{"id":3976,"date":"2024-06-17T21:20:21","date_gmt":"2024-06-17T19:20:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/?p=3976"},"modified":"2024-06-17T21:20:23","modified_gmt":"2024-06-17T19:20:23","slug":"le-profil-des-elu%c2%b7e%c2%b7s-de-gauche-dans-les-grandes-villes-suisses-1910-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/?p=3976","title":{"rendered":"Le profil des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche dans les grandes villes suisses, 1910-2020"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<sup><a id=\"post-3976-footnote-ref-2\" href=\"#post-3976-footnote-2\">[1]<\/a><\/sup><\/h2>\n\n\n\n<p>En Suisse, les grandes villes constituent historiquement des places fortes des partis de gauche. Alors qu\u2019au niveau f\u00e9d\u00e9ral et au niveau cantonal \u2013 \u00e0 quelques rares exceptions \u2013 les institutions politiques repr\u00e9sentatives restent domin\u00e9es par les partis de droite, il n\u2019en va pas de m\u00eame dans les ex\u00e9cutifs et l\u00e9gislatifs urbains. En effet, la gauche y conna\u00eet deux p\u00e9riodes de domination. La premi\u00e8re a lieu durant l\u2019entre-deux-guerres o\u00f9 les villes de B\u00e2le, Lausanne ou Zurich notamment, \u00e0 l\u2019instar de plusieurs villes europ\u00e9ennes, sont temporairement administr\u00e9es par des majorit\u00e9s socialistes, une p\u00e9riode souvent qualifi\u00e9e de \u00ab&nbsp;socialisme municipal&nbsp;\u00bb. La seconde s\u2019ouvre durant les ann\u00e9es 1990. Depuis lors, les grandes villes suisses sont dirig\u00e9es par des coalitions de gauche qui regroupent le Parti socialiste, Les Verts et des partis de la gauche radicale.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de la premi\u00e8re prise de pouvoir des partis de gauche durant l\u2019entre-deux-guerres, les villes suisses, \u00e0 la suite de l\u2019industrialisation et de l\u2019urbanisation d\u00e8s la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, concentrent une grande partie de la main-d\u2019\u0153uvre ouvri\u00e8re (voir Walter 1994). \u00c0 cette \u00e9poque, les classes populaires constituent leur \u00e9lectorat principal. En effet, les partis de gauche sont issus du mouvement ouvrier. Il existe d\u2019une part des sections locales du Parti socialiste, fond\u00e9 en 1888 au niveau national et, d\u2019autre part, des sections du Parti communiste qui est quant \u00e0 lui cr\u00e9\u00e9 en 1921<sup><a id=\"post-3976-footnote-ref-3\" href=\"#post-3976-footnote-3\">[2]<\/a><\/sup>. Lorsque les villes basculent \u00e0 nouveau \u00e0 gauche dans les ann\u00e9es 1990, celles-ci ont connu de profonds changements socio-\u00e9conomiques et politiques. En premier lieu, depuis les ann\u00e9es 1970, la structure de l\u2019emploi conna\u00eet un tr\u00e8s fort processus de tertiarisation, ce qui favorise l\u2019essor des classes moyennes salari\u00e9es au sein de la population active des villes (voir Oesch 2006). En deuxi\u00e8me lieu, \u00e0 partir de cette d\u00e9cennie et jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1990, les villes sont en proie \u00e0 une v\u00e9ritable \u00ab&nbsp;crise urbaine&nbsp;\u00bb qui se mat\u00e9rialise par des pertes d\u00e9mographiques importantes et la pr\u00e9sence accrue de personnes dites \u00ab&nbsp;vuln\u00e9rables&nbsp;\u00bb (R\u00e9rat 2016). En troisi\u00e8me lieu, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1970, \u00e0 la suite des \u00e9v\u00e9nements de Mai 68, des \u00ab&nbsp;nouveaux mouvements sociaux&nbsp;\u00bb \u00e9cologistes, f\u00e9ministes ou pacifistes voient le jour (Giugni 1995). Une partie de leurs militant\u00b7e\u00b7s forment de nouveaux partis de gauche dont plusieurs formations \u00e9cologistes (qui s\u2019unifient au niveau national en 1983 et prennent le nom Les Verts en 1993) ou de gauche radicale \u00e0 l\u2019image des Organisations progressistes de Suisse (POCH) dans les villes al\u00e9maniques. D\u2019autres militant\u00b7e\u00b7s