{"id":3573,"date":"2023-07-03T16:31:03","date_gmt":"2023-07-03T14:31:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/?p=3573"},"modified":"2023-07-03T16:31:06","modified_gmt":"2023-07-03T14:31:06","slug":"levolution-des-identifications-partisanes-en-suisse-1971-2019","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/?p=3573","title":{"rendered":"L&#8217;\u00e9volution des identifications partisanes en Suisse 1971-2019"},"content":{"rendered":"<h2>Introduction<\/h2>\n<p>Les \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales de 2019 ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par des changements historiques dans la force des partis : les quatre partis gouvernementaux, le PLR, le PDC, le PS et l&#8217;UDC, ont enregistr\u00e9 leur plus mauvais r\u00e9sultat \u00e9lectoral depuis l&#8217;introduction du syst\u00e8me de repr\u00e9sentation proportionnelle en 1919, n&#8217;obtenant que 68,9 % des voix. L&#8217;UDC a m\u00eame perdu douze si\u00e8ges au Conseil national, ce qui constitue la plus grande perte de si\u00e8ges d&#8217;un parti depuis 1919. En revanche, de nombreux partis non gouvernementaux ont enregistr\u00e9 des gains \u00e9lectoraux, en particulier les Verts, qui ont r\u00e9alis\u00e9 le plus grand gain de si\u00e8ges d&#8217;un parti depuis 1919, avec +17 si\u00e8ges, et ont d\u00e9pass\u00e9 le PDC en termes de pourcentage de voix.<\/p>\n<p>Ces exemples sont le reflet d&#8217;une \u00e9volution \u00e0 long terme du paysage \u00e9lectoral et partisan en Suisse, qui se traduit depuis les ann\u00e9es 1970 par une fragmentation croissante du syst\u00e8me partisan et une volatilit\u00e9 accrue des \u00e9lecteurs (Nabholz, 1998 ; Ladner et al., 2022). Cette volatilit\u00e9 peut \u00eatre observ\u00e9e \u00e0 la fois au niveau agr\u00e9g\u00e9, en termes de pourcentages de voix des partis, et au niveau de la d\u00e9cision de vote individuelle. En science politique, cette nouvelle instabilit\u00e9 est souvent associ\u00e9e d&#8217;une part \u00e0 la perte d&#8217;importance des lignes de conflit traditionnelles telles que la classe sociale ou la religion (Best, 2011), et d&#8217;autre part \u00e0 l&#8217;\u00e9rosion de l&#8217;identification partisane \u00e0 long terme (Dalton, 2002). Selon cette perspective, la d\u00e9cision de vote individuelle repose de moins en moins sur l&#8217;appartenance \u00e0 un groupe social sp\u00e9cifique ou l&#8217;identification \u00e0 un parti, mais de plus en plus sur des facteurs \u00e0 court terme tels que les pr\u00e9f\u00e9rences th\u00e9matiques ou les traits de personnalit\u00e9 des candidats (par exemple, Garzia, 2013). Pour les partis politiques et les candidats, cela signifie qu&#8217;ils ne peuvent plus compter uniquement sur leurs bases \u00e9lectorales traditionnelles, mais doivent constamment regagner leur appui et en m\u00eame temps conqu\u00e9rir de nouveaux \u00e9lectorats non affili\u00e9s et ind\u00e9pendants.<\/p>\n<p>En Suisse, l&#8217;influence des diff\u00e9rences de classe et de l&#8217;appartenance religieuse sur le comportement \u00e9lectoral et les changements dans le syst\u00e8me partisan est bien \u00e9tudi\u00e9e (par exemple, Goldberg, 2017 ; Oesch &amp; Rennwald, 2010; Rennwald, 2015). Cependant, on sait peu de choses sur l&#8217;\u00e9volution des identifications partisanes (voir cependant Nabholz, 1998). Dans ce contexte, cette \u00e9tude examine comment les attachements partisans ont \u00e9volu\u00e9 en Suisse depuis les ann\u00e9es 1970. Peut-on r\u00e9ellement constater un d\u00e9clin des attachements partisans \u00e0 long terme en Suisse ? Quels partis sont particuli\u00e8rement touch\u00e9s ? Quel parti peut obtenir la plus grande part des \u00e9lecteurs sans identification partisane ? Quelles caract\u00e9ristiques sociales et politiques distinguent les personnes sans identification partisane de celles qui se sentent proches d&#8217;un parti ? Et y a-t-il des changements au fil du temps ? Ces questions sont abord\u00e9es ici \u00e0 l&#8217;aide de donn\u00e9es issues d&#8217;enqu\u00eates post-\u00e9lectorales men\u00e9es depuis 1971.