\u00e9dites pour un profil moyen<sup><sup>[5]<\/sup><\/sup>.<\/p>\n<p><em>Plus une m\u00e8re a d\u2019enfants, moins elle travaille<\/em><\/p>\n<p>En 2010-2014, la propension des m\u00e8res \u00e0 travailler est inversement proportionnelle au nombre d\u2019enfants \u00e0 charge&nbsp;: plus une fratrie est nombreuse, moins la m\u00e8re tend \u00e0 travailler [Figure 2]. En passant d\u2019un premier enfant au deuxi\u00e8me, la probabilit\u00e9 qu\u2019une m\u00e8re soit active diminue, pour un profil moyen et en tenant compte d\u2019autres facteurs, de 7 points, puis avec le passage au troisi\u00e8me enfant encore de 12 points. La probabilit\u00e9 des m\u00e8res de quatre enfants de moins de 10 ans est m\u00eame r\u00e9duite de 30 points par rapport \u00e0 celle des m\u00e8res d\u2019un enfant. Si ce gradient est moins prononc\u00e9 en 2000 mais d\u00e9j\u00e0 nettement visible, il n\u2019existe pas encore en 1990. On observe \u00e0 cette p\u00e9riode une opposition entre les m\u00e8res d\u2019un enfant et celles de deux enfants ou plus, dont la probabilit\u00e9 d\u2019\u00eatre active est de 6 \u00e0 10 points&nbsp; inf\u00e9rieure. Pour les m\u00e8res d\u2019une famille nombreuse, il est donc difficile d\u2019\u00eatre \u00e9conomiquement active, aujourd\u2019hui plus encore que dans le pass\u00e9. Cette \u00e9volution s\u2019explique probablement par un recours croissant aux solutions de garde institutionnelles, telles que cr\u00e8ches et mamans de jour, dont le co\u00fbt augmente avec chaque enfant. Il est probable qu\u2019une partie importante de m\u00e8res actives ait pu recourir, en 1990, \u00e0 des solutions de garde priv\u00e9es ou informelles, telles que grands-parents et nounous.<\/p>\n<p>Pour ce qui est de la proportion de m\u00e8res travaillant \u00e0 50% ou plus, elle est davantage soumise \u00e0 un tel gradient. La propension \u00e0 travailler \u00e0 50% ou plus des m\u00e8res de 4 enfants ou plus n\u2019atteint que 36% de celle des m\u00e8res d\u2019un enfant.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig2_f.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1275\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig2_f.png\" alt=\"Fig2_f\" width=\"705\" height=\"386\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig2_f.png 705w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig2_f-300x164.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig2_f-600x328.png 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 705px) 100vw, 705px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Le niveau de formation des deux conjoints ou partenaires affecte la propension des m\u00e8res \u00e0 travailler&nbsp;: celles au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une formation tertiaire ont plus de chances d\u2019\u00eatre actives que les m\u00e8res sans formation tertiaire [Figure 3]. En 2010-2014, la propension \u00e0 travailler des m\u00e8res en possession d\u2019un dipl\u00f4me tertiaire est, pour un profil moyen, entre 7 et 16 points sup\u00e9rieure \u00e0 celle des m\u00e8res sans formation tertiaire, selon que leur partenaire est \u00e9galement dipl\u00f4m\u00e9 d\u2019une haute \u00e9cole. Ces diff\u00e9rences s\u2019av\u00e8rent plus prononc\u00e9es quand on s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la proportion de m\u00e8res occup\u00e9es \u00e0 50% ou plus (entre 13 et 25 points). Si la direction de ces diff\u00e9rences se montre stable \u00e0 travers la p\u00e9riode 1990-2010\/14, les \u00e9carts absolus et relatifs se sont r\u00e9tr\u00e9cis pour la proportion totale de m\u00e8res actives, et accentu\u00e9s pour ce qui est de la proportion de m\u00e8res occup\u00e9es \u00e0 50% ou plus.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig3_f.