{"id":3043,"date":"2022-10-24T11:06:47","date_gmt":"2022-10-24T09:06:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/?p=3043"},"modified":"2022-10-24T11:10:18","modified_gmt":"2022-10-24T09:10:18","slug":"les-inegalites-desperance-de-vie-en-bonne-sante-en-suisse-depuis-1990","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/?p=3043","title":{"rendered":"Les in\u00e9galit\u00e9s d\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9 en Suisse depuis 1990"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<h1>Introduction<\/h1>\n<p>L\u2019esp\u00e9rance de vie est le fruit de la biologie humaine, des conditions de vie, des comportements des individus et du syst\u00e8me de sant\u00e9 du pays o\u00f9 vivent les individus. Dans la plupart des pays \u00e0 revenu \u00e9lev\u00e9, l&#8217;esp\u00e9rance de vie \u00e0 la naissance n&#8217;a cess\u00e9 d&#8217;augmenter au cours des 150 derni\u00e8res ann\u00e9es, d&#8217;abord en raison de la r\u00e9duction de la mortalit\u00e9 infantile et juv\u00e9nile, puis gr\u00e2ce aux gains de survie \u00e0 des \u00e2ges plus avanc\u00e9s. D\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1970, cet allongement de la survie des personnes \u00e2g\u00e9es a soulev\u00e9 la question de la qualit\u00e9 de ces ann\u00e9es suppl\u00e9mentaires de vie; seraient-elles v\u00e9cues en bonne sant\u00e9 ou, au contraire, s\u2019agirait-il d\u2019ann\u00e9es de vie en plus en mauvaise sant\u00e9 ?<\/p>\n<blockquote>\n<p>L\u2019esp\u00e9rance de vie mesure le nombre d\u2019ann\u00e9es qu\u2019un nouveau-n\u00e9 est susceptible de vivre en moyenne si les conditions de mortalit\u00e9 enregistr\u00e9es sur une ann\u00e9e restent constantes au cours de sa vie. Il s\u2019agit donc davantage d\u2019une mesure du niveau de mortalit\u00e9 actuel que d\u2019un outil pr\u00e9dictif. Elle se calcule sur la base des taux de mortalit\u00e9 par \u00e2ge mesur\u00e9s sur l\u2019ann\u00e9e, auxquels on peut combiner une mesure de pr\u00e9valence de bonne sant\u00e9 pour obtenir une esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans un contexte de grande long\u00e9vit\u00e9, trois hypoth\u00e8ses ont \u00e9t\u00e9 formul\u00e9es quant \u00e0 l\u2019\u00e9volution de l\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9 (voir figure 1). Premi\u00e8rement, l\u2019augmentation de l\u2019esp\u00e9rance de vie finirait par atteindre un seuil maximal, mais l\u2019entr\u00e9e dans la maladie pourrait, elle, \u00eatre retard\u00e9e, ce qui r\u00e9duirait les ann\u00e9es v\u00e9cues en mauvaise sant\u00e9 (Fries, 1980). En d\u2019autres termes, l\u2019esp\u00e9rance de vie ne pourra pas augmenter ind\u00e9finiment, mais les soci\u00e9t\u00e9s et leurs syst\u00e8mes de sant\u00e9 seront capables d\u2019augmenter l\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 son maximum. Cette hypoth\u00e8se, appel\u00e9e \u201ccompression de la morbidit\u00e9\u201d, a \u00e9t\u00e9 \u00e9tay\u00e9e par des \u00e9tudes documentant une diminution de l&#8217;invalidit\u00e9 chez les personnes \u00e2g\u00e9es dans des pays comme le Danemark, la Finlande, l\u2019Italie, les Pays-Bas et les \u00c9tats-Unis (Lafortune, 2007), et plus r\u00e9cemment l\u2019Angleterre, la Gr\u00e8ce, la Cor\u00e9e, la Pologne et la Su\u00e8de (Lee et al., 2020). Ces m\u00eames \u00e9tudes montrent toutefois que le ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019est pas universel puisqu\u2019il ne s\u2019observe notamment pas en Belgique, R\u00e9publique Tch\u00e8que et Mexique.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, l\u2019hypoth\u00e8se inverse, appel\u00e9e \u201cexpansion de la morbidit\u00e9\u201d, avance que les soci\u00e9t\u00e9s et leurs syst\u00e8mes de sant\u00e9 ne pourraient \u00e9viter de \u201cpayer le prix\u201d du succ\u00e8s de l\u2019augmentation de l\u2019esp\u00e9rance de vie, \u00e0 savoir le prolongement de la vie des personnes en mauvaise sant\u00e9 (Gruenberg, 1977). Des \u00e9tudes ont soutenu cette hypoth\u00e8se aux \u00c9tats-Unis, en observant une stagnation de l&#8217;\u00e2ge au d\u00e9but de la d\u00e9t\u00e9rioration de la sant\u00e9 et une augmentation des maladies et des pertes de mobilit\u00e9 fonctionnelle (Crimmins &amp; Beltr\u00e1n-S\u00e1nchez, 