<\/p>\n<h2>Identification partisane dans la recherche \u00e9lectorale<\/h2>\n<p>Le concept d&#8217;identification partisane, \u00e9galement appel\u00e9 attachement partisan, d\u00e9coule du mod\u00e8le explicatif socio-psychologique du comportement \u00e9lectoral (Campbell et al., 1960). Il comprend l&#8217;identification \u00e0 un parti comme un lien affectif stable \u00e0 long terme, acquis lors de la socialisation politique au sein du foyer familial. Contrairement \u00e0 l&#8217;adh\u00e9sion formelle \u00e0 un parti, l&#8217;identification partisane ne suppose pas de relation institutionnalis\u00e9e avec un parti ; elle peut plut\u00f4t \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une &#8220;adh\u00e9sion psychologique&#8221;, similaire au sentiment d&#8217;appartenance \u00e0 une classe sociale ou \u00e0 une confession religieuse. L\u2019identification partisane agit comme un filtre et une aide \u00e0 l&#8217;orientation dans l&#8217;assimilation et le traitement des informations politiques, influen\u00e7ant ainsi la formation de l&#8217;opinion politique. Ainsi, l\u2019identification partisane teinte les attitudes individuelles \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des questions politiques ainsi que l&#8217;\u00e9valuation des candidats, et a un impact direct et indirect sur la d\u00e9cision de vote. Ceux qui s&#8217;identifient \u00e0 un parti politique consid\u00e8rent la politique davantage d\u2019un point de vue partisan et \u00e9prouvent de la sympathie envers les candidats du parti pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 et les positions politiques qu&#8217;ils d\u00e9fendent. Ils regardent \u00e0 l\u2019inverse la politique des autres partis avec plus de scepticisme. L\u2019identification partisane constitue ainsi un \u00e9l\u00e9ment stabilisateur du comportement \u00e9lectoral individuel : les personnes attach\u00e9es \u00e0 un parti ont tendance \u00e0 voter r\u00e9guli\u00e8rement pour leur parti pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. De plus, l&#8217;identification partisane a un effet int\u00e9grateur et mobilisateur sur le plan politique : ceux qui s&#8217;identifient \u00e0 un parti manifestent un int\u00e9r\u00eat politique plus \u00e9lev\u00e9, sont plus enclins \u00e0 voter, \u00e0 assister \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements de campagne \u00e9lectorale et \u00e0 s\u2019investir comme b\u00e9n\u00e9voles durant une campagne \u00e9lectorale par rapport aux personnes sans attache partisane (Campbell et al., 1960 ; Verba et al., 1978).<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019identification partisane est une ressource essentielle pour les partis politiques. Les partis doivent donc consolider et renforcer en permanence les attaches partisanes existantes. Pour ce faire, ils doivent adopter des positions claires et id\u00e9ologiquement coh\u00e9rentes (Dassonneville et al., 2023). Cependant, les attaches partisanes ne sont pas immuables et semblent se rel\u00e2cher dans de nombreux pays d\u00e9mocratiques occidentaux (Dalton, 2002). Cela s&#8217;explique \u00e9galement par le fait que dans de nombreux pays, les grands partis traditionnels ont align\u00e9 leurs positions, ce qui les rend moins distinguables pour les \u00e9lecteurs, r\u00e9duisant ainsi leur capacit\u00e9 \u00e0 servir d&#8217;aide \u00e0 l&#8217;orientation (Green &amp; Hobolt, 2008). Bien que la polarisation croissante r\u00e9cente puisse contrecarrer cette tendance (Lupu, 2015), de nombreux \u00e9lecteurs, en revanche, gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;augmentation g\u00e9n\u00e9rale du niveau d&#8217;\u00e9ducation et \u00e0 l&#8217;abondance d&#8217;informations dans les m\u00e9dias de masse, d\u00e9pendent moins de ces rep\u00e8res d&#8217;orientation.