s\u2019int\u00e8grent pour leur part au sein du Parti socialiste. Ce dernier d\u2019ailleurs, \u00e9largit progressivement son offre \u00e9lectorale pour toucher les classes moyennes salari\u00e9es (Rennwald 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>Notre \u00e9tude s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019\u00e9volution socio-professionnelle des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s des quatre plus grandes villes suisses&nbsp;: B\u00e2le, Gen\u00e8ve, Lausanne et Zurich. Elle se situe notamment dans la poursuite des travaux de Pilotti (2017) sur le profil des parlementaires f\u00e9d\u00e9raux et de Di Capua (2022) et de Lasseb (2024) sur les membres des l\u00e9gislatifs et ex\u00e9cutifs des villes, qui mettent en exergue la faible repr\u00e9sentativit\u00e9 de certaines strates de la population au sein des institutions politiques repr\u00e9sentatives. Toutefois, nous nous penchons plus sp\u00e9cifiquement sur les \u00e9lu\u00b7e\u00b7s des partis de gauche. En quoi les transformations que nous avons \u00e9voqu\u00e9es ci-dessus affectent leur profil socio-professionnel&nbsp;? En outre, les \u00e9lus de gauche qui administrent les villes durant la p\u00e9riode de l&#8217;entre-deux-guerres partagent-ils des caract\u00e9ristiques similaires \u00e0 leurs homologues appartenant aux coalitions qui dirigent les grandes villes depuis les ann\u00e9es 1990&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019\u00e9volution de la gauche dans les grandes villes<\/h2>\n\n\n\n<p>Depuis la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, aid\u00e9 notamment par l\u2019introduction progressive d\u2019un syst\u00e8me \u00e9lectoral proportionnel, le Parti socialiste gagne des si\u00e8ges au sein des parlements puis des gouvernements des grandes villes. Comme on peut le voir sur la Figure 1 ci-dessous, \u00e0 partir de 1928 \u00e0 Zurich, puis en 1934 \u00e0 Lausanne et en 1935 \u00e0 B\u00e2le, les municipalit\u00e9s des villes basculent \u00e0 gauche<sup><a id=\"post-3976-footnote-ref-4\" href=\"#post-3976-footnote-4\">[3]<\/a><\/sup>. Cette p\u00e9riode de l\u2019entre-deux-guerres qui voit une tr\u00e8s forte polarisation politique est celle du \u00ab&nbsp;socialisme municipal&nbsp;\u00bb, marqu\u00e9e dans plusieurs villes europ\u00e9ennes par la volont\u00e9 de d\u00e9velopper les services publics en faveur des classes populaires, notamment les services li\u00e9s \u00e0 l\u2019approvisionnement en eau, en gaz et en \u00e9lectricit\u00e9 (Dogliani 2002). En Suisse, les municipalit\u00e9s de gauche, confront\u00e9es aux effets de la Grande D\u00e9pression, vont principalement lutter contre le ch\u00f4mage qui affecte durement la population urbaine. Toutefois, \u00e0 la fin de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, malgr\u00e9 un boom des partis de la gauche radicale, les partis de droite redeviennent majoritaires dans les grandes villes. Cette p\u00e9riode qui s\u2019ouvre au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950 est marqu\u00e9e par une croissance \u00e9conomique et par une concordance politique. On observe ainsi le passage d\u2019une logique de confrontation \u00e0 une logique de relative coop\u00e9ration et d\u2019int\u00e9gration des partis de gauche qui se traduit par une participation minoritaire dans les ex\u00e9cutifs des villes.<\/p>\n\n\n\n<p>Figure 1&nbsp;: Proportion de si\u00e8ges des coalitions de gauche dans les ex\u00e9cutifs des quatre villes, 1900-2020<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/word-image-3976-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3977\" width=\"985\" height=\"717\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/word-image-3976-1.png 1313w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/word-image-3976-1-300x218.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/word-image-3976-1-1024x746.png 1024w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/word-image-3976-1-768x559.