2010). Au-del\u00e0 du cas particulier des \u00c9tats-Unis et de sa soci\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s in\u00e9galitaire, cette deuxi\u00e8me hypoth\u00e8se a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle internationale : dans la plupart des pays, entre 1990 et 2010, les gains en esp\u00e9rance de vie se sont accompagn\u00e9s d&#8217;une augmentation des ann\u00e9es de vie en mauvaise sant\u00e9 (Salomon et al., 2012). Cependant, selon cette \u00e9tude, environ 85% des ann\u00e9es suppl\u00e9mentaires v\u00e9cues le sont en bonne sant\u00e9 et seuls 15% en mauvaise sant\u00e9. L\u2019am\u00e9lioration de la sant\u00e9 serait donc proche de suivre le rythme de l\u2019augmentation de l\u2019esp\u00e9rance de vie totale. L\u2019expansion de la morbidit\u00e9 peut s\u2019expliquer par les progr\u00e8s de la m\u00e9decine, qui arrive \u00e0 mieux traiter et \u00e0 prendre en charge de fa\u00e7on efficace toujours plus de maladies, ainsi que par le d\u00e9veloppement de la pr\u00e9vention primaire et secondaire (par ex., vaccinations, d\u00e9pistages de certains cancers), qui r\u00e9duit la mortalit\u00e9 li\u00e9e aux maladies chroniques, mais dans certains cas contribue \u00e0 en augmenter l\u2019incidence, donc potentiellement le temps de vie en mauvaise sant\u00e9.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, d&#8217;autres auteurs ont formul\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8se que les gains en esp\u00e9rance de vie sont ins\u00e9parables de ceux de la sant\u00e9 (Manton, 1982). Les progr\u00e8s qui font baisser le risque de d\u00e9c\u00e8s maintiennent \u00e9galement les maladies \u00e0 des stades moins s\u00e9v\u00e8res, conduisant ainsi \u00e0 un \u201c\u00e9quilibre dynamique\u201d. Manton pense notamment aux progr\u00e8s en mati\u00e8re de comportement de sant\u00e9 (p.ex. r\u00e9duction du nombre de fumeurs) et \u00e0 l\u2019augmentation du temps des loisirs qui ont pu contribuer \u00e0 la r\u00e9duction de la mortalit\u00e9 li\u00e9e aux maladies cardiovasculaires. En cons\u00e9quence, l\u2019esp\u00e9rance de vie et l\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9 suivraient des \u00e9volutions parall\u00e8les. La d\u00e9monstration empirique de cette hypoth\u00e8se est d\u00e9licate car elle repose sur la d\u00e9finition d\u2019une marge, forc\u00e9ment arbitraire, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieure de laquelle l\u2019\u00e9volution des ann\u00e9es v\u00e9cues en mauvaise sant\u00e9 serait d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e stable. D\u2019aucuns ont toutefois vu un soutien empirique dans le fait que l&#8217;expansion des maladies chroniques ne se traduit pas par une augmentation de la pr\u00e9valence du handicap (Hossin et al., 2017).<\/p>\n<p>Figure 1 : Trois hypoth\u00e8ses sur l\u2019\u00e9volution de l\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-3044\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/chart-bar-chart-description-automatically-genera-1.png\" alt=\"Chart, bar chart\n\nDescription automatically generated\" width=\"500\" height=\"304\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/chart-bar-chart-description-automatically-genera-1.png 877w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/chart-bar-chart-description-automatically-genera-1-300x182.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/chart-bar-chart-description-automatically-genera-1-768x467.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p>Si ces trois hypoth\u00e8ses ont \u00e9t\u00e9 abondamment test\u00e9es au niveau national et international, leur application dans des sous-groupes \u00e9conomiques de la population g\u00e9n\u00e9rale a re\u00e7u peu d&#8217;attention. En effet, le d\u00e9savantage des classes sociales d\u00e9favoris\u00e9es en termes d\u2019esp\u00e9rance de vie totale et en bonne sant\u00e9 est \u00e9tabli, mais la dynamique de ces in\u00e9galit\u00e9s combin\u00e9es de mortalit\u00e9 et de sant\u00e9 reste m\u00e9connue.