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, les \u00e9lecteurs sont de plus en plus capables de traiter des sujets politiques complexes et de se forger leur propre opinion (Dalton, 1984, 2002). Cela signifie que le choix \u00e9lectoral d&#8217;un nombre croissant d&#8217;\u00e9lectrices et d&#8217;\u00e9lecteurs est moins pr\u00e9visible, ce qui oblige les partis politiques \u00e0 s&#8217;efforcer de gagner le soutien des personnes sans identification partisane. Cependant, l&#8217;ampleur r\u00e9elle du d\u00e9clin de l\u2019identification partisane est controvers\u00e9e dans la recherche internationale (Dassonneville, 2023; Holmberg &amp; Oscarsson, 2020; Rahat &amp; Kenig, 2018) et peu \u00e9tudi\u00e9e en Suisse.<\/p>\n<h2>Base de donn\u00e9es<\/h2>\n<p>La pr\u00e9sente \u00e9tude repose sur un ensemble de donn\u00e9es cumulatives provenant d&#8217;enqu\u00eates post-\u00e9lectorales men\u00e9es en Suisse entre 1971 et 2019, auxquelles ont particip\u00e9 au total plus de 40 000 personnes ayant le droit de vote (Selects, 2021). Pendant longtemps, la recherche \u00e9lectorale en Suisse d\u00e9pendait de l&#8217;initiative de chercheurs individuels, avant que l&#8217;\u00e9tude \u00e9lectorale nationale &#8220;Selects&#8221; ne soit cr\u00e9\u00e9e en 1995 gr\u00e2ce \u00e0 la collaboration des instituts de sciences politiques des universit\u00e9s de Berne, Gen\u00e8ve et Zurich, et financ\u00e9e depuis lors par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (www.selects.ch). Depuis 2008, Selects est men\u00e9e par le Centre de comp\u00e9tences en sciences sociales FORS. Malgr\u00e9 des am\u00e9liorations m\u00e9thodologiques constantes (par exemple, en ce qui concerne l&#8217;\u00e9chantillonnage et les m\u00e9thodes de collecte), de nombreux instruments de mesure sont maintenus constants au fil du temps afin de permettre des analyses longitudinales.<\/p>\n<p>L\u2019identification partisane est mesur\u00e9e en Suisse depuis les \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales de 1971, et depuis 1995, elle est obtenue \u00e0 l&#8217;aide des questions suivantes : \u00ab&nbsp;De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, vous sentez-vous proche d&#8217;un parti politique ?&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;De quel parti s&#8217;agit-il ?&nbsp;\u00bb.<sup><sup><a id=\"post-3573-footnote-ref-2\" href=\"#post-3573-footnote-2\">[1]<\/a><\/sup><\/sup> Les personnes qui d\u00e9clarent ne pas \u00eatre proches d&#8217;un parti politique <em>ou<\/em> qui ne peuvent pas identifier un parti sp\u00e9cifique \u00e0 la deuxi\u00e8me question sont consid\u00e9r\u00e9es comme des personnes sans identification partisane. En revanche, les personnes interrog\u00e9es qui se sentent g\u00e9n\u00e9ralement li\u00e9es \u00e0 un parti <em>et<\/em> qui peuvent nommer ce parti sont consid\u00e9r\u00e9es comme des personnes avec une identification partisane. Ainsi, seule la pr\u00e9sence ou l&#8217;absence d&#8217;une affiliation politique est prise en compte, ind\u00e9pendamment de la force de cette affiliation. Une \u00e9tude comparative men\u00e9e par Dassonneville (2023) montre que la distinction entre une identification partisane forte et faible apporte peu de gains de connaissances. Par cons\u00e9quent, nous nous limitons ci-apr\u00e8s \u00e0 la simple distinction entre les personnes avec et sans identification partisane.<\/p>\n<p>Le choix de vote (r\u00e9trospectif) ainsi que les caract\u00e9ristiques sociales cl\u00e9s des personnes interrog\u00e9es (\u00e2ge, sexe, \u00e9ducation, religion) sont disponibles pour toutes les ann\u00e9es d&#8217;enqu\u00eate, tandis que les questions sur les attitudes politiques ne sont mesur\u00e9es de mani\u00e8re \u00e9tendue et de mani\u00e8re comparable qu&#8217;\u00e0 partir de 1995. C&#8217;est pourquoi l&#8217;\u00e9tude du profil social et politique des personnes (non) attach\u00e9es \u00e0 un parti se limite aux ann\u00e9es 1995 et 2019.