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1276\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig3_f.png\" alt=\"Fig3_f\" width=\"703\" height=\"402\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig3_f.png 703w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig3_f-300x171.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig3_f-600x343.png 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 703px) 100vw, 703px\" \/><\/a><\/p>\n<p>En d\u2019autres mots, une formation sup\u00e9rieure repr\u00e9sente toujours un facteur favorisant l\u2019insertion professionnelle des m\u00e8res, mais son r\u00f4le est aujourd\u2019hui moins important que dans le pass\u00e9. C\u2019est notamment l\u2019effet p\u00e9nalisant de l\u2019absence d\u2019un dipl\u00f4me tertiaire parmi les m\u00e8res en couple avec un homme au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019un tel dipl\u00f4me (li\u00e9 sans doute \u00e0 l\u2019\u00e9cart salarial entre partenaires) qui semble avoir gagn\u00e9 en importance depuis 1990. L\u2019accentuation de cet effet peut \u00e9galement \u00eatre expliqu\u00e9e par le recours croissant aux solutions de garde institutionnelles, leur co\u00fbt mettant en question la valeur ajout\u00e9e, au sein d\u2019un couple, du salaire (moins important) de la femme sans formation tertiaire.Source&nbsp;: Recensement F\u00e9d\u00e9ral de la Population 1990 et 2000, Relev\u00e9 Structurel 2010-2014<\/p>\n<p><em>Les Suissesses plus nombreuses \u00e0 travailler<\/em><\/p>\n<p>En 2010-2014, les m\u00e8res de nationalit\u00e9 suisse sont plus nombreuses \u00e0 travailler que les m\u00e8res \u00e9trang\u00e8res&nbsp;: leur propension \u00e0 \u00eatre active est entre 15 et 22 points sup\u00e9rieure \u00e0 celle des \u00e9trang\u00e8res, selon que leur conjoint ou partenaire est \u00e9galement de nationalit\u00e9 suisse [Figure 4]. Pour les m\u00e8res occup\u00e9es \u00e0 50% et plus, cette opposition entre Suissesses et \u00e9trang\u00e8res est pourtant moins marqu\u00e9e. La probabilit\u00e9 de travailler \u00e0 mi-temps ou plus d\u00e9pend en effet surtout de la nationalit\u00e9 du partenaire&nbsp;: elle est plus \u00e9lev\u00e9e chez les m\u00e8res en couple avec un \u00e9tranger.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig4_f.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1277\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig4_f.png\" alt=\"Fig4_f\" width=\"702\" height=\"436\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig4_f.png 702w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig4_f-300x186.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig4_f-600x372.png 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 702px) 100vw, 702px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Si la mani\u00e8re dont la nationalit\u00e9 des conjoints ou partenaires affecte la propension des m\u00e8res \u00e0 travailler en 2010-2014 peut d\u00e9j\u00e0 \u00eatre observ\u00e9e en 2000, elle diff\u00e8re fondamentalement de celle trouv\u00e9e en 1990. La propension des m\u00e8res \u00e0 travailler est alors soumise \u00e0 un gradient de \u00ab&nbsp;Suissitude&nbsp;\u00bb passant des couples \u00e9trangers (parmi qui les m\u00e8res sont les plus nombreuses \u00e0 travailler) aux couples mixtes, puis aux couples suisses o\u00f9 les femmes sont proportionnellement les moins nombreuses \u00e0 travailler. Parmi les m\u00e8res \u00e9trang\u00e8res en couple avec un \u00e9tranger, la propension \u00e0 \u00eatre occup\u00e9es \u00e0 50% ou plus n\u2019a pas \u00e9volu\u00e9, toutes choses \u00e9gales par ailleurs, entre 1990 et 2010-2014, tandis qu\u2019elle a plus que tripl\u00e9 parmi les m\u00e8res suisses