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 985px) 100vw, 985px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir des ann\u00e9es 1990, les rapports de force changent \u00e0 nouveau. En effet, d\u00e8s 1989 \u00e0 Lausanne, puis en 1990 \u00e0 Gen\u00e8ve, en 1994 \u00e0 Zurich et en 1996 \u00e0 B\u00e2le, les grandes villes suisses basculent toutes \u00e0 gauche de mani\u00e8re durable et sont gouvern\u00e9es par des coalitions qui regroupent le Parti socialiste, des partis de la gauche radicale et Les Verts. Les coalitions sont donc diff\u00e9rentes de celles des ann\u00e9es 1930. Elles peuvent \u00eatre assimil\u00e9es \u00e0 ce que Gyford (1985) a qualifi\u00e9 en Grande-Bretagne de \u00ab&nbsp;nouvelle gauche urbaine&nbsp;\u00bb, compos\u00e9e et s\u2019adressant principalement aux classes moyennes salari\u00e9es qui constituent d\u00e9sormais l\u2019\u00e9lectorat majoritaire des partis de gauche. Cette nouvelle gauche urbaine promeut entre autres des th\u00e9matiques f\u00e9ministe ou \u00e9cologiste, qui s\u2019inscrivent dans le sillage des nouveaux mouvements sociaux des ann\u00e9es 1970. Son action est ainsi marqu\u00e9e par le d\u00e9veloppement des transports publics et des lieux culturels, par la pr\u00e9servation de l\u2019environnement ou l\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de vie des habitant\u00b7e\u00b7s (Le Gal\u00e8s 1990). Au fil des ann\u00e9es 1980, ses dirigeant\u00b7e\u00b7s d\u00e9veloppent \u00e9galement de nouvelles politiques de d\u00e9veloppement de type \u00ab&nbsp;entrepreneurial&nbsp;\u00bb en mettant l\u2019accent sur l\u2019attractivit\u00e9 et la comp\u00e9titivit\u00e9 des villes par le biais notamment du lancement de strat\u00e9gies visant \u00e0 attirer des investissements priv\u00e9s (Quilley 2000).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e9sentation des donn\u00e9es<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans le cadre de notre projet de recherche, nous avons \u00e9labor\u00e9 une base de donn\u00e9es biographique recensant 2743 personnes si\u00e9geant dans les organes ex\u00e9cutifs et l\u00e9gislatifs des villes de B\u00e2le, Gen\u00e8ve, Lausanne et Zurich \u00e0 six diff\u00e9rentes dates<sup><a id=\"post-3976-footnote-ref-5\" href=\"#post-3976-footnote-5\">[4]<\/a><\/sup>. Parmi ces \u00e9lu\u00b7e\u00b7s, on compte 1252 membres des partis de gauche, dont 928 socialistes, 198 membres des divers partis de la gauche radicale<sup><a id=\"post-3976-footnote-ref-6\" href=\"#post-3976-footnote-6\">[5]<\/a><\/sup> et 126 Vert\u00b7e\u00b7s. On d\u00e9nombre \u00e9galement 1491 membres appartenant \u00e0 des partis de droite. Jusqu\u2019en 1957, il s\u2019agit uniquement d\u2019hommes&nbsp;: le droit de vote et d\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 des femmes aux niveaux cantonal et communal n\u2019est accord\u00e9 qu\u2019en 1957 dans le canton de Vaud, en 1960 \u00e0 Gen\u00e8ve, en 1966 \u00e0 B\u00e2le-Ville et en 1970 \u00e0 Zurich. Les donn\u00e9es sont s\u00e9par\u00e9es en six cohortes&nbsp;: 1910, 1937, 1957, 1980, 2000 et 2020. Les donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 recueillies au sein des archives cantonales et communales des quatre villes. Afin d\u2019analyser le profil socio-professionnel des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s, nous avons collect\u00e9 des donn\u00e9es sur le niveau de formation (d\u00e9termin\u00e9 par l\u2019obtention ou non d\u2019un dipl\u00f4me universitaire) et la profession qu\u2019ils et elles exercent au moment de leur \u00e9lection. Les professions ont \u00e9t\u00e9 cod\u00e9es selon six cat\u00e9gories puis 22 sous-cat\u00e9gories \u00e0 partir de pr\u00e9c\u00e9dents travaux consacr\u00e9s sp\u00e9cifiquement \u00e0 la classification des principales professions exerc\u00e9es par les \u00e9lites politiques (Gruner 1970; Best et Cotta 2000; Pilotti 2017; Di Capua 2022)<sup><a