<\/p>\n<h2>Baisse de l&#8217;identification partisane au fil du temps<\/h2>\n<p>La figure 1 montre l&#8217;\u00e9volution des identifications partisanes en Suisse depuis 1971. La proportion de personnes qui ne se sentent proches d&#8217;aucun parti a augment\u00e9 au cours des cinq derni\u00e8res d\u00e9cennies. Alors qu&#8217;en 1971, plus de la moiti\u00e9 des personnes interrog\u00e9es s&#8217;identifiaient \u00e0 un parti politique sp\u00e9cifique, ce chiffre n&#8217;\u00e9tait plus que d&#8217;environ 30% lors des derni\u00e8res \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales de 2019. Cette \u00e9volution correspond aux observations faites dans d&#8217;autres d\u00e9mocraties occidentales disposant de s\u00e9ries temporelles plus longues : la proportion de personnes sans attachment partisan est toujours plus \u00e9lev\u00e9e lors du dernier point d&#8217;observation qu\u2019au d\u00e9but de la s\u00e9rie temporelle (Dalton, 2002 ; Dassonneville, 2023 ; Schmitt &amp; Holmberg, 1995). Cependant, l&#8217;\u00e9volution varie d&#8217;un pays \u00e0 l&#8217;autre, sans suivre une trajectoire uniforme ou lin\u00e9aire. C&#8217;est \u00e9galement le cas en Suisse : bien que la proportion de personnes sans attachement partisan ait augment\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement jusqu&#8217;en 1999, elle s&#8217;est stabilis\u00e9e depuis \u00e0 un niveau \u00e9lev\u00e9 (environ 70%). La proportion de personnes sans attachement partisan en Suisse est donc \u00e9lev\u00e9e en comparaison internationale, mais comparable \u00e0 celle des Pays-Bas ou de l&#8217;Allemagne (Dassonneville, 2023). De plus, la Suisse fait partie d&#8217;un groupe de pays (comprenant l&#8217;Europe du Nord et le Royaume-Uni) o\u00f9 l&#8217;\u00e9rosion des identifications partisanes ne s&#8217;est pas poursuivie dans les ann\u00e9es 2000 (Rahat &amp; Kenig, 2018).<\/p>\n<p>Figure 1 : \u00c9volution des identifications partisanes de 1971 \u00e0 2019 en pourcentage<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"783\" height=\"567\" class=\"wp-image-3574\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/word-image-3573-1.png\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/word-image-3573-1.png 783w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/word-image-3573-1-300x217.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/word-image-3573-1-768x556.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 783px) 100vw, 783px\" \/><\/p>\n<p>Les attaches partisanes ont diminu\u00e9 au fil du temps, \u00e0 l&#8217;exception de celle pour l&#8217;UDC (Union d\u00e9mocratique du centre). Tous les partis repr\u00e9sent\u00e9s au Conseil f\u00e9d\u00e9ral ont connu une baisse de l\u2019&#8221;adh\u00e9sion psychologique&#8221; \u00e0 leur parti. Le PDC (Parti d\u00e9mocrate-chr\u00e9tien) a \u00e9t\u00e9 le plus durement touch\u00e9 avec une diminution des deux tiers de son taux d&#8217;identification (passant de 9 \u00e0 3 pour cent), suivi par le PS (Parti socialiste) dont la part des personnes affili\u00e9es a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite de moiti\u00e9 (passant de 14 \u00e0 7 pour cent). En revanche, la part des personnes s&#8217;identifiant \u00e0 l&#8217;UDC a doubl\u00e9 entre 1999 et 2019, en parall\u00e8le avec la mont\u00e9e de l&#8217;UDC en tant que parti le plus fort en termes de votes.