en couple avec un partenaire suisse. Comment expliquer l\u2019\u00e9volution remarquable de ce diff\u00e9rentiel&nbsp;? S\u2019il est possible que la recomposition de la population \u00e9trang\u00e8re par nationalit\u00e9 a jou\u00e9 un r\u00f4le, on peut y voir aussi la fin du mod\u00e8le familial bourgeois chez les couples suisses (V\u00f6geli, 1997).Source&nbsp;: Recensement F\u00e9d\u00e9ral de la Population 1990 et 2000, Relev\u00e9 Structurel 2010-2014<\/p>\n<p><em>Les m\u00e8res mari\u00e9es moins enclines \u00e0 travailler<\/em><\/p>\n<p>Les m\u00e8res vivant en union libre sont plus nombreuses \u00e0 travailler que les m\u00e8res mari\u00e9es. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un diff\u00e9rentiel observ\u00e9 depuis 1990 qui marque \u00e9galement la proportion de m\u00e8res occup\u00e9es \u00e0 50% ou plus [Figure 5]. Son ampleur semble pourtant diminuer au cours du temps. Si la diff\u00e9rence relative s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 plus de 50% en 1990, elle passe \u00e0 16% en 2000 et tombe en-dessous de 10% en 2010-2014. L\u2019att\u00e9nuation de cet \u00e9cart semble \u00eatre la cons\u00e9quence logique de la progression du taux d\u2019activit\u00e9 des m\u00e8res d\u2019enfants d\u2019\u00e2ge pr\u00e9scolaire, progression qui peut s\u2019expliquer elle-m\u00eame par une plus forte \u00e9galit\u00e9 entre \u00e9poux. Cette att\u00e9nuation peut aussi \u00eatre li\u00e9e \u00e0 la diffusion de l\u2019union libre. Les couples non mari\u00e9s avec enfants sont pass\u00e9s, durant les 25 derni\u00e8res ann\u00e9es, d\u2019un mod\u00e8le tr\u00e8s minoritaire (3% en 1990), caract\u00e9ris\u00e9 par des valeurs et des comportements particuliers, \u00e0 un mode de vie plus largement diffus\u00e9 (12% en 2010-2014) dont les comportements et valeurs pourrait se rapprocher de la majorit\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig5_f.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1278\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig5_f.png\" alt=\"Fig5_f\" width=\"702\" height=\"412\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig5_f.png 702w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig5_f-300x176.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/Fig5_f-600x352.png 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 702px) 100vw, 702px\" \/><\/a><\/p>\n<h2>Conclusions<\/h2>\n<p>En Suisse, les caract\u00e9ristiques individuelles et de m\u00e9nages des m\u00e8res d\u2019enfants d\u2019\u00e2ge pr\u00e9scolaire influencent leur propension \u00e0 travailler, cette \u00e9tude l\u2019a bien montr\u00e9. En 2010-2014, les m\u00e8res de nationalit\u00e9 suisse sont ainsi plus souvent actives&nbsp; que les \u00e9trang\u00e8res. Les m\u00e8res ayant suivi une formation tertiaire sont davantage ins\u00e9r\u00e9es sur le march\u00e9 de l\u2019emploi que les m\u00e8res sans dipl\u00f4me tertiaire. L\u2019insertion professionnelle des m\u00e8res diminue par ailleurs avec le nombre d\u2019enfants \u00e0 charge, et elle est plus faible parmi les femmes mari\u00e9es que parmi celles vivant en union libre.<\/p>\n<p>Nos analyses montrent aussi que l\u2019impact de certains facteurs individuels varie au fil du temps&nbsp;: si la nationalit\u00e9 suisse favorise aujourd\u2019hui la participation \u00e9conomique des m\u00e8res, elle rimait avec une moindre propension \u00e0 travailler en 1990. L\u2019effet du nombre d\u2019enfants de moins de 10 ans a \u00e9galement \u00e9volu\u00e9 au cours du temps&nbsp;: la probabilit\u00e9 d\u2019\u00eatre active est aujourd\u2019hui inversement proportionnelle au nombre d\u2019enfants. En 1990, en revanche, elle ne diminuait plus au-del\u00e0 du second enfant, r\u00e9sultat peut \u00eatre le plus surprenant ressorti des analyses et qui s\u2019explique probablement par un recours croissant aux solutions de garde institutionnelles, dont le co\u00fbt augmente avec chaque enfant.