id=\"post-3976-footnote-ref-7\" href=\"#post-3976-footnote-7\">[6]<\/a><\/sup>. Dans un deuxi\u00e8me temps, nous avons proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 un second codage des professions selon les huit cat\u00e9gories professionnelles du sch\u00e9ma de classe d\u00e9velopp\u00e9 par Oesch (2006: 66-69). Ce dernier, qui prend en compte les grands changements de la structure de l\u2019emploi depuis les ann\u00e9es 1970 tels que la croissance du secteur des services ou l\u2019expansion du secteur public, permet de mieux situer la position des professions des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche dans la hi\u00e9rarchie sociale des m\u00e9tiers. En effet, il prend en consid\u00e9ration les comp\u00e9tences, le degr\u00e9 d\u2019autonomie et les logiques de travail. Cette deuxi\u00e8me classification permet ainsi de mieux faire ressortir l\u2019appartenance de classe, de m\u00eame que ses transformations, parmi les \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019acad\u00e9misation des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s<\/h2>\n\n\n\n<p>Comme on peut le voir sur la Figure 2 ci-dessous, la proportion des <a id=\"post-3976-OLE_LINK2\"><\/a>dipl\u00f4m\u00e9\u00b7e\u00b7s universitaires parmi les \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche conna\u00eet plusieurs \u00e9volutions. En premier lieu, jusqu\u2019en 1937, elle se situe \u00e0 20%. Ce taux tr\u00e8s faible par rapport \u00e0 la droite (50%) s\u2019explique par la forte proportion d\u2019ouvriers socialistes et communistes au sein des parlements, nous y reviendrons plus bas. En 1957, la part des membres poss\u00e9dant un dipl\u00f4me baisse m\u00eame l\u00e9g\u00e8rement, ce qui pourrait \u00eatre attribu\u00e9 selon Gaxie et Godmer (2007: 116) \u00e0 la volont\u00e9 au sein des partis socialistes et communistes de mettre en place des \u00ab&nbsp;quotas de classe&nbsp;\u00bb afin de favoriser la repr\u00e9sentation d\u2019individus appartenant aux classes populaires. Par la suite, au sein de tous les partis de gauche, le taux d\u2019universitaires conna\u00eet une constante augmentation. Un tournant important a lieu entre 1980 et 2000. \u00c0 cette derni\u00e8re date, les d\u00e9putations socialistes et vertes comportent toutes deux un taux de dipl\u00f4m\u00e9\u00b7e\u00b7s plus \u00e9lev\u00e9 qu\u2019\u00e0 droite, alors que plus d\u2019un \u00e9lu de gauche sur deux a accompli des \u00e9tudes sup\u00e9rieures. En 2020, c\u2019est d\u00e9sormais pr\u00e8s de trois quarts des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche des grandes villes suisses qui poss\u00e8dent un dipl\u00f4me universitaire. Les Vert\u00b7e\u00b7s ont depuis leur apparition le taux de dipl\u00f4m\u00e9\u00b7e\u00b7s le plus \u00e9lev\u00e9<sup><a id=\"post-3976-footnote-ref-8\" href=\"#post-3976-footnote-8\">[7]<\/a><\/sup>, bien qu\u2019en 2000 et en 2020, les \u00e9cologistes soient suivis de pr\u00e8s par les socialistes. Cette part tr\u00e8s haute depuis 1980 peut s\u2019expliquer par l\u2019origine diff\u00e9rente des Vert\u00b7e\u00b7s qui, contrairement aux socialistes, sont issus des nouveaux mouvements sociaux des ann\u00e9es 1970 et non pas du mouvement ouvrier.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019augmentation de la part de dipl\u00f4m\u00e9\u00b7e\u00b7s parmi les d\u00e9putations de gauche refl\u00e8te la d\u00e9mocratisation de l\u2019acc\u00e8s aux \u00e9tudes sup\u00e9rieures au sein de la population depuis la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Toutefois, celle-ci n\u2019explique pas \u00e0 elle seule la hausse spectaculaire du nombre d\u2019universitaires parmi toutes les formations politiques de gauche, d\u00e9sormais plus \u00e9lev\u00e9 qu\u2019\u00e0 droite et qu\u2019au sein de la population active des quatre villes. Une autre explication renvoie \u00e0 la profonde transformation des professions exerc\u00e9es par les \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche.<\/p>\n\n\n\n<p>Figure 2&nbsp;: Proportion des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s des quatre villes avec un dipl\u00f4me universitaire, 1910-2020<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-2_FR.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"631\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-2_FR-1024x631.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3965\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-2_FR-1024x631.png 1024w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-2_FR-300x185.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-2_FR-768x473.png 768w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-2_FR.png 1392w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Note: N&nbsp;: 1910 = 395, 1937 = 425, 1957 = 452, 1980 = 434, 2000 = 455, 2020 = 414. La ligne noire montre la moyenne pour l\u2019ensemble des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s. <em>Source<\/em>: Base de donn\u00e9es des \u00e9lites suisses.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">De l\u2019ouvrier au sp\u00e9cialiste socio-culturel<\/h2>\n\n\n\n<p>Quelle que soit la p\u00e9riode, en observant la Figure 3 ci-dessous, les \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche se r\u00e9partissent majoritairement au sein des cat\u00e9gories de salari\u00e9\u00b7e\u00b7s. Si les salari\u00e9s du secteur priv\u00e9 dominent en 1910, par la suite, les salari\u00e9\u00b7e\u00b7s du secteur public deviennent tr\u00e8s largement majoritaires \u00e0 chaque date (entre 35% et 47%). Parmi celles et ceux-ci, on peut notamment signaler une part significative d\u2019enseignant\u00b7e\u00b7s sur l\u2019ensemble de la p\u00e9riode (entre 16% et 35% des salari\u00e9\u00b7e\u00b7s du public). Historiquement, les enseignant\u00b7e\u00b7s constituent un groupe professionnel important \u00e0 gauche. La r\u00e9partition des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche au sein des cat\u00e9gories professionnelles tranche avec la situation des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de droite o\u00f9 on retrouve majoritairement des individus qui exercent une profession lib\u00e9rale ou des entrepreneur\u00b7euse\u00b7s. Leur part est quant \u00e0 elle tr\u00e8s faible \u00e0 gauche sur l\u2019ensemble de la p\u00e9riode, except\u00e9 en 1910 o\u00f9 il s\u2019agit g\u00e9n\u00e9ralement de petits commer\u00e7ants et plus particuli\u00e8rement de cafetiers. Pour ce qui est des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche exer\u00e7ant une profession lib\u00e9rale, leur proportion qui est marginale jusqu\u2019en 1957, augmente depuis 1980. \u00c0 partir de 2000, un \u00e9lu de gauche sur quatre exerce ainsi une profession lib\u00e9rale. Sur l\u2019ensemble de la p\u00e9riode, les professionnel\u00b7le\u00b7s de la politique repr\u00e9sentent \u00e9galement une cat\u00e9gorie importante \u00e0 gauche (entre 9% et 17%). Depuis 1937 et jusqu\u2019en 2000, il s\u2019agit majoritairement de secr\u00e9taires syndicaux. Toutefois, en 2020, les secr\u00e9taires syndicaux sont supplant\u00e9s par les secr\u00e9taires d\u2019associations d\u2019int\u00e9r\u00eat public (sociales, culturelles ou de d\u00e9fense de la nature). \u00c0 noter que l\u2019augmentation des individus sans activit\u00e9 professionnelle en 2020 (10%) r\u00e9sulte de la hausse des \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7s parmi les effectifs de gauche.<\/p>\n\n\n\n<p>Figure 3&nbsp;: R\u00e9partition des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s des quatre villes selon leur cat\u00e9gorie professionnelle, 1910-2020<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-3_FR.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"605\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-3_FR-1024x605.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3967\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-3_FR-1024x605.png 1024w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-3_FR-300x177.