<\/p>\n<p>La Suisse est un cas id\u00e9al pour l\u2019\u00e9tude de ces processus car elle a connu des gains tr\u00e8s rapides d&#8217;esp\u00e9rance de vie au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies au point de d\u00e9tenir actuellement le record du monde pour les hommes. Elle peut servir d&#8217;exemple dans la fa\u00e7on dont les niveaux de morbidit\u00e9 \u00e9voluent \u00e0 mesure que l&#8217;esp\u00e9rance de vie progresse. De plus, le niveau de vie est parmi le plus \u00e9lev\u00e9 du monde. Son syst\u00e8me de sant\u00e9 est universel avec une couverture universelle de l\u2019assurance-maladie ; chaque r\u00e9sident suisse doit \u00eatre assur\u00e9 aupr\u00e8s d\u2019une caisse d\u2019assurance-maladie, et la couverture de soin est la m\u00eame quel que soit le lieu de r\u00e9sidence ou quelle que soit la caisse d\u2019assurance-maladie. Son syst\u00e8me de sant\u00e9 est efficace pour traiter les maladies aigu\u00ebs, mais est peu performant dans le domaine de la pr\u00e9vention (De Pietro et al., 2015). Cas tr\u00e8s particulier, le syst\u00e8me suisse exige des m\u00e9nages une contribution financi\u00e8re tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e aux co\u00fbts de la sant\u00e9, ce qui repr\u00e9sente une source potentielle d\u2019in\u00e9galit\u00e9s sociales vis-\u00e0-vis de la sant\u00e9. La question se pose donc si un syst\u00e8me de soins de sant\u00e9 tr\u00e8s performant dans la m\u00e9decine aigu\u00eb, mais peu performant dans la pr\u00e9vention et l\u2019acc\u00e8s aux soins primaires (\u00e0 cause des contributions financi\u00e8res \u00e9lev\u00e9es) peut maintenir des gains rapides de long\u00e9vit\u00e9 sans laisser de c\u00f4t\u00e9 la part la moins privil\u00e9gi\u00e9e de la population.<\/p>\n<h1>Donn\u00e9es<\/h1>\n<p>Les statistiques de mortalit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9es \u00e0 partir de la Cohorte Nationale Suisse, une \u00e9tude longitudinale de l&#8217;ensemble de la population r\u00e9sidente de la Suisse (Bopp et al., 2009). Les individus ont \u00e9t\u00e9 class\u00e9s en trois niveaux d\u2019\u00e9ducation: obligatoire (scolarit\u00e9 primaire et secondaire inf\u00e9rieur), secondaire sup\u00e9rieure (par ex. CFC d\u2019apprentissage ou maturit\u00e9) et tertiaire (par ex., universit\u00e9 ou haute \u00e9cole). Les taux de mortalit\u00e9 par \u00e2ge, sexe et niveaux d\u2019\u00e9ducation ont \u00e9t\u00e9 extraits de la base individuelle pour chaque p\u00e9riode de cinq ans. \u00c0 partir de ces taux de d\u00e9c\u00e8s, nous avons calcul\u00e9 des tables de mortalit\u00e9 et des esp\u00e9rances de vie conditionnelles \u00e0 la survie jusqu&#8217;\u00e0 30 ans : l\u2019\u00e2ge auquel le niveau d\u2019\u00e9ducation n\u2019a que peu de chances d\u2019\u00e9voluer. Au total, nous avons observ\u00e9 11,7 millions d&#8217;individus sur 113 millions personnes-ann\u00e9es et 1,47 million de d\u00e9c\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s (voir tableau A.1 en annexe).<\/p>\n<p>Les statistiques de sant\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9es \u00e0 partir de l&#8217;Enqu\u00eate suisse sur la sant\u00e9 (ESS) de l&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique, une enqu\u00eate transversale men\u00e9e tous les 5 ans depuis 1992 sur un \u00e9chantillon de la population suisse. L\u2019\u00e9chantillonnage est con\u00e7u pour \u00eatre repr\u00e9sentatif de tous les r\u00e9sidents de Suisse \u00e2g\u00e9s de 15 ans et plus sur l\u2019ann\u00e9e de l\u2019enqu\u00eate. Dans notre \u00e9tude, nous avons inclus 71\u2019951 personnes \u00e2g\u00e9es de 30 ans ou plus ayant particip\u00e9 \u00e0 l&#8217;une des cinq vagues disponibles (1992-2012).<\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9fini l\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9 en utilisant l&#8217;\u00e9tat de sant\u00e9 auto-\u00e9valu\u00e9 mesur\u00e9 avec une question du type: \u201cVous diriez que votre \u00e9tat de sant\u00e9 est\u2026?