<\/p>\n<h2>Le choix \u00e9lectoral des personnes sans attaches partisanes<\/h2>\n<p>Selon le mod\u00e8le socio-psychologique du comportement \u00e9lectoral, l&#8217;identification partisane est un indicateur fort du choix \u00e9lectoral. Cela est \u00e9galement le cas en Suisse. Lors des derni\u00e8res \u00e9lections de 2019, les personnes avec des attaches partisanes ont majoritairement vot\u00e9 en accord avec leur identification partisane. Pour le PLR, le PDC et l&#8217;UDC, cette proportion \u00e9tait de 90% ou plus. Pour le PS, elle \u00e9tait l\u00e9g\u00e8rement plus basse, \u00e0 83%. Les sympathisants du PS pr\u00e9sentent g\u00e9n\u00e9ralement une loyaut\u00e9 moindre ; leur d\u00e9cision de vote s&#8217;\u00e9carte plus souvent de leur identification partisane \u00e0 long terme, souvent en faveur des Verts. Cela s&#8217;explique par le fait que ces deux partis de gauche ciblent un segment \u00e9lectoral tr\u00e8s similaire (Sciarini, 2010).<\/p>\n<p>Le comportement \u00e9lectoral des personnes qui ne se sentent proches d\u2019aucun parti est plus int\u00e9ressant. Ces personnes sont politiquement moins int\u00e9gr\u00e9es, comme en t\u00e9moigne leur faible participation aux \u00e9lections. Ainsi, la participation \u00e9lectorale des personnes sans attaches partisanes sur la p\u00e9riode d&#8217;\u00e9tude 1971-2019 est d&#8217;environ un tiers. Leur forte abstention rend difficile la mobilisation et la conqu\u00eate de ces personnes par les partis. Cependant, en raison de leur nombre important, les personnes sans attaches partisanes constituent une cible importante pour les partis. La figure 2 pr\u00e9sente pour la p\u00e9riode de 1971 \u00e0 2019 le choix \u00e9lectoral des personnes ne s\u2019identifiant \u00e0 aucun parti.<\/p>\n<p>Figure 2 : Choix \u00e9lectoral des personnes sans attaches partisanes en pourcentage<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"784\" height=\"569\" class=\"wp-image-3575\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/word-image-3573-2.png\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/word-image-3573-2.png 784w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/word-image-3573-2-300x218.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/word-image-3573-2-768x557.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 784px) 100vw, 784px\" \/><\/p>\n<p>Le choix \u00e9lectoral des personnes ne s&#8217;identifiant pas \u00e0 un parti refl\u00e8te de mani\u00e8re assez fiable les r\u00e9sultats \u00e9lectoraux r\u00e9els sur l&#8217;ensemble de la p\u00e9riode.<sup><a id=\"post-3573-footnote-ref-3\" href=\"#post-3573-footnote-3\">[2]<\/a><\/sup> Ainsi, les pertes continues de voix du PLR, du PDC et du PS, ainsi que la mont\u00e9e de l&#8217;UDC \u00e0 partir du milieu des ann\u00e9es 1990, sont bien visibles. Cependant, les partis non gouvernementaux ont obtenu des r\u00e9sultats l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieurs dans l&#8217;ensemble de la p\u00e9riode aupr\u00e8s des personnes sans attaches partisanes. Cela est particuli\u00e8rement vrai pour les ann\u00e9es 1987 et 1991, lorsque les quatre partis repr\u00e9sent\u00e9s au Conseil f\u00e9d\u00e9ral ont \u00e9t\u00e9 contest\u00e9s par diff\u00e9rents petits partis de gauche (par exemple, les Verts, les listes de gauche alternative) et de droite (par exemple, le parti des automobilistes, les D\u00e9mocrates suisses).<\/p>\n<p>En 1991, la part de voix des quatre partis gouvernementaux est pass\u00e9e pour la premi\u00e8re fois de l&#8217;histoire sous la barre des 70 %, et selon nos chiffres, elle \u00e9tait nettement plus faible aupr\u00e8s des personnes sans attaches partisanes. Depuis lors, le comportement \u00e9lectoral des personnes sans attaches partisanes refl\u00e8te \u00e0 nouveau plus pr\u00e9cis\u00e9ment les forces politiques en pr\u00e9sence. En particulier, le PLR et le PDC ont obtenu chez les personnes qui ne se sentaient proches d\u2019aucun parti \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame proportion de voix qu&#8217;en r\u00e9alit\u00e9, tandis que le PS a obtenu des r\u00e9sultats inf\u00e9rieurs depuis 1999, et l&#8217;UDC des r\u00e9sultats sup\u00e9rieurs (2019 : PS -3,2 points de pourcentage, UDC +1 point de pourcentage).