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-3_FR-768x454.png 768w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-3_FR.png 1364w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>N: 1910 = 405, 1937 = 450, 1957 = 477, 1980 = 468, 2000 = 480, 2020 = 429. <em>Source:<\/em> Base de donn\u00e9es des \u00e9lites suisses.<\/p>\n\n\n\n<p>Si les salari\u00e9\u00b7e\u00b7s sont dominants \u00e0 gauche quelle que soit la p\u00e9riode, la Figure 4, ci-dessous construite selon les cat\u00e9gories professionnelles du sch\u00e9ma de classe de Oesch (2006), permet de mettre en lumi\u00e8re la transformation la plus importante qui a eu lieu sur l\u2019ensemble de la p\u00e9riode&nbsp;: la quasi-disparition des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s qui pratiquent un m\u00e9tier manuel (repr\u00e9sent\u00e9\u00b7e\u00b7s par les travailleur\u00b7euse\u00b7s de production) qui diminue fortement apr\u00e8s 1957. Alors qu\u2019il s\u2019agit de la cat\u00e9gorie la plus nombreuse entre 1910 et 1957, elle ne repr\u00e9sente plus que 1% des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche en 2020. Leur part est m\u00eame d\u00e9sormais plus \u00e9lev\u00e9e parmi les d\u00e9putations des partis de droite (5% en 2020). Les travailleur\u00b7euse\u00b7s de production, dont la part au sein de la population active a \u00ab&nbsp;fondu&nbsp;\u00bb depuis la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, sont en quelque sorte \u00ab&nbsp;remplac\u00e9\u00b7e\u00b7s&nbsp;\u00bb par les sp\u00e9cialistes socio-culturel, soit des personnes qui travaillent dans les domaines sociaux, m\u00e9dicaux, \u00e9ducatifs et culturels. Cette quasi-disparition des personnes qui exercent une profession manuelle participe \u00e0 une baisse de la repr\u00e9sentation des classes populaires au sein des d\u00e9putations des partis de gauche en faveur des classes moyennes salari\u00e9es, car elle n\u2019est pas compens\u00e9e par une augmentation des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s qui exercent une profession subalterne, soit les employ\u00e9\u00b7e\u00b7s de bureau et les travailleur\u00b7euse\u00b7s de services que l\u2019on peut assimiler \u00e0 de nouvelles classes populaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Les membres des ex\u00e9cutifs de gauche se distinguent cependant sur l\u2019ensemble de la p\u00e9riode en exer\u00e7ant une profession non-manuelle avant leur \u00e9lection, g\u00e9n\u00e9ralement en tant que cadre de l\u2019administration publique, enseignant\u00b7e ou professionnel\u00b7le de la politique. Les membres des ex\u00e9cutifs de gauche se diff\u00e9rencient \u00e9galement par un niveau de formation plus \u00e9lev\u00e9 que leurs homologues qui si\u00e8gent dans les parlements (pour plus de d\u00e9tails, voir Antoniazza 2024).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette transformation importante du profil socio-professionnel des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s des partis de gauche durant la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle s\u2019explique premi\u00e8rement par la tertiarisation de la structure de l\u2019emploi depuis les ann\u00e9es 1970 et la proportion toujours plus faible au sein de la population active de personnes pouvant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des travailleur\u00b7euse\u00b7s de production. Une deuxi\u00e8me explication est \u00e0 trouver dans l\u2019arriv\u00e9e progressive au sein des parlements puis dans les gouvernements de militant\u00b7e\u00b7s issus des nouveaux mouvements sociaux des ann\u00e9es 1970, qui ont fond\u00e9 de nouveaux partis de gauche ou int\u00e9gr\u00e9 les formations politiques existantes. Ces derniers et ces derni\u00e8res appartiennent g\u00e9n\u00e9ralement aux classes moyennes salari\u00e9es et disposent souvent d\u2019une formation universitaire. Ce nouveau profil des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s des partis de gauche au statut professionnel plus \u00e9lev\u00e9 a ainsi progressivement remplac\u00e9 celui plus ancien d\u2019\u00e9lu\u00b7e\u00b7s pratiquant un m\u00e9tier manuel.