\u201d et des r\u00e9ponses du type \u00ab excellent, tr\u00e8s bon, bon, moyen, mauvais \u00bb. Cette question poss\u00e8de des niveaux satisfaisants de fid\u00e9lit\u00e9 (Cox et al.,, 2009) et validit\u00e9 (DeSalvo et al., 2006). La formulation de la question et les \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse ne sont pas identiques dans chaque langue et vague de l\u2019enqu\u00eate ESS, mais nous avons utilis\u00e9 un codage, consistant \u00e0 opposer les trois meilleurs niveaux aux deux pires, qui maximise l\u2019\u00e9quivalence de mesure dans le temps et dans la langue de l&#8217;enqu\u00eate (Cullati et al., 2020). L\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9 par sexe, par niveau d&#8217;\u00e9ducation et par p\u00e9riode de 5 ans a \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9 selon la m\u00e9thode de Sullivan (Sullivan, 1971). Cette mesure tr\u00e8s r\u00e9pandue pond\u00e8re les ann\u00e9es-personnes v\u00e9cues d&#8217;une table de mortalit\u00e9 par la pr\u00e9valence de la bonne sant\u00e9 (pour plus de d\u00e9tails, voir Remund et al., 2019). Il convient de relever que l\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9 peut se d\u00e9finir avec d\u2019autres indicateurs de sant\u00e9, comme l&#8217;incapacit\u00e9 fonctionnelle. Cette variabilit\u00e9 limite les possibilit\u00e9s de comparaison des r\u00e9sultats entre les \u00e9tudes.<\/p>\n<h1>R\u00e9sultats<\/h1>\n<p>A l\u2019\u00e2ge de 30 ans en 2010-2014, les personnes vivant en Suisse pouvaient esp\u00e9rer atteindre en moyenne l\u2019\u00e2ge de 81,5 ans pour un homme et de 85,7 ans pour une femme (voir figure 2). Parall\u00e8lement, un trentenaire pouvait esp\u00e9rer vivre en bonne sant\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 78,8 ans pour les hommes et 82,8 ans pour les femmes (voir figure 3). Les hommes sont donc d\u00e9savantag\u00e9s en termes absolus par rapport aux femmes, mais en termes relatifs, les deux sexes passent environ 95 % de leur vie en bonne sant\u00e9, ce qui est remarquable.<\/p>\n<p>Figure 2 : Esp\u00e9rance de vie par niveau d&#8217;\u00e9ducation en Suisse \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 30 ans<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-3045\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-3.png\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-3.png 2500w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-3-300x150.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-3-1024x512.png 1024w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-3-768x384.png 768w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-3-1536x768.png 1536w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-3-2048x1024.png 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/p>\n<p>Figure 3 : Esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9 par niveau d\u2019\u00e9ducation en Suisse \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 30 ans<\/p>\n<p><strong><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-3046\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-4.png\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-4.png 2500w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-4-300x150.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-4-1024x512.png 1024w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-4-768x384.png 768w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-4-1536x768.png 1536w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-4-2048x1024.png 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/em><\/strong><\/p>\n<p>Figure 4 : Esp\u00e9rance de vie en mauvaise sant\u00e9 par niveau d\u2019\u00e9ducation en Suisse<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-3047\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-5.png\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"350\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-5.png 2500w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-5-300x150.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-5-1024x512.png 1024w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-5-768x384.png 768w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-5-1536x768.png 1536w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/word-image-5-2048x1024.png 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/p>\n<p>L\u2019esp\u00e9rance de vie et l&#8217;esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9 ont subi des changements importants au cours des 25 ann\u00e9es d&#8217;observation. C\u00f4t\u00e9 esp\u00e9rance de vie, l\u2019esp\u00e9rance de vie a plus augment\u00e9 chez les hommes que chez les femmes (respectivement de 5,0&nbsp;ans et 3,1&nbsp;ans). C\u00f4t\u00e9 esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9, la tendance est similaire: l\u2019augmentation \u00e9tait plus grande chez les hommes que chez les femmes (de 4,5 ans et 3,1 ans, respectivement).