{"id":2849,"date":"2022-07-04T16:00:14","date_gmt":"2022-07-04T14:00:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/?p=2849"},"modified":"2023-11-06T09:43:21","modified_gmt":"2023-11-06T07:43:21","slug":"la-mobilite-educative-des-secondos-en-suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/?p=2849","title":{"rendered":"La mobilit\u00e9 \u00e9ducative des Secondos en Suisse"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<sup><a id=\"post-2849-footnote-ref-2\" href=\"#post-2849-footnote-2\">[1]<\/a><\/sup><\/h2>\n\n\n\n<p>Pays d\u2019immigration, la Suisse a enregistr\u00e9 depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale un tr\u00e8s important flux migratoire, principalement en provenance des pays de l\u2019Europe. Alors que l\u2019on d\u00e9nombrait 223 600 \u00e9trangers en Suisse en 1951, cet effectif fut multipli\u00e9 par quatre jusqu\u2019en 1980 (913 500). Entre cette date et aujourd\u2019hui, il fut encore multipli\u00e9 par plus de deux pour atteindre d\u00e9sormais un effectif de 2110&nbsp;800 \u00e9trangers fin 2020. Ces chiffres, issus des recensements et registres f\u00e9d\u00e9raux, sous-estiment cependant l\u2019ampleur de la migration dans le sens o\u00f9 plusieurs centaines de milliers de personnes n\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ont \u00e9t\u00e9 naturalis\u00e9es au cours de leur vie. Ainsi, la migration internationale est responsable de l\u2019ensemble de la croissance d\u00e9mographique observ\u00e9e en Suisse au cours des quarante derni\u00e8res ann\u00e9es: en son absence, l\u2019effectif de la population suisse aurait diminu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019immigration \u00e9tait d\u2019abord le plus souvent de courte dur\u00e9e et organis\u00e9e dans le cadre d\u2019une politique de rotation de la main-d\u2019\u0153uvre. Cependant, la dur\u00e9e de s\u00e9jour des ressortissants \u00e9trangers en Suisse s\u2019est progressivement allong\u00e9e, notamment depuis les ann\u00e9es 1970 et le passage progressif \u00e0 une politique visant l\u2019int\u00e9gration des familles migrantes. L\u2019installation de la population issue de la migration a conduit \u00e0 la naissance d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019enfants de migrants, appel\u00e9s parfois les Secondos. Celle-ci est entr\u00e9e dans le d\u00e9bat politique au d\u00e9but de la d\u00e9cennie 1980 (Bolzman et al., 1987 ; Steiner-Khamsi, 1985), notamment en lien \u00e9troit avec la discussion des conditions de naturalisation de cette population n\u00e9e ou ayant grandi en Suisse. Plus tard, la litt\u00e9rature scientifique s\u2019est int\u00e9ress\u00e9e au processus d\u2019adaptation des enfants de migrants \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019accueil entre assimilation, int\u00e9gration et transnationalisme (Cattacin et al., 2016) et \u00e0 leur r\u00e9ussite scolaire (Gomensoro &amp; Bolzman, 2016 ; Felouzis et al., 2016).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour sa part, la question de la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle, en d\u2019autres termes l\u2019\u00e9volution du statut \u00e9conomique de l\u2019enfant comparativement \u00e0 celui des parents, donne lieu \u00e0 une litt\u00e9rature \u00e9toff\u00e9e qui s\u2019int\u00e9resse notamment au poids que prend la classe sociale d\u2019appartenance sur la destin\u00e9e sociale des enfants (Falcon, 2016). Depuis les derni\u00e8res d\u00e9cennies du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, la recherche s\u2019est concentr\u00e9e sur les variations temporelles et r\u00e9gionales en termes de mobilit\u00e9 sociale (voir Falcon, 2012), ou celles en lien avec la conjoncture \u00e9conomique (L\u00e9vy et al., 1997), en laissant peu de place aux comparaisons entre les sous-groupes formant la soci\u00e9t\u00e9, notamment entre les diff\u00e9rents groupes d\u2019immigr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle des populations issues de l\u2019immigration m\u00e9rite une attention particuli\u00e8re dans un contexte d\u2019une migration faiblement qualifi\u00e9e, \u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019enfant issu d\u2019une origine \u00e9trang\u00e8re doit souvent faire un effort important pour acc\u00e9der \u00e0 un statut plus \u00e9lev\u00e9 que celui de la g\u00e9n\u00e9ration des parents. Les barri\u00e8res sont nombreuses et peuvent inclure un soutien scolaire peu optimal de la part des parents qui ne sont pas familiers avec le syst\u00e8me scolaire suisse, des difficult\u00e9s linguistiques, des r\u00e9seaux manquants pour l\u2019insertion dans le syst\u00e8me d\u2019apprentissage ou une discrimination \u00e0 l\u2019embauche. En m\u00eame temps, l\u2019investissement scolaire des enfants de migrants est encourag\u00e9 par le fait qu\u2019il repr\u00e9sente pour ceux-ci un moyen de sortir d\u2019une situation d\u00e9savantageuse. Deux \u00e9tudes conduites en Suisse autour de 2000 ont d\u2019ailleurs montr\u00e9 une mobilit\u00e9 sociale ascendante plus importante pour les enfants de migrants, comparativement aux enfants natifs (Bauer &amp; Riphahn, 2007 ; Bolzman et al., 2003).