<\/p>\n\n\n\n<p>Figure 4&nbsp;: R\u00e9partition des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche des quatre villes selon leur cat\u00e9gorie professionnelle du sch\u00e9ma de classe de Oesch (2006), 1910-2020<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-4_FR.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"575\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-4_FR-1024x575.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3969\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-4_FR-1024x575.png 1024w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-4_FR-300x168.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-4_FR-768x431.png 768w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Abb-4_FR.png 1372w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>N: 1910 = 109, 1937 = 226, 1957 = 196, 1980 = 206, 2000 = 259, 2020 = 241. <em>Source:<\/em> Base de donn\u00e9es des \u00e9lites suisses.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le profil socio-professionnel des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s des partis de gauche a connu de profondes transformations au fil de la p\u00e9riode \u00e9tudi\u00e9e. Entre 1910 et 1957, il s\u2019agit majoritairement de salari\u00e9s exer\u00e7ant un m\u00e9tier manuel et sans dipl\u00f4me universitaire, ce qui les distinguent de la plupart des \u00e9lus de droite. Ainsi, l\u2019ouverture des institutions politiques \u00e0 des membres des partis de gauche au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle permet la repr\u00e9sentation d\u2019individus issus des classes populaires qui pratiquent des professions subalternes. La p\u00e9riode qui va de 1980 \u00e0 2020 est marqu\u00e9e par de multiples changements. En premier lieu, la part des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019un dipl\u00f4me universitaire augmente fortement pour atteindre plus de 75% dans le cas des socialistes et des Vert\u00b7e\u00b7s en 2020, d\u00e9passant clairement les \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de droite.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, outre l\u2019augmentation du niveau de formation, on observe \u00e9galement une dynamique d\u2019\u00e9l\u00e9vation du statut professionnel des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche dont les individus issus des classes moyennes salari\u00e9es deviennent majoritaires. Ce processus est notamment marqu\u00e9 par la quasi-disparition des travailleur\u00b7e\u00b7s manuels parmi les \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche \u2013 qui sont en quelque sorte \u00ab&nbsp;remplac\u00e9\u00b7e\u00b7s&nbsp;\u00bb par des travailleur\u00b7euse\u00b7s de la sant\u00e9, de l\u2019\u00e9ducation et du social \u2013 et une augmentation de la part des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s qui exercent une profession lib\u00e9rale. Ces \u00e9l\u00e9ments participent \u00e0 une certaine \u00ab&nbsp;similarisation&nbsp;\u00bb du profil des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche et de droite, mise en \u00e9vidence par Ilonszki (2007) dans le cas des parlements nationaux europ\u00e9ens, en termes de niveau de formation et de profession exerc\u00e9e. Toutefois, le processus est bien plus tardif dans les grandes villes suisses et d\u2019importantes diff\u00e9rences subsistent. Premi\u00e8rement, parmi les \u00e9lu\u00b7e\u00b7s qui exercent une profession lib\u00e9rale, la part d\u2019avocat\u00b7e\u00b7s reste plus \u00e9lev\u00e9e dans les d\u00e9putations de droite que dans celles de gauche o\u00f9 l\u2019on trouve plut\u00f4t des architectes, des ing\u00e9nieur\u00b7e\u00b7s ou des m\u00e9decins. Deuxi\u00e8mement, la part d\u2019entrepreneur\u00b7euse\u00b7s