<\/p>\n<h2>Profil social et politique des personnes sans attachement partisan<\/h2>\n<p>Quelles caract\u00e9ristiques sociales et politiques influencent la probabilit\u00e9 de ne pas avoir d\u2019attachement partisan? Nous r\u00e9pondons \u00e0 cette question en comparant les ann\u00e9es 1995 et 2019, car de nombreuses questions sur les attitudes politiques n&#8217;ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9es de mani\u00e8re comparable qu&#8217;\u00e0 partir de 1995 dans les enqu\u00eates post-\u00e9lectorales. Nous menons une analyse multivari\u00e9e (r\u00e9gression logistique binaire) pour tester quelles caract\u00e9ristiques sociales et politiques pr\u00e9disent l&#8217;appartenance au groupe des personnes sans attaches partisanes. Nous nous limitons ici \u00e0 la distinction entre les personnes sans attaches partisanes et celles ayant une inclination partisane (ind\u00e9pendamment du parti auquel ces personnes se sentent attach\u00e9es). Cela est d\u00fb au fait que les personnes qui s&#8217;identifient \u00e0 un parti ont des profils relativement similaires \u00e0 ceux des \u00e9lectorats respectifs des partis. Les profils des \u00e9lectorats des partis, ainsi que leurs \u00e9volutions au fil du temps, ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 largement \u00e9tudi\u00e9s en Suisse (par exemple, B\u00fctikofer &amp; Seitz, 2023 ; Freitag &amp; Vatter, 2015 ; H\u00e4usermann et al., 2022 ; Kriesi et al., 2005).<\/p>\n<p>La figure 3 illustre l&#8217;influence de diff\u00e9rentes caract\u00e9ristiques socio-structurelles (sexe, \u00e2ge, religion, niveau d&#8217;\u00e9ducation, revenu du m\u00e9nage) et politiques sur la probabilit\u00e9 d&#8217;\u00eatre une personne sans attaches partisanes. Pour repr\u00e9senter l&#8217;espace politique bidimensionnel de la Suisse (Kriesi et al., 2008), des attitudes repr\u00e9sentatives ont \u00e9t\u00e9 choisies : deux questions sur la dimension \u00e9conomique (augmentation des imp\u00f4ts sur les hauts revenus, augmentation des d\u00e9penses sociales), deux questions sur la dimension culturelle (\u00e9galit\u00e9 des chances pour les \u00e9trangers, adh\u00e9sion \u00e0 l&#8217;Union europ\u00e9enne), ainsi qu&#8217;une question sur la priorit\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 la protection de l&#8217;environnement ou \u00e0 la croissance \u00e9conomique, qui se situe entre les deux dimensions. Afin de rendre les effets comparables et de faciliter l&#8217;interpr\u00e9tation, toutes les variables ont \u00e9t\u00e9 dichotomis\u00e9es, c&#8217;est-\u00e0-dire divis\u00e9es en deux groupes (par exemple, n\u00e9s avant\/apr\u00e8s 1965). Pour les questions d&#8217;attitude, les personnes qui soutiennent fortement ou plut\u00f4t une affirmation sont regroup\u00e9es et indiqu\u00e9es dans la figure (par rapport aux cat\u00e9gories de r\u00e9ponse \u00ab&nbsp;ni l&#8217;un ni l&#8217;autre&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;plut\u00f4t contre&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;fortement contre&nbsp;\u00bb). En ce qui concerne l&#8217;appartenance religieuse, une distinction a \u00e9t\u00e9 faite entre les catholiques et les protestants ; les personnes sans affiliation religieuse et celles appartenant \u00e0 une autre religion constituent la cat\u00e9gorie de r\u00e9f\u00e9rence.<sup><a id=\"post-3573-footnote-ref-4\" href=\"#post-3573-footnote-4\">[3]<\/a><\/sup><\/p>\n<p>En ce qui concerne le profil social, les personnes sans attaches partisanes diff\u00e8rent principalement de celles qui s&#8217;identifient \u00e0 un parti en termes d&#8217;\u00e2ge, de sexe et de niveau d&#8217;\u00e9ducation (voir \u00e9galement Dassonneville et al., 2012 pour l&#8217;Allemagne). Les hommes, les g\u00e9n\u00e9rations plus \u00e2g\u00e9es (c&#8217;est-\u00e0-dire n\u00e9es avant 1965) et les personnes ayant un niveau d&#8217;\u00e9tudes sup\u00e9rieur pr\u00e9sentent une probabilit\u00e9 plus faible de ne pas se sentir proches d&#8217;un parti que les femmes, les personnes plus jeunes et moins \u00e9duqu\u00e9es. De plus, le revenu et l&#8217;appartenance religieuse jouent un r\u00f4le, bien que moins important. Ceux qui gagnent plus ou qui sont catholiques ont plus tendance \u00e0 se tourner vers un parti politique que les personnes ayant un revenu plus faible, sans affiliation religieuse ou appartenant \u00e0 une autre religion.