<\/p>\n\n\n\n<p>La mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle interroge en raison de la diversit\u00e9 des flux migratoires. En Suisse, un niveau de formation relativement faible caract\u00e9risait les populations migrantes jusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, p\u00e9riode o\u00f9 la migration de travailleurs \u00e9tait surtout orient\u00e9e vers les activit\u00e9s faiblement r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es (construction, h\u00f4tellerie et restauration, agriculture, etc.). Cependant, les flux migratoires se sont progressivement transform\u00e9s suite \u00e0 la tertiarisation croissante de l\u2019\u00e9conomie et \u00e0 la sp\u00e9cialisation des activit\u00e9s professionnelles. Alli\u00e9s \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la libre circulation des personnes, d\u00e8s 2002, qui a facilit\u00e9 l\u2019employabilit\u00e9 des Europ\u00e9ens, les atouts de la Suisse (stabilit\u00e9 politique, fiscalit\u00e9 favorable, etc.) ont renforc\u00e9 l\u2019arriv\u00e9e de multinationales et l\u2019activit\u00e9 hautement qualifi\u00e9e. Cette transformation a conduit \u00e0 une diversification des niveaux de formation des populations migrantes \u00e0 la fin du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Durant cette p\u00e9riode, des personnes hautement qualifi\u00e9es originaires des pays de l\u2019Europe occidentale sont arriv\u00e9es en Suisse en m\u00eame temps que des ressortissants des Balkans, faiblement ou moyennement qualifi\u00e9s, fuyant les conflits en ex-Yougoslavie. Au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, le nombre d\u2019arriv\u00e9es de migrants faiblement qualifi\u00e9s en direction de la Suisse a stagn\u00e9 tandis que celui des travailleurs hautement qualifi\u00e9s en provenance des pays d\u2019Europe occidentale et anglosaxons a fortement augment\u00e9 (Wanner &amp; Steiner, 2018).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte de diversification des flux migratoires, nous d\u00e9crivons, \u00e0 l\u2019aide de donn\u00e9es originales, l\u2019\u00e9volution de la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle au sein des familles migrantes en termes de niveau de formation, en consid\u00e9rant deux types de mobilit\u00e9s. D\u2019une part, la mobilit\u00e9 ascendante, d\u00e9finie par l\u2019obtention pour un enfant de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration d\u2019un dipl\u00f4me de niveau plus \u00e9lev\u00e9 que celui des parents ; d\u2019autre part, la mobilit\u00e9 descendante, caract\u00e9ris\u00e9e par un niveau de formation chez l\u2019enfant qui n\u2019atteint pas celui des parents.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Donn\u00e9es et m\u00e9thodes<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique effectue chaque ann\u00e9e un relev\u00e9 structurel qui concerne plus de 200 000 personnes \u00e2g\u00e9es de 15 ans et plus vivant en m\u00e9nage priv\u00e9. Le fait que cette enqu\u00eate soit annuelle permet de disposer d\u2019un nombre important de r\u00e9pondants lorsque plusieurs vagues sont mises ensemble. L\u2019\u00e9chantillon de cette enqu\u00eate est issu du registre des habitants, sur lequel repose \u00e9galement la statistique de la population (STATPOP).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre des activit\u00e9s du NCCR on the move, un programme national de recherche sur la migration, l\u2019OFS a livr\u00e9 les donn\u00e9es du relev\u00e9 structurel et de STATPOP avec une cl\u00e9 permettant le lien entre les deux sources (Steiner &amp; Wanner, 2015). STATPOP autorise par ailleurs l\u2019identification de paires de parents et d\u2019enfants. Ces bases de donn\u00e9es pr\u00e9sentent diff\u00e9rentes lacunes au moment de l\u2019\u00e9tablissement du lien entre parents et enfants (voir Wanner, 2019, p.51, pour plus de d\u00e9tails). Notamment, il est plus difficile d\u2019identifier les enfants de personnes n\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tranger que les enfants de parents n\u00e9s en Suisse. Cependant, pour notre analyse, nous pensons qu\u2019il y a une ind\u00e9pendance entre la qualit\u00e9 de ces donn\u00e9es et la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle et nous sommes confiants par rapport au fait que cette limite m\u00e9thodologique ne remette pas en question nos r\u00e9sultats.<\/p>\n\n\n\n<p>Le niveau de formation des personnes vivant en Suisse est disponible dans le relev\u00e9 structurel. Afin de disposer d\u2019informations pour un \u00e9chantillon suffisant de personnes, les relev\u00e9s structurels organis\u00e9s entre 2010 \u00e0 2019 ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s ensemble. Trois niveaux de formation sont d\u00e9finis conform\u00e9ment \u00e0 la typologie propos\u00e9e par l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS) : secondaire I (sans formation primaire achev\u00e9e et ceux ayant achev\u00e9 l\u2019\u00e9cole obligatoire), secondaire II (formation professionnelle \u00e9l\u00e9mentaire ou initiale \u2013 par exemple apprentissage \u2013, \u00e9cole g\u00e9n\u00e9rale \u2013 par exemple maturit\u00e9 gymnasiale) et tertiaire (universit\u00e9, formation professionnelle sup\u00e9rieure, haute \u00e9cole). Dans le cas o\u00f9 \u00e0 la fois un parent et un enfant ont particip\u00e9 au relev\u00e9 structurel, nous disposons donc de l\u2019information sur le niveau de formation achev\u00e9 des deux g\u00e9n\u00e9rations et pouvons mesurer la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle.<sup><a id=\"post-2849-footnote-ref-3\" href=\"#post-2849-footnote-3\">[2]<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Les analyses portent sur les neuf principales communaut\u00e9s migrantes (d\u00e9finies par le lieu de naissance du parent) dont les enfants ont achev\u00e9 leur formation. Ces neuf communaut\u00e9s couvrent trois pays frontaliers (Allemagne, France, Italie), deux autres pays de l\u2019Union europ\u00e9enne (Portugal et Espagne) et quatre pays europ\u00e9ens n\u2019appartenant pas \u00e0 l\u2019UE\/AELE (Turquie, Serbie, Mac\u00e9doine, Kosovo). Les autres communaut\u00e9s n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 retenues faute d\u2019un effectif suffisant. A titre comparatif, les analyses sont \u00e9galement conduites sur les enfants de natifs de la Suisse.<\/p>\n\n\n\n<p>Seuls les enfants \u00e2g\u00e9s de 25 \u00e0 44 ans \u00e0 la date de leur participation au relev\u00e9 structurel sont inclus. La limite d\u2019\u00e2ge inf\u00e9rieure permet de s\u2019assurer que, dans la majorit\u00e9 des cas, l\u2019enfant a eu le temps d\u2019achever sa formation. La limite d\u2019\u00e2ge sup\u00e9rieure permet de nous focaliser sur la migration survenue au cours des 50 derni\u00e8res ann\u00e9es et de nous concentrer sur des enfants de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration ayant achev\u00e9 leur formation \u00e0 la fin du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle ou au d\u00e9but du 21<sup>e<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Compte tenu du caract\u00e8re non synchronis\u00e9 des flux migratoires, les enfants des diff\u00e9rentes communaut\u00e9s retenues pr\u00e9sentent une structure par \u00e2ge variable. L\u2019\u00e2ge m\u00e9dian des enfants au moment du relev\u00e9 structurel varie entre 28 ans pour les Kosovars, pour qui les flux migratoires les plus importants se sont produits \u00e0 la fin de la d\u00e9cennie 1990, et 35 ans pour les Allemands et Italiens, dont la migration s\u2019\u00e9tend sur une plus longue p\u00e9riode (voir tableau 1).<sup><a id=\"post-2849-footnote-ref-4\" href=\"#post-2849-footnote-4\">[3]<\/a><\/sup> Pour leur part, les parents pr\u00e9sentent un \u00e2ge m\u00e9dian compris entre 55 ans pour les Portugais, les Mac\u00e9doniens et les Kosovars, et 66 ans pour les Allemands. Les \u00e9carts observ\u00e9s selon l\u2019origine s\u2019expliquent en partie par un calendrier de la constitution des familles qui peut varier d\u2019une communaut\u00e9 \u00e0 l\u2019autre. Ainsi, l\u2019\u00e9cart d\u2019\u00e2ge entre deux g\u00e9n\u00e9rations est de 31 ans pour les Allemands et Espagnols, qui ont des enfants plus tardivement, contre 24 ans seulement pour les Serbes. L\u2019annexe A.1 pr\u00e9sente les pyramides des \u00e2ges des diff\u00e9rentes paires de parents-enfants, r\u00e9parties selon l\u2019origine.<\/p>\n\n\n\n<p>Tableau 1 : Age m\u00e9dian des jeunes adultes de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration et de leur parent, selon le lieu de naissance du parent<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-table is-style-stripes\"><table><tbody><tr><td>&nbsp;<\/td><td>Age m\u00e9dian<\/td><td>Effectif<\/td><\/tr><tr><td>&nbsp;<\/td><td>Enfant de la 2<sup>e<\/sup> g\u00e9n\u00e9ration<\/td><td>Parent<\/td><td>&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>Allemagne<\/td><td>36<\/td><td>67<\/td><td>4709<\/td><\/tr><tr><td>France<\/td><td>34<\/td><td>64<\/td><td>4331<\/td><\/tr><tr><td>Italie<\/td><td>35<\/td><td>64<\/td><td>8932<\/td><\/tr><tr><td>Portugal<\/td><td>29<\/td><td>55<\/td><td>1202<\/td><\/tr><tr><td>Espagne<\/td><td>33<\/td><td>61<\/td><td>1671<\/td><\/tr><tr><td>Turquie<\/td><td>30<\/td><td>56<\/td><td>1353<\/td><\/tr><tr><td>Serbie<\/td><td>31<\/td><td>56<\/td><td>&nbsp; 803<\/td><\/tr><tr><td>Mac\u00e9doine<\/td><td>30<\/td><td>55<\/td><td>&nbsp; 485<\/td><\/tr><tr><td>Kosovo<\/td><td>28<\/td><td>55<\/td><td>&nbsp; 606<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<p><\/p>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><em>Source&nbsp;: OFS, Relev\u00e9 structurel et STATPOP. Donn\u00e9es de paires de parents-enfants (25-44 ans) identifi\u00e9es dans le relev\u00e9 structurel. Pond\u00e9ration par le poids attribu\u00e9 au parent.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Dans une premi\u00e8re \u00e9tape, le niveau de formation des primo-migrants et de la seconde g\u00e9n\u00e9ration est d\u00e9crit s\u00e9par\u00e9ment. Puis, la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle est pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 partir de la reconstitution des paires parents-enfants. Enfin, l\u2019impact de l\u2019origine sur cette mobilit\u00e9 est pr\u00e9cis\u00e9 par un mod\u00e8le multivari\u00e9 tenant compte de diff\u00e9rents facteurs de confusion.