reste toujours marginale \u00e0 gauche, o\u00f9 la proportion d\u2019\u00e9lu\u00b7e\u00b7s travaillant dans le secteur public est beaucoup plus \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette transformation du profil des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s des partis de gauche va de pair avec un autre changement majeur au niveau de son \u00e9lectorat&nbsp;: un d\u00e9placement du vote des classes populaires qui, en Suisse, jusque dans les ann\u00e9es 1970, votaient majoritairement pour le Parti socialiste. Depuis les ann\u00e9es 1990, elles votent dans une proportion croissante pour l\u2019Union d\u00e9mocratique du centre (UDC) (Rennwald et Zimmermann 2016). Depuis leur accession \u00e0 la t\u00eate des villes durant les ann\u00e9es 1990, il existe une correspondance entre le profil sociologique des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de gauche et celui de leur \u00e9lectorat le plus important, les classes moyennes salari\u00e9es. Or, aux autres \u00e9chelons du syst\u00e8me f\u00e9d\u00e9ral suisse, les partis de gauche restent minoritaires. Afin d\u2019\u00e9largir leur \u00e9lectorat, les partis de gauche pourraient d\u00e8s lors essayer de r\u00e9activer le soutien des classes populaires. Pour ce faire, une meilleure repr\u00e9sentation de ces derni\u00e8res au sein de leurs d\u00e9putations pourrait constituer une \u00e9tape d\u00e9terminante.<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li> Cette \u00e9tude s\u2019inscrit dans le cadre du projet \u00ab&nbsp;Local Power Structures and Transnational Connections. New Perspectives on Elites in Switzerland, 1890-2020&nbsp;\u00bb financ\u00e9 par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (contrat n\u00b0: CRSII5_183534), voir site internet du projet (<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/sinergia-elites\/\">https:\/\/wp.unil.ch\/sinergia-elites\/<\/a>). Pour une analyse plus d\u00e9taill\u00e9e des \u00e9lu\u00b7e\u00b7s de la gauche urbaine, voir Antoniazza et al. (2023) et Antoniazza (2024). <a href=\"#post-3976-footnote-ref-2\">\u2191<\/a> <\/li>\n\n\n\n<li> Ce dernier, interdit par les autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales en 1940, conna\u00eet une forme de r\u00e9surgence en 1944 avec la cr\u00e9ation du Parti suisse du Travail. <a href=\"#post-3976-footnote-ref-3\">\u2191<\/a> <\/li>\n\n\n\n<li> La ville de Gen\u00e8ve ne conna\u00eet pas de majorit\u00e9 de gauche \u00e0 cette \u00e9poque, toutefois, au niveau cantonal, le Conseil d\u2019\u00c9tat conna\u00eet une parenth\u00e8se socialiste entre 1933 et 1936. <a href=\"#post-3976-footnote-ref-4\">\u2191<\/a> <\/li>\n\n\n\n<li> L\u2019ensemble des donn\u00e9es sont disponibles en ligne sur la Base de donn\u00e9es des \u00e9lites suisses cr\u00e9\u00e9e par l\u2019Observatoire des \u00e9lites suisses (OBELIS) \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne (<a href=\"https:\/\/www2.unil.ch\/elitessuisses\/\">https:\/\/www2.unil.ch\/elitessuisses\/<\/a>). <a href=\"#post-3976-footnote-ref-5\">\u2191<\/a> <\/li>\n\n\n\n<li> Sont consid\u00e9r\u00e9s comme des partis de la gauche radicale&nbsp;: Parti communiste, Parti ouvrier et populaire, Parti du Travail, Parti progressiste, POCH, Frauenliste, Frauen Macht Politik!, solidarit\u00e9S, DAL et Alternative Liste. <a href=\"#post-3976-footnote-ref-6\">\u2191<\/a> <\/li>\n\n\n\n<li> Le taux de donn\u00e9es manquantes est de 6,1% (168) pour le niveau de formation et de 1,2% (34) pour la profession exerc\u00e9e. <a href=\"#post-3976-footnote-ref-7\">\u2191<\/a> <\/li>\n\n\n\n<li> En 1980, nous ne d\u00e9nombrons toutefois que neuf \u00e9cologistes qui si\u00e8gent uniquement \u00e0 Lausanne. <a href=\"#post-3976-footnote-ref-8\">\u2191<\/a> <\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction[1] En Suisse, les grandes villes constituent historiquement des places fortes des partis de gauche. 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