<\/p>\n<p>Dans la comparaison temporelle, ces diff\u00e9rences ont tendance \u00e0 diminuer, mais restent consid\u00e9rables, en particulier en ce qui concerne la cohorte de naissance : lors des \u00e9lections de 1995, les baby-boomers et les g\u00e9n\u00e9rations ant\u00e9rieures avaient une probabilit\u00e9 de ne pas avoir d\u2019 attachement partisan inf\u00e9rieure d&#8217;environ 17 points de pourcentage par rapport aux g\u00e9n\u00e9rations ult\u00e9rieures, alors que cette diff\u00e9rence \u00e9tait encore de 11 points de pourcentage lors des \u00e9lections de 2019. En 2019, l&#8217;influence de l&#8217;appartenance religieuse est \u00e9galement observ\u00e9e non seulement pour les catholiques, mais aussi pour les protestants. Ceux qui sont membres d&#8217;une \u00e9glise nationale ont plus tendance \u00e0 s&#8217;identifier \u00e0 un parti politique (et sont donc politiquement plus int\u00e9gr\u00e9s, c&#8217;est-\u00e0-dire moins souvent sans attachement partisan).<sup><a id=\"post-3573-footnote-ref-5\" href=\"#post-3573-footnote-5\">[4]<\/a><\/sup><\/p>\n<p>Figure 3 : Facteurs sociaux et politiques expliquant l&#8217;absence d&#8217;attachement partisan (effets marginaux)<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"747\" height=\"550\" class=\"wp-image-3576\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/word-image-3573-3.png\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/word-image-3573-3.png 747w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/word-image-3573-3-300x221.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 747px) 100vw, 747px\" \/><\/p>\n<p>Les personnes ne se sentant pas proches d\u2019un parti se distinguent \u00e9galement par leurs attitudes politiques de celles disposant d\u2019une identification partisane. Dans les deux ann\u00e9es d&#8217;\u00e9tude, les personnes sans attaches partisanes se caract\u00e9risent par leur position sceptique vis-\u00e0-vis de l&#8217;UE. Lors des \u00e9lections de 2019, les partisans de l&#8217;adh\u00e9sion \u00e0 l&#8217;UE avaient une probabilit\u00e9 de ne pas avoir d\u2019attachement partisan inf\u00e9rieure d&#8217;environ 10 points de pourcentage par rapport aux opposants \u00e0 l&#8217;adh\u00e9sion de la Suisse \u00e0 l&#8217;UE. R\u00e9cemment, les personnes ne s&#8217;identifiant pas \u00e0 un parti se sont \u00e9galement distingu\u00e9es par leurs pr\u00e9f\u00e9rences en mati\u00e8re de politique \u00e9conomique. Lors des \u00e9lections de 2019, les personnes ne se sentant pas proches d\u2019un parti avaient moins de chances de soutenir une augmentation des d\u00e9penses sociales que les personnes ayant une identification partisane. Cependant, les attitudes \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de l&#8217;augmentation des imp\u00f4ts sur les hauts revenus, de l&#8217;\u00e9galit\u00e9 des chances pour les \u00e9trangers ou de la protection de l&#8217;environnement ne permettent pas de distinguer les personnes sans attaches partisanes de celles qui ont une identification partisane.<\/p>\n<h2>Conclusions<\/h2>\n<p>Le nombre de personnes ne se sentant pas proches d\u2019un parti a augment\u00e9 en Suisse depuis les ann\u00e9es 1970. Depuis la fin des ann\u00e9es 1990, il s&#8217;est stabilis\u00e9 \u00e0 un niveau \u00e9lev\u00e9 en comparaison internationale. Tous les partis, \u00e0 l&#8217;exception de l&#8217;UDC, sont concern\u00e9s par le rel\u00e2chement de l&#8217;identification partisane.