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le niveau de formation des primo-migrants et de leurs enfants<\/h2>\n\n\n\n<p>La Figure 1 pr\u00e9sente le niveau de formation des personnes primo-migrantes ayant r\u00e9pondu au relev\u00e9 structurel entre 2010 et 2020, class\u00e9es selon la nationalit\u00e9 et la p\u00e9riode d\u2019arriv\u00e9e en Suisse. Il illustre le rapide accroissement du niveau de formation observ\u00e9 parmi les personnes s\u2019installant en Suisse. Cet accroissement est tr\u00e8s marqu\u00e9 parmi les communaut\u00e9s allemande (jusqu\u2019\u00e0 celles arriv\u00e9es au d\u00e9but du 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle), fran\u00e7aise, espagnole et italienne. Il est plus faible pour les autres communaut\u00e9s, notamment celles originaires du Portugal, de la Serbie et de la Mac\u00e9doine. Parall\u00e8lement, la part des primo-migrants de niveau de formation secondaire I diminue pour toutes les communaut\u00e9s except\u00e9 la communaut\u00e9 portugaise, tout en restant \u00e9lev\u00e9e (sup\u00e9rieure \u00e0 40%) parmi les Turcs, Mac\u00e9doniens et Kosovars. Ainsi, les diff\u00e9rentes communaut\u00e9s pr\u00e9sentent une forte diversit\u00e9 quant au niveau de formation.<\/p>\n\n\n\n<p>Figure 1 : Niveau de formation de la 1<sup>\u00e8re<\/sup> g\u00e9n\u00e9ration de migrants, selon la p\u00e9riode d\u2019arriv\u00e9e en Suisse. Personnes vivant en Suisse en pourcentage, 2010-2019<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Figure_1-1.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"772\" height=\"332\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Figure_1-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2994\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Figure_1-1.png 772w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Figure_1-1-300x129.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Figure_1-1-768x330.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 772px) 100vw, 772px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Source&nbsp;: OFS, Pool de donn\u00e9es du relev\u00e9 structurel. Personnes ayant r\u00e9pondu \u00e0 une vague du relev\u00e9 structurel entre 2010 et 2019, pour qui la date d\u2019arriv\u00e9e en Suisse est connue, quel que soit le statut parental. Donn\u00e9es pond\u00e9r\u00e9es.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Puisque nous analysons les enfants \u00e2g\u00e9s de 25 \u00e0 44 ans \u00e0 la date du relev\u00e9 structurel, leurs parents sont g\u00e9n\u00e9ralement arriv\u00e9s en Suisse au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle ou, plus rarement, durant la premi\u00e8re d\u00e9cennie du 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Ces primo-migrants appartiennent donc g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 des flux migratoires peu qualifi\u00e9s. A l\u2019exception des communaut\u00e9s allemandes et fran\u00e7aises (33% et 34% respectivement), la part des primo-migrants qui ont un dipl\u00f4me de niveau tertiaire se situe entre 7% (Portugal) et 15% (Espagne, voir figure 2). En contrepartie, la proportion de parents de niveau secondaire I varie entre 11% pour les Allemands et 74% pour les Portugais, avec des taux sup\u00e9rieurs \u00e0 60% observ\u00e9s aussi pour les Turcs (64%), les Mac\u00e9doniens (63%) et les Kosovars (61%). A titre comparatif, les parents natifs de la Suisse dont les enfants sont \u00e2g\u00e9s de 25 \u00e0 44 ans pr\u00e9sentent un niveau de formation inf\u00e9rieur \u00e0 celui des Allemands et des Fran\u00e7ais (22% de parents de niveau tertiaire contre 21% de niveau secondaire I), mais plus \u00e9lev\u00e9 que toutes les autres communaut\u00e9s migrantes \u00e9tudi\u00e9es. Ils se caract\u00e9risent aussi par une proportion \u00e9lev\u00e9e de personnes de formation secondaire II (57%), cons\u00e9quence du syst\u00e8me de formation suisse, orient\u00e9 vers l\u2019apprentissage.<\/p>\n\n\n\n<p>La comparaison du niveau de formation des enfants de la 2<sup>e<\/sup> g\u00e9n\u00e9ration fournit une premi\u00e8re indication concernant la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle. Ainsi, ces enfants \u00e2g\u00e9s de 25 \u00e0 44 ans montrent un niveau de formation syst\u00e9matiquement plus \u00e9lev\u00e9 que celui de leurs parents. Suivant la nationalit\u00e9, la part des enfants titulaires d\u2019un dipl\u00f4me du niveau tertiaire varie entre 20% (Kosovo + 10 points de pourcentage par rapport \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration des parents) et 54% (Allemagne + 21 points). Par opposition, la proportion d\u2019enfants de niveau secondaire I varie entre 3% (Allemagne, &#8211; 8 points) et 14% (Mac\u00e9doine \u2013 49 points). Dans toutes les communaut\u00e9s, except\u00e9 la communaut\u00e9 allemande, la proportion d\u2019enfants de niveau de formation secondaire II augmente aussi par rapport \u00e0 celle de leurs parents. La progression de la part des personnes de niveau tertiaire d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre caract\u00e9rise aussi les natifs de la Suisse (de 22% \u00e0 46%). Par contre, chez ces derniers, la part du niveau secondaire II diminue, rejoignant ainsi le sch\u00e9ma observ\u00e9 pour les Allemands.<\/p>\n\n\n\n<p>Figure 2: Niveau de formation de la 1<sup>\u00e8re<\/sup> et de la 2<sup>e<\/sup> g\u00e9n\u00e9ration des personnes issues de la migration et des natifs de la Suisse en pourcentage, 2010-2019<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2945\" width=\"793\" height=\"405\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Source&nbsp;: OFS, Relev\u00e9 structurel et STATPOP. Donn\u00e9es de paires de parents-enfants (25-44 ans) identifi\u00e9es dans le relev\u00e9 structurel. Pond\u00e9ration par le poids attribu\u00e9 au parent.