<\/p>\n<p>Les tendances parall\u00e8les de l\u2019esp\u00e9rance de vie et l&#8217;esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9 conduisent \u00e0 un nombre d\u2019ann\u00e9es en mauvaise sant\u00e9 remarquablement stable au cours des 25 ann\u00e9es d&#8217;observation, oscillant autour de 2 ans pour les hommes et de 3 ans pour les femmes (voir figure 4). La seule exception est le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 pour les hommes, qui a vu une expansion de la morbidit\u00e9 de six mois.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019\u00e9cart d\u2019esp\u00e9rance de vie par niveau d\u2019\u00e9ducation (voir figure 2), il a diminu\u00e9 de fa\u00e7on frappante. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, l&#8217;\u00e9cart entre les dipl\u00f4m\u00e9s de l&#8217;enseignement obligatoire et les dipl\u00f4m\u00e9s de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur \u00e9tait d&#8217;environ 6 ans pour les hommes et de 4 ans pour les femmes. Deux d\u00e9cennies plus tard, ils se sont r\u00e9duits \u00e0 moins de 5 ans et 2,5 ans respectivement. Cette convergence s&#8217;est op\u00e9r\u00e9e progressivement sur l&#8217;ensemble de la p\u00e9riode, mais a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement rapide entre la fin des ann\u00e9es 1990 et le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 en raison d&#8217;une d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration temporaire de l&#8217;am\u00e9lioration chez les dipl\u00f4m\u00e9s de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur. En d\u2019autres termes, les in\u00e9galit\u00e9s de mortalit\u00e9 en fonction du niveau d\u2019\u00e9ducation ont diminu\u00e9 en Suisse sur la p\u00e9riode 1990-2014.<\/p>\n<p>En ce qui concerne l\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9, on constate une tendance contraire : l\u2019\u00e9cart entre les niveaux d&#8217;\u00e9ducation a augment\u00e9 entre 1990 et 2014. L&#8217;\u00e9cart entre les personnes avec un niveau obligatoire et celles avec un niveau sup\u00e9rieur est pass\u00e9 de 7,6 \u00e0 8,8 ans chez les hommes, et de 3,3 \u00e0 5,0 ans chez les femmes. Pour les hommes ayant un niveau d\u2019\u00e9ducation obligatoire, l\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9 n\u2019a pas augment\u00e9 depuis 2000 et donc toutes les ann\u00e9es de vie gagn\u00e9es sont de mauvaise qualit\u00e9.<\/p>\n<p>La combinaison de ces deux \u00e9volutions, convergence de l\u2019esp\u00e9rance de vie et divergence de l\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9, implique fatalement que le nombre d\u2019ann\u00e9es v\u00e9cues en mauvaise sant\u00e9 a connu une progression tr\u00e8s diff\u00e9rente par niveau d\u2019\u00e9ducation. Il a en effet nettement augment\u00e9 pour les personnes ayant une scolarit\u00e9 obligatoire, d\u2019abord chez les femmes dans les ann\u00e9es 1990, puis chez les hommes apr\u00e8s 2000. Entre 1990 et 2014, le gradient \u00e9ducatif sur le nombre d\u2019ann\u00e9es en mauvaise sant\u00e9 est pass\u00e9 de non significatif \u00e0 une dichotomie entre les personnes ayant suivi l&#8217;enseignement obligatoire d&#8217;une part, et les personnes ayant suivi des \u00e9tudes post-obligatoires d&#8217;autre part.<\/p>\n<h1>Conclusion<\/h1>\n<p>Une pr\u00e9c\u00e9dente \u00e9tude portant sur la Suisse al\u00e9manique avait mis en \u00e9vidence que l\u2019esp\u00e9rance de vie variait consid\u00e9rablement en fonction du niveau d\u2019\u00e9ducation (Spoerri et al., 2006), toutefois cette \u00e9tude ne s\u2019int\u00e9ressait aux tendances historiques et n\u2019examinait pas l\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9. Nos r\u00e9sultats montrent qu&#8217;au cours des 25 derni\u00e8res ann\u00e9es, la Suisse a enregistr\u00e9 des gains importants en esp\u00e9rance de vie, au point d\u2019\u00eatre dans le trio des pays en t\u00eate du classement mondial. La bonne nouvelle est que ce gain en esp\u00e9rance de vie a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9 par une augmentation de l\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9. On peut donc en conclure que l&#8217;\u00e9volution de la mortalit\u00e9 et la morbidit\u00e9 globale en Suisse correspond \u00e0 l&#8217;hypoth\u00e8se d&#8217;un \u201c\u00e9quilibre dynamique\u201d dans la population g\u00e9n\u00e9rale (Manton, 1982), \u00e0 savoir une croissance parall\u00e8le et relativement lin\u00e9aire pour ces deux indicateurs de sant\u00e9.