<\/p>\n<p>La persistance, voire l\u2019aggravation, de certains de ces diff\u00e9rentiels individuels en mati\u00e8re d\u2019insertion professionnelle des m\u00e8res d\u2019enfants d\u2019\u00e2ge pr\u00e9scolaire est un r\u00e9sultat significatif. Si ces diff\u00e9rentiels refl\u00e8tent certes aussi des diff\u00e9rences de pr\u00e9f\u00e9rences et d\u2019attitudes, ils montrent n\u00e9anmoins que pour les jeunes m\u00e8res, l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 du travail n\u2019est de loin pas g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. La prise en compte de facteurs contextuels, tels que la disponibilit\u00e9 et le co\u00fbt des structures d\u2019accueil ou la fiscalit\u00e9, permettrait d\u2019affiner l\u2019analyse des in\u00e9galit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s au travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9. Comme ces facteurs varient aux niveaux des cantons et m\u00eame des communes, la Suisse constituerait un champ d\u2019\u00e9tude particuli\u00e8rement int\u00e9ressant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[1]Selon la d\u00e9finition de l\u2019OFS, il s\u2019agit d\u2019individus travaillant \u00e0 temps partiel, qui souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour augmenter leur temps de travail dans les trois mois qui suivent l\u2019entretien.<\/p>\n<p>[2]L\u2019impact de cette ressource individuelle sur l\u2019insertion professionnelle des m\u00e8res est \u00e9galement susceptible de varier avec le contexte institutionnel : lorsque les structures d\u2019accueil sont faiblement subventionn\u00e9es par le secteur public et que la tarification est ind\u00e9pendante du revenu des parents, le niveau de formation et, par ricochet, le niveau de salaire sont plus fortement li\u00e9s \u00e0 la propension des m\u00e8res \u00e0 \u00eatre professionnellement actives.<\/p>\n<p>[3]L\u2019impact des facteurs individuels sur l\u2019activit\u00e9 professionnelle des m\u00e8res d\u2019enfants d\u2019\u00e2ge pr\u00e9scolaire est analys\u00e9 au moyen de mod\u00e8les de r\u00e9gression logistique pour les ann\u00e9es 1990, 2000 et 2010\/14. Quand ils s\u2019appliquent aux donn\u00e9es relatives \u00e0 la p\u00e9riode 2010-2014, leur ajustement respecte le plan d\u2019\u00e9chantillonnage du Relev\u00e9 structurel, la d\u00e9finition des strates et la pond\u00e9ration des m\u00e9nages.<\/p>\n<p>[4]Soulignons qu\u2019il est important de tenir compte des intervalles de confiance (IC) \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire les bornes inf\u00e9rieures et sup\u00e9rieures de nos estimations \u2013 dont l\u2019\u00e9tendue n\u2019est pas n\u00e9gligeable, notamment dans les petits cantons.<\/p>\n<p><sup><sup>[5]<\/sup><\/sup> Au sens strict, il s\u2019agit d\u2019un profil modal&nbsp;: une Suissesse mari\u00e9e de 30 \u00e0 34 ans avec un enfant et sans formation tertiaire, dont le mari a au plus 4 ans de plus qu\u2019elle, est lui-m\u00eame suisse, sans formation tertiaire et travaille \u00e0 temps plein. Les diagrammes montrent donc des effets \u00ab&nbsp;toutes choses \u00e9gales par ailleurs&nbsp;\u00bb qui peuvent \u00eatre diff\u00e9rents des distributions brutes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;article a \u00e9t\u00e9 traduit en italien par l&#8217;office cantonal des statistiques du Tessin. Introduction Devenir m\u00e8re en Suisse peut avoir un fort impact sur la carri\u00e8re professionnelle. 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