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle au sein de la famille<\/h2>\n\n\n\n<p>En consid\u00e9rant des paires parent-enfant, la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle peut \u00eatre d\u00e9crite. La Figure 3 pr\u00e9sente \u00e0 ce propos le niveau de formation achev\u00e9 des enfants (\u00e2g\u00e9s de 25 \u00e0 44 ans) en fonction de celui du parent, pour l\u2019ensemble des communaut\u00e9s migrantes consid\u00e9r\u00e9es ensemble et, pour comparaison, pour les natifs de la Suisse.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les primo-migrants ayant uniquement achev\u00e9 une formation de niveau secondaire I, la mobilit\u00e9 ascendante concerne 90% de leurs enfants : 32% d&#8217;entre eux atteignent le niveau tertiaire, et 57% le niveau secondaire II. Cette mobilit\u00e9 ascendante est similaire \u00e0 celle observ\u00e9e chez les natifs (93%, dont 31% ayant atteint le niveau tertiaire). Pour les enfants de migrants dont le parent a achev\u00e9 un niveau secondaire II, pr\u00e8s de la moiti\u00e9 (46%) se caract\u00e9rise par une mobilit\u00e9 ascendante (niveau tertiaire), une proportion identique \u00e0 celle observ\u00e9e chez les parents suisses. La mobilit\u00e9 descendante, c\u2019est-\u00e0-dire le fait de n\u2019avoir achev\u00e9 qu\u2019une formation secondaire I alors que le parent est de niveau secondaire II, ne concerne que 5% des enfants. Enfin, parmi les primo-migrants de niveau tertiaire, 68% des enfants atteignent le m\u00eame niveau, une proportion plus \u00e9lev\u00e9e que chez les natifs (63%). Dans ce groupe, la mobilit\u00e9 descendante est une situation minoritaire et concerne essentiellement un passage au secondaire II.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle ascendante est d\u2019un niveau similaire dans les familles migrantes, comparativement aux familles natives de la Suisse. Malgr\u00e9 des barri\u00e8res \u00e0 la formation pour les enfants de migrants ayant \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es par la litt\u00e9rature, comme les discriminations ou les difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la connaissance de la langue (voir Landoes 2022), les performances des enfants de migrants sont similaires \u00e0 celles des enfants de natifs pr\u00e9sentant la m\u00eame origine sociale. Parmi les explications possibles signalons d\u2019une part les aspirations \u00e9ducatives \u00e9lev\u00e9es de certains enfants de migrants (voir notamment Bolzman et al., 2003) ; le fait que les familles migrantes ont \u00e0 disposition en Suisse un syst\u00e8me de formation plus inclusif que celui de leur pays d\u2019origine peut aussi intervenir ; enfin, d\u2019une mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, tous les groupes formant la soci\u00e9t\u00e9 \u2013 migrants ou natifs \u2013 ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019accroissement r\u00e9guli\u00e8re du niveau de formation observ\u00e9 dans les pays industrialis\u00e9s. L\u2019OCDE (2021) remarque d\u2019ailleurs que \u00ab les pourcentages de dipl\u00f4m\u00e9s de l\u2019enseignement tertiaire n\u00e9s dans le pays et n\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger tendent \u00e0 suivre les tendances nationales g\u00e9n\u00e9rales \u00bb. Cependant, l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 une formation tertiaire varie en fonction de l\u2019origine, et est plus ais\u00e9 pour les enfants dont les parents appartiennent \u00e0 des flux migratoires hautement qualifi\u00e9s, comparativement aux enfants de primo-migrants moyennement ou faiblement qualifi\u00e9s. La probabilit\u00e9 pour un enfant d\u2019achever une formation tertiaire \u00e9volue donc en fonction de l\u2019origine sociale des familles migrantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Figure 3 : Distribution du niveau de formation des enfants, selon le niveau de formation achev\u00e9 du parent. Personnes issues de la migration et personnes natives, 2010-2019.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2949\" width=\"626\" height=\"345\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-2.png 780w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-2-300x165.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-2-768x423.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 626px) 100vw, 626px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Source&nbsp;: OFS, STATPOP et relev\u00e9s structurels. Donn\u00e9es de paires de parents-enfants (25-44 ans) identifi\u00e9es dans le relev\u00e9 structurel. Pond\u00e9ration par le poids attribu\u00e9 au parent.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Une analyse d\u00e9taill\u00e9e montre des variations entre les pays d\u2019origine dans la mobilit\u00e9 ascendante, dans le cas o\u00f9 le parent est de niveau secondaire I. L&#8217;acc\u00e8s \u00e0 un dipl\u00f4me de niveau tertiaire est alors plus important pour les Espagnols (38%) et les Fran\u00e7ais (37%) et elle est le plus faible parmi les Mac\u00e9doniens (20%) et les Kosovars (13%). Ces derniers pr\u00e9sentent le plus haut niveau d&#8217;immobilit\u00e9 (26% d&#8217;enfants restent de niveau secondaire I), devant les Mac\u00e9doniens (18%) et les Serbes (16%). La proportion d\u2019immobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle est en revanche inf\u00e9rieure \u00e0 10% chez les Allemands, les Espagnols et les Italiens.