<\/p>\n<p>Cette dynamique est cependant diff\u00e9rente au sein des diff\u00e9rentes couches sociales. En raison d\u2019un accroissement des in\u00e9galit\u00e9s sociales concernant l\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9 et une r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s sociales pour l\u2019esp\u00e9rance de vie, les personnes ayant un niveau d&#8217;\u00e9ducation faible et \u00e9lev\u00e9 ont connu respectivement une expansion et une compression de la morbidit\u00e9. Chaque pays peut ainsi conna\u00eetre simultan\u00e9ment une compression et une expansion de la morbidit\u00e9 au sein des diff\u00e9rentes strates sociales. Un ph\u00e9nom\u00e8ne similaire a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence en Autriche entre 1981 et 2006 (Klotz, 2010), ce qui sugg\u00e8re que nos r\u00e9sultats pourraient refl\u00e9ter un ph\u00e9nom\u00e8ne plus g\u00e9n\u00e9ral dans d&#8217;autres pays \u00e0 revenu \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<p>Un aspect cl\u00e9 de ce processus est que les personnes ayant le niveau d&#8217;\u00e9ducation le plus bas ont connu une expansion de la morbidit\u00e9, tandis que les personnes ayant fait des \u00e9tudes au niveau du secondaire sup\u00e9rieur affichent soit une stabilit\u00e9 (hommes) ou un \u00e9cart d\u00e9croissant (pour les femmes) avec leurs homologues dipl\u00f4m\u00e9s de l&#8217;enseignement tertiaire (graphique 3). Ce que montrent nos r\u00e9sultats est donc essentiellement un processus de marginalisation des personnes les moins instruites. Cette interpr\u00e9tation est \u00e9tay\u00e9e par le fait qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9chelle internationale et en Suisse, parmi les cohortes de naissance les plus jeunes, la diff\u00e9rence de proportion de gens en bonne sant\u00e9 s\u2019accentue entre niveaux d&#8217;\u00e9ducation avec le temps (Volken et al., 2017). En raison des in\u00e9galit\u00e9s croissantes dans l\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9, le repoussement de l\u2019\u00e2ge de la retraite pour toutes les cat\u00e9gories professionnelles toucherait de mani\u00e8re plus marqu\u00e9e les personnes les plus vuln\u00e9rables dont les ann\u00e9es en bonne sant\u00e9 sont&nbsp;limit\u00e9es.<\/p>\n<p>Ce processus est probablement renforc\u00e9 par le fait que le groupe des personnes avec un niveau d\u2019\u00e9ducation bas repr\u00e9sente une part d\u00e9croissante de la population totale. Suite \u00e0 la d\u00e9mocratisation de l&#8217;enseignement sup\u00e9rieur, ce groupe s&#8217;est r\u00e9duit et se concentre sur des individus plus vuln\u00e9rables dans d&#8217;autres dimensions de leur parcours de vie comme le march\u00e9 du travail. Entre les ann\u00e9es 1990 et 2010, l\u2019\u00e9cart du ch\u00f4mage a augment\u00e9 entre les personnes ayant suivi l&#8217;enseignement obligatoire et les personnes ayant suivi des \u00e9tudes secondaires ou sup\u00e9rieures (OFS, 2018), les premi\u00e8res subissant des taux beaucoup plus \u00e9lev\u00e9s. Ces \u00e9volutions du march\u00e9 du travail s\u2019expriment par une d\u00e9t\u00e9rioration de l&#8217;\u00e9tat de sant\u00e9 des personnes en \u00e2ge de travailler. En effet, la d\u00e9composition de nos r\u00e9sultats par cat\u00e9gorie d\u2019\u00e2ge montre que la quasi-totalit\u00e9 de l\u2019augmentation de l\u2019esp\u00e9rance de vie en mauvaise sant\u00e9 parmi les personnes \u00e0 faible niveau d\u2019instruction provenait de personnes \u00e2g\u00e9es de 40 \u00e0 60 ans (Remund et al., 2019).