<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution a des cons\u00e9quences politiques. D&#8217;une part, les personnes ne se sentant pas proches d\u2019un parti se distinguent par un int\u00e9r\u00eat politique moindre et participent moins souvent aux \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales. Elles sont donc plus difficiles \u00e0 mobiliser pour les partis politiques. D&#8217;autre part, les personnes sans attaches partisanes constituent un groupe important, de sorte qu&#8217;il est crucial pour les partis de gagner ces \u00e9lectrices et \u00e9lecteurs non affili\u00e9s afin de maintenir au moins leur part de suffrages. Outre les partis non gouvernementaux, c&#8217;est l&#8217;UDC qui y est parvenue le mieux depuis le milieu des ann\u00e9es 1990. En revanche, le Parti socialiste obtient des r\u00e9sultats \u00e9lectoraux inf\u00e9rieurs parmi les personnes ne s\u2019identifiant pas \u00e0 un parti. Bien que les caract\u00e9ristiques moyennes des personnes sans attaches partisanes &#8211; femmes, plus jeunes, sans appartenance religieuse &#8211; correspondent seulement partiellement au profil social de l&#8217;\u00e9lecteur typique de l&#8217;UDC &#8211; homme, plus \u00e2g\u00e9, protestant -, il existe des chevauchements clairs en termes de caract\u00e9ristiques socio-\u00e9conomiques (sans dipl\u00f4me universitaire, revenu faible \u00e0 moyen) et d&#8217;opinions politiques (contre l&#8217;adh\u00e9sion \u00e0 l&#8217;UE, contre l&#8217;augmentation des d\u00e9penses sociales) entre les personnes sans attaches partisanes et l&#8217;\u00e9lectorat de l&#8217;UDC. Ainsi, l&#8217;UDC se pr\u00e9sente comme le parti le mieux plac\u00e9 pour remporter les voix du nombre croissant de personnes ne se sentant pas proches d\u2019un parti lors des \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales de 2023. Cependant, les autres partis pourraient \u00e9galement marquer des points aupr\u00e8s des \u00e9lectrices et \u00e9lecteurs sans attaches partisanes en formulant des demandes claires en faveur des femmes et des jeunes g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n<ol>\n<li id=\"post-3573-footnote-2\">Entre 1979 et 1991, les personnes interrog\u00e9es \u00e9taient directement interrog\u00e9es sur leur attachement \u00e0 un parti politique. <a href=\"#post-3573-footnote-ref-2\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-3573-footnote-3\">C&#8217;est surtout le cas depuis l&#8217;introduction de l&#8217;\u00e9tude \u00e9lectorale Selects en 1995, en raison du nombre plus \u00e9lev\u00e9 de cas. <a href=\"#post-3573-footnote-ref-3\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-3573-footnote-4\">Le mod\u00e8le de r\u00e9gression a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9 en deux \u00e9tapes : d&#8217;abord uniquement avec les caract\u00e9ristiques sociales, puis en incluant les caract\u00e9ristiques politiques. L&#8217;influence des caract\u00e9ristiques sociales reste pratiquement inchang\u00e9e dans le mod\u00e8le complet pour les deux ann\u00e9es. <a href=\"#post-3573-footnote-ref-4\">\u2191<\/a><\/li>\n<li id=\"post-3573-footnote-5\">Lorsqu&#8217;on contr\u00f4le pour l&#8217;int\u00e9r\u00eat politique, le revenu ne joue plus aucun r\u00f4le dans les deux ann\u00e9es. Le sexe, l&#8217;\u00e9ducation et le protestantisme perdent \u00e9galement leur influence lors des \u00e9lections de 2019. <a href=\"#post-3573-footnote-ref-5\">\u2191<\/a><\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Les \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales de 2019 ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par des changements historiques dans la force des partis : les quatre partis gouvernementaux, le PLR, le PDC, le PS et l&#8217;UDC, ont enregistr\u00e9 leur plus mauvais r\u00e9sultat \u00e9lectoral depuis l&#8217;introduction du syst\u00e8me de repr\u00e9sentation proportionnelle en 1919, n&#8217;obtenant que 68,9 % des voix. 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