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les enfants dont les parents ont achev\u00e9 une formation de type secondaire II, une mobilit\u00e9 ascendante plus importante que la moyenne caract\u00e9rise les Portugais et Allemands (50% et 49% respectivement atteignent le niveau tertiaire), tandis que les communaut\u00e9s balkaniques se sp\u00e9cifient par la plus faible mobilit\u00e9 ascendante. Enfin, pour les parents de niveau tertiaire, la mobilit\u00e9 descendante est observ\u00e9e principalement chez les enfants mac\u00e9doniens (59% n&#8217;atteignent pas le niveau universitaire) et Kosovars (57%), voire Portugais (51%), alors qu&#8217;elle est faible pour les Allemands (30% des enfants d\u2019universitaires n\u2019atteignent pas ce niveau) et Fran\u00e7ais (32%).<\/p>\n\n\n\n<p>Figure 4 : Niveau de formation de l&#8217;enfant, selon l&#8217;origine et le niveau de formation du parent. 2010-2019<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-3.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2951\" width=\"640\" height=\"346\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-3.png 780w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-3-300x162.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-3-768x416.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-4.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-4.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2953\" width=\"636\" height=\"352\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-4.png 780w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-4-300x166.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-4-768x425.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 636px) 100vw, 636px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-5.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-5.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2955\" width=\"632\" height=\"354\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-5.png 780w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-5-300x168.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-5-768x431.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 632px) 100vw, 632px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Source&nbsp;: STATPOP et RS. Donn\u00e9es de paires de parents-enfants (25-44 ans) identifi\u00e9es dans le relev\u00e9 structurel. Pond\u00e9ration par le poids attribu\u00e9 au parent.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>A ce stade, les enfants ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s ensemble, ind\u00e9pendamment de leur genre. Il est cependant int\u00e9ressant de v\u00e9rifier si des \u00e9carts s\u2019observent selon ce crit\u00e8re. Globalement, dans le cas o\u00f9 le parent est de niveau secondaire I, un enfant de sexe f\u00e9minin ach\u00e8ve moins souvent une formation de niveau tertiaire (31% contre 38% pour un enfant de sexe masculin), un r\u00e9sultat \u00e9galement observ\u00e9 chez les Suisses (25% contre 39%). La m\u00eame observation peut \u00eatre faite pour la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle entre le niveau secondaire II et le niveau tertiaire (45% contre 48%). Cependant, des profils diff\u00e9rents selon l\u2019origine s\u2019observent : la part des enfants de parents faiblement qualifi\u00e9s (niveau secondaire I) ayant atteint un niveau tertiaire est plus \u00e9lev\u00e9e chez les gar\u00e7ons, comparativement aux filles, pour toutes les communaut\u00e9s de l\u2019Union europ\u00e9enne, Portugal except\u00e9. L\u2019\u00e9cart est d\u2019environ 10 points de pourcentage. En revanche, chez les Portugais, la part d\u2019enfants de sexe f\u00e9minin qui atteignent le niveau tertiaire est significativement sup\u00e9rieure \u00e0 celle des enfants de sexe masculin (40% versus 28%). Pour les communaut\u00e9s hors UE\/AELE, un relatif \u00e9quilibre s\u2019observe entre hommes et femmes, except\u00e9 pour les enfants mac\u00e9doniens, chez qui les enfants de sexe masculin performent mieux que ceux de sexe f\u00e9minin (voir figure 5).<\/p>\n\n\n\n<p>Figure 5 : Niveau de formation achev\u00e9 de l\u2019enfant, en fonction du sexe et de la nationalit\u00e9 d\u2019origine de l\u2019enfant, lorsque le parent est de niveau Secondaire I. 2010-2019<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-6.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-6.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-2957\" width=\"772\" height=\"722\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-6.png 930w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-6-300x281.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/image-6-768x718.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 772px) 100vw, 772px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Source&nbsp;: STATPOP et RS. Donn\u00e9es de paires de parents-enfants (25-44 ans) identifi\u00e9es dans le relev\u00e9 structurel. Pond\u00e9ration par le poids attribu\u00e9 au parent.