<\/p>\n<p>Reste un myst\u00e8re. Pourquoi cette d\u00e9t\u00e9rioration de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 des personnes les plus d\u00e9favoris\u00e9es ne se retrouve-t-elle pas dans la mortalit\u00e9 ? Le gradient social de mortalit\u00e9 et de sant\u00e9 est g\u00e9n\u00e9ralement suppos\u00e9 \u00eatre port\u00e9 par les m\u00eames facteurs (Link &amp; Phelan, 1995). On s&#8217;attendrait donc \u00e0 ce que tout changement dans l&#8217;un de ces facteurs, comme le taux de ch\u00f4mage, ait un impact sur l\u2019esp\u00e9rance de vie et l\u2019esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9.<\/p>\n<p>Une explication possible de ces tendances oppos\u00e9es peut \u00e9ventuellement se trouver dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 suisse. D&#8217;une part, son acc\u00e8s universel et d\u00e9centralis\u00e9 aux soins de sant\u00e9, sa large gamme de traitements curatifs et de r\u00e9adaptation, et le niveau \u00e9lev\u00e9 des d\u00e9penses de sant\u00e9 par rapport au produit int\u00e9rieur brut favorisent une m\u00e9decine curative performante pour tous (De Pietro et al., 2015). Ces qualit\u00e9s permettent entre autres le haut niveau g\u00e9n\u00e9ral d&#8217;esp\u00e9rance de vie ainsi que la convergence du risque de mortalit\u00e9 par niveaux d&#8217;\u00e9ducation.<\/p>\n<p>En revanche, les paiements directs pour la sant\u00e9 et les besoins de soins de sant\u00e9 non satisfaits pour des raisons financi\u00e8res sont parmi les plus \u00e9lev\u00e9s des pays de l&#8217;OCDE (De Pietro et al., 2015). Ces co\u00fbts directs forcent les personnes ayant une scolarit\u00e9 obligatoire \u00e0 renoncer \u00e0 des rendez-vous m\u00e9dicaux (et donc \u00e0 des d\u00e9pistages et des traitements pr\u00e9ventifs) pour des raisons financi\u00e8res deux fois plus que les personnes ayant suivi des \u00e9tudes secondaires et tertiaires, et cet \u00e9cart tend \u00e0 se creuser (OFS, 2017). Le renoncement \u00e0 un rendez-vous m\u00e9dical est pass\u00e9 de 22% \u00e0 34% chez les personnes gagnant moins de 3000 francs par mois entre 2007 et 2010 (Guessous et al., 2012). Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 que les personnes ayant une scolarit\u00e9 obligatoire sont significativement moins susceptibles de d\u00e9pister les cancers de la peau, du col de l&#8217;ut\u00e9rus et de la prostate (Burton-Jeangros et al., 2017 ; Guessous et al., 2016; Dumont et al., 2019). Notre syst\u00e8me de sant\u00e9 offre une esp\u00e9rance de vie \u00e9lev\u00e9e \u00e0 l\u2019ensemble des citoyens, mais d\u00e9montre des lacunes dans la d\u00e9mocratisation de gains pour tous en termes d&#8217;esp\u00e9rance de vie en bonne sant\u00e9.<\/p>\n<h1>Annexe<\/h1>\n<p>Tableau A.1 : Description des bases de donn\u00e9es<\/p>\n<table width=\"614\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"245\">&nbsp;<\/td>\n<td colspan=\"6\" width=\"369\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cohorte nationale suisse (SNC)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"245\">&nbsp;<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"76\">1990-94<\/td>\n<td width=\"76\">1995-99<\/td>\n<td width=\"76\">2000-04<\/td>\n<td width=\"76\">2005-09<\/td>\n<td width=\"66\">2010-14<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"245\">Personnes-ann\u00e9es (mio)<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"76\">17.2<\/td>\n<td width=\"76\">22.1<\/td>\n<td width=\"76\">23.5<\/td>\n<td width=\"76\">24.2<\/td>\n<td width=\"66\">26.4<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"245\">\u00c2ge (moyenne)<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"76\">52.8<\/td>\n<td width=\"76\">53.1<\/td>\n<td width=\"76\">53.4<\/td>\n<td width=\"76\">54.4<\/td>\n<td width=\"66\">54.6<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"245\">Sexe (%)<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"76\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"76\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"76\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"76\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"66\">&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"245\">Hommes<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"76\">47.9<\/td>\n<td width=\"76\">48.1<\/td>\n<td width=\"76\">48<\/td>\n<td width=\"76\">48<\/td>\n<td width=\"66\">48.5<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"245\">Femmes<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"76\">52.1<\/td>\n<td