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Nous examinons nos r\u00e9sultats descriptifs par une analyse multivari\u00e9e qui tient compte, outre de la nationalit\u00e9 d\u2019origine, de diff\u00e9rentes variables susceptibles d\u2019influencer comme le sexe et l\u2019\u00e2ge de l\u2019enfant, la p\u00e9riode d\u2019arriv\u00e9e en Suisse du primo-migrant, lorsque celle-ci est disponible, le statut de naturalisation du primo-migrant et le canton de r\u00e9sidence de l\u2019enfant. Ces r\u00e9sultats multivari\u00e9s confirment une plus forte immobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle des communaut\u00e9s n&#8217;appartenant pas \u00e0 l\u2019UE\/AELE, ainsi qu\u2019une mobilit\u00e9 ascendante plus marqu\u00e9e chez les enfants originaires du Sud de l\u2019Europe, notamment les Italiens et Portugais. Pour leur part, les enfants de migrants issus des pays d\u2019Europe occidentale (France et Allemagne), d\u2019origine sociale plus \u00e9lev\u00e9e, se caract\u00e9risent par un risque accru de mobilit\u00e9 descendante, qui va dans le sens d\u2019une homog\u00e9n\u00e9isation du niveau de formation de la seconde g\u00e9n\u00e9ration. En d\u2019autres termes, il semble y avoir chez ces deux communaut\u00e9s un effet de plafond, dans le sens o\u00f9 le niveau de formation des parents est d\u00e9j\u00e0 \u00e9lev\u00e9, ce qui rend difficile pour les enfants d\u2019accro\u00eetre encore celui-ci.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Nos r\u00e9sultats documentent la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle pour diff\u00e9rentes communaut\u00e9s migrantes issues des flux migratoires de la fin du 20<sup>e<\/sup> et du d\u00e9but du 21<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Ils mobilisent des donn\u00e9es administratives qui, malgr\u00e9 leur richesse, pr\u00e9sentent certaines lacunes. Notamment, ces donn\u00e9es ne fournissent pas d\u2019indications sur les caract\u00e9ristiques migratoires (motif de la migration, mobilit\u00e9 r\u00e9sidentielle sur le territoire suisse, etc.), ni sur le lieu de scolarisation du parent (uniquement en Suisse ou en partie en Suisse ou \u00e0 l\u2019\u00e9tranger). Par ailleurs, elles ne permettent pas de distinguer les couples de parents originaires d\u2019un m\u00eame pays des couples binationaux. Quant aux enfants, si l\u2019on peut penser que la plupart ont \u00e9t\u00e9 scolaris\u00e9s en Suisse, nous ne disposons pas de d\u00e9tails sur leur trajectoire scolaire autres que le niveau de formation le plus \u00e9lev\u00e9 atteint.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 ces limites qui rendent impossible la formulation d\u2019hypoth\u00e8ses expliquant les diff\u00e9rences entre communaut\u00e9s, les r\u00e9sultats observ\u00e9s apportent une information int\u00e9ressante sur la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle au sein des communaut\u00e9s migrantes. Ils actualisent par ailleurs les \u00e9tudes de Falcon (2016), qui couvre l\u2019ensemble du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, et de Bauer et Riphahn (2007) qui repose sur des m\u00e9nages familiaux dont les enfants sont toujours en \u00e2ge de scolarit\u00e9. En portant sur la formation la plus \u00e9lev\u00e9e achev\u00e9e par la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, une fois l\u2019\u00e2ge adulte atteint, nos donn\u00e9es documentent d\u2019une mani\u00e8re originale la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Globalement, cette mobilit\u00e9 existe, et elle est beaucoup plus souvent ascendante que descendante. Le niveau de formation des populations issues de la migration traditionnelle, moyennement qualifi\u00e9e, augmente d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre. Cet accroissement correspond \u00e0 ce qui s\u2019observe au sein de la population native. D\u2019un point de vue statistique, le fait d\u2019\u00eatre issu de la migration ne repr\u00e9sente donc pas un handicap en termes de mobilit\u00e9 ascendante interg\u00e9n\u00e9rationnelle. Ce r\u00e9sultat ne veut pas pour autant dire que les barri\u00e8res \u00e0 la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle n\u2019existent pas. Il indique que les populations migrantes sont capables de surmonter ces barri\u00e8res, probablement en mettant un accent plus important sur la formation des jeunes, qui permet de sortir d\u2019une situation sociale jug\u00e9e d\u00e9favorable.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce constat global cache cependant des profils variables en fonction de la nationalit\u00e9, avec notamment un acc\u00e8s au niveau tertiaire qui est plus \u00e9lev\u00e9 pour les enfants originaires des pays voisins ou de l\u2019Ib\u00e9rie comparativement aux enfants de familles issues de l\u2019immigration des Balkans. En ce qui concerne les diff\u00e9rences selon le genre, la mobilit\u00e9 ascendante, exprim\u00e9e par un dipl\u00f4me tertiaire pour les enfants issus d\u2019un parent de niveau secondaire I, est plus marqu\u00e9e chez les filles d\u2019origine portugaise comparativement aux gar\u00e7ons ; par contre, elle est plus importante pour les gar\u00e7ons des autres pays de l\u2019UE\/AELE analys\u00e9s et pour ceux originaires de Mac\u00e9doine. Aucun \u00e9cart entre les genres ne s\u2019observe pour les autres communaut\u00e9s. Finalement, l\u2019analyse montre une probabilit\u00e9 accrue, pour un enfant d\u2019universitaire fran\u00e7ais ou allemand, de ne pas atteindre le niveau atteint par les parents, comparativement aux enfants des autres communaut\u00e9s migrantes. Cette mobilit\u00e9 descendante peut \u00eatre due au fait que ces deux communaut\u00e9s pr\u00e9sentent une migration hautement qualifi\u00e9e, et que les enfants ont d\u00e8s lors plus de peine \u00e0 \u00e9galer le niveau de formation des parents.<\/p>\n\n\n\n<p>Diff\u00e9rents facteurs peuvent expliquer les \u00e9carts dans la mobilit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle observ\u00e9s en fonction de l\u2019origine. Pour les communaut\u00e9s originaires d\u2019un pays parlant une langue locale de la Suisse, la connaissance de la langue est un facteur pouvant favoriser le succ\u00e8s scolaire de l\u2019enfant. Pour les Espagnols, qui sont un flux plut\u00f4t ancien, la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration est majoritairement n\u00e9e en Suisse (90%) et a \u00e9t\u00e9 enr\u00f4l\u00e9e d\u00e8s le jeune \u00e2ge dans le syst\u00e8me scolaire suisse. C\u2019est moins souvent le cas pour la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration des pays balkaniques&nbsp;: seuls 44% des enfants serbes, 23% des enfants mac\u00e9doniens et 20% des enfants kosovars de notre \u00e9chantillon sont n\u00e9s en Suisse, le reste \u00e9tant arriv\u00e9s au cours de l\u2019enfance. Or, l\u2019\u00e2ge \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e en Suisse est un facteur important de la r\u00e9ussite scolaire (Bratu et Dahlsberg, 2021 ; Lemmermann et Riphahn, 2018 ; Meunier, 2011). Par ailleurs, on ne peut pas exclure une discrimination au moment de l\u2019orientation scolaire des \u00e9l\u00e8ves, notamment \u00e0 la sortie du Secondaire I, au d\u00e9triment de ceux qui sont plus \u00e9loign\u00e9s des cultures suisses (Charmillot, 2013). Cependant, le fait que dans leur grande majorit\u00e9, les enfants ayant un parent dont le niveau de formation n\u2019exc\u00e8de pas le secondaire I performent mieux que leur parent reste l\u2019indication d\u2019un syst\u00e8me scolaire offrant la possibilit\u00e9 d\u2019une mobilit\u00e9 ascendante.<\/p>\n\n\n\n<p>En conclusion, les r\u00e9sultats pr\u00e9sent\u00e9s dans cet article ont des cons\u00e9quences pour les politiques d\u2019int\u00e9gration. Alors que l\u2019\u00e9conomie se tertiarise et se sp\u00e9cialise, les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations entrant dans le march\u00e9 du travail n\u00e9cessitent des comp\u00e9tences accrues. L\u2019accroissement g\u00e9n\u00e9ral du niveau de formation d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre r\u00e9pond aussi aux transformations du march\u00e9 du travail, avec une demande plus importante de main-d\u2019\u0153uvre qualifi\u00e9e. Afin d\u2019\u00e9viter l\u2019\u00e9mergence de minorit\u00e9s d\u00e9favoris\u00e9es, cantonn\u00e9es dans des activit\u00e9s faiblement qualifi\u00e9es, il est important de v\u00e9rifier que le syst\u00e8me scolaire offre \u00e0 chacune et chacun, quel que soit l\u2019origine, les m\u00eames chances de r\u00e9ussite. Les r\u00e9sultats concernant certains groupes hors UE\/AELE montrent que certains freins existent encore, et que des efforts et adaptations sont encore n\u00e9cessaires pour parvenir \u00e0 cette \u00e9galit\u00e9 des chances.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Annexe<\/h2>\n\n\n\n<p>Figure A.1 : Age des enfants et des parents consid\u00e9r\u00e9s dans l\u2019analyse<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Annexe_FR_updated.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"724\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Annexe_FR_updated-724x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3004\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Annexe_FR_updated-724x1024.png 724w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Annexe_FR_updated-212x300.png 212w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Annexe_FR_updated-768x1086.png 768w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/Annexe_FR_updated.png 924w\" sizes=\"auto, (max-width: 724px) 100vw, 724px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Cette recherch\u00e9 a \u00e9t\u00e9 support\u00e9e par le National Center of Competence in Research nccr \u2013 on the move, financ\u00e9 par le Fonds national suisse (FNS). <a href=\"#post-2849-footnote-ref-2\">\u2191<\/a> <\/li>\n\n\n\n<li>Une seule paire parent-enfant est consid\u00e9r\u00e9e pour chaque parent. Dans les rares cas o\u00f9 plusieurs enfants ont particip\u00e9 au relev\u00e9 structurel, l\u2019information de l\u2019enfant le plus \u00e2g\u00e9 a \u00e9t\u00e9 retenue. <a href=\"#post-2849-footnote-ref-3\">\u2191<\/a> <\/li>\n\n\n\n<li>La date d\u2019arriv\u00e9e en Suisse des parents n\u2019est pas connue pour une partie de ceux-ci, ce qui ne permet pas de d\u00e9crire pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019appartenance de ces derniers aux flux migratoires successifs. <a href=\"#post-2849-footnote-ref-4\">\u2191<\/a> <\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction[1] Pays d\u2019immigration, la Suisse a enregistr\u00e9 depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale un tr\u00e8s important flux migratoire, principalement en provenance des pays de l\u2019Europe. Alors que l\u2019on d\u00e9nombrait 223 600 \u00e9trangers en Suisse en 1951, cet effectif fut multipli\u00e9 par quatre jusqu\u2019en 1980 (913 500). 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