width=\"76\">51.9<\/td>\n<td width=\"76\">52.1<\/td>\n<td width=\"76\">52<\/td>\n<td width=\"66\">51.5<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"245\">\u00c9ducation (%)<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"76\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"76\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"76\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"76\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"66\">&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"245\">Obligatoire<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"76\">31<\/td>\n<td width=\"76\">27.6<\/td>\n<td width=\"76\">24.4<\/td>\n<td width=\"76\">22.3<\/td>\n<td width=\"66\">19.4<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"245\">Secondaire sup\u00e9rieure<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"76\">49.5<\/td>\n<td width=\"76\">51.7<\/td>\n<td width=\"76\">52.1<\/td>\n<td width=\"76\">53.5<\/td>\n<td width=\"66\">46.6<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"245\">Tertiaire<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"76\">18.5<\/td>\n<td width=\"76\">20<\/td>\n<td width=\"76\">21.9<\/td>\n<td width=\"76\">22.1<\/td>\n<td width=\"66\">18.2<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"245\">Inconnu<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"76\">1<\/td>\n<td width=\"76\">0.8<\/td>\n<td width=\"76\">1.7<\/td>\n<td width=\"76\">2.1<\/td>\n<td width=\"66\">15.9<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" width=\"307\">&nbsp;<\/td>\n<td colspan=\"5\" width=\"307\">Enqu\u00eate suisse sur la sant\u00e9 (ESS)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"245\">&nbsp;<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"76\">1992<\/td>\n<td width=\"76\">1997<\/td>\n<td width=\"76\">2002<\/td>\n<td width=\"76\">2007<\/td>\n<td width=\"66\">2012<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"245\">Taille de l&#8217;\u00e9chantillon<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"76\">11,676<\/td>\n<td width=\"76\">10,333<\/td>\n<td width=\"76\">16,835<\/td>\n<td width=\"76\">15,811<\/td>\n<td width=\"66\">17,296<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"245\">Taux de participation \u00e0 l&#8217;enqu\u00eate (%)<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"76\">70.8<\/td>\n<td width=\"76\">68.8<\/td>\n<td width=\"76\">63.9<\/td>\n<td width=\"76\">66.3<\/td>\n<td width=\"66\">53.1<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"245\">Sant\u00e9 sous-optimale, pond\u00e9r\u00e9e (%)<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"76\">4.1<\/td>\n<td width=\"76\">4.2<\/td>\n<td width=\"76\">3.9<\/td>\n<td width=\"76\">4.8<\/td>\n<td width=\"66\">5.1<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"184\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"46\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"10\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"57\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"57\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"57\">&nbsp;<\/td>\n<td width=\"50\">&nbsp;<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction L\u2019esp\u00e9rance de vie est le fruit de la biologie humaine, des conditions de vie, des comportements des individus et du syst\u00e8me de sant\u00e9 du pays o\u00f9 vivent les individus. Dans la plupart des pays \u00e0 revenu \u00e9lev\u00e9, l&#8217;esp\u00e9rance de vie \u00e0 la naissance n&#8217;a cess\u00e9 d&#8217;augmenter au cours des 150 derni\u00e8res ann\u00e9es, d&#8217;abord en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-3043","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-inegalite"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3043","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3043"}],"version-history":[{"count":36,"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3043\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3131,"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3043\/revisions\/3131"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3043"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3043"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3043"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}