{"id":4879,"date":"2026-10-12T13:05:43","date_gmt":"2026-10-12T11:05:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/?p=4879"},"modified":"2026-10-12T13:05:43","modified_gmt":"2026-10-12T11:05:43","slug":"le-rattrapage-des-jeunes-femmes-sur-le-marche-du-travail-suisse-cohortes-nees-entre-1960-et-1998","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/?p=4879","title":{"rendered":"Le rattrapage des jeunes femmes sur le march\u00e9 du travail suisse : cohortes n\u00e9es entre 1960 et 1998"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 la fin du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, dans la plupart des pays occidentaux, les jeunes hommes \u00e9taient plus nombreux que les jeunes femmes \u00e0 d\u00e9tenir un dipl\u00f4me de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur. Aujourd\u2019hui, c\u2019est l\u2019inverse \u2013 non seulement en Suisse, mais dans l\u2019ensemble des 38 pays de l\u2019OCDE (OCDE 2024a). Ce renversement de l\u2019avantage \u00e9ducatif a surpris beaucoup d\u2019observateurs : \u00abPersonne n\u2019avait pr\u00e9dit que les femmes d\u00e9passeraient les hommes aussi rapidement, aussi largement et de mani\u00e8re aussi uniforme \u00e0 travers le monde\u00bb (Reeves 2022 : 13, notre traduction).<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi impressionnants que soient les progr\u00e8s des femmes en mati\u00e8re d\u2019\u00e9ducation, ils ne semblent se r\u00e9percuter que de mani\u00e8re limit\u00e9e sur le march\u00e9 du travail. Dans tous les pays de l\u2019OCDE, les femmes travaillent moins d\u2019heures, occupent moins souvent des emplois bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s et gagnent moins que les hommes (OCDE 2018). De nombreux chercheurs en concluent que la progression vers l\u2019\u00e9galit\u00e9 sur le march\u00e9 du travail est au point mort (Jaspers et al. 2022). Ce diagnostic provient toutefois en grande partie des \u00c9tats-Unis (England et al. 2020) \u2013 et il est surprenant au vu des progr\u00e8s f\u00e9minins en mati\u00e8re de formation. La plupart des salari\u00e9s recherchent des emplois dans lesquels leur formation leur rapporte le plus possible, et les employeurs s\u00e9lectionnent les candidats les plus productifs \u2013 la productivit\u00e9 d\u00e9pendant fortement de la formation (Becker 1994). Les jeunes femmes devraient donc rattraper leur retard par rapport aux jeunes hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>La question de savoir dans quelle mesure cela s\u2019applique \u00e0 la Suisse reste ouverte. Une grande partie des jeunes suit un apprentissage dans des fili\u00e8res fortement s\u00e9gr\u00e9gu\u00e9es selon le sexe (Kriesi et Imdorf 2019). Sur le march\u00e9 du travail, les femmes exercent plus souvent une activit\u00e9 professionnelle que dans la plupart des autres pays europ\u00e9ens, mais elles travaillent aussi plus souvent \u00e0 temps partiel. Plusieurs institutions favorisent ce sch\u00e9ma. Contrairement aux \u00c9tats membres de l\u2019UE, la Suisse ne conna\u00eet ni cong\u00e9 parental partageable ni mois r\u00e9serv\u00e9s aux p\u00e8res. L\u2019accueil extrafamilial des enfants est co\u00fbteux et reste peu d\u00e9velopp\u00e9 dans de nombreuses r\u00e9gions, en particulier en ce qui concerne les \u00e9coles \u00e0 journ\u00e9e continue (Gromada et Richardson 2021). En cons\u00e9quence, la Suisse est souvent d\u00e9crite comme un pays \u00e0 la tra\u00eene en mati\u00e8re de politique d\u2019\u00e9galit\u00e9 (Engeli 2023).<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 cela s\u2019ajoute que le renversement de l\u2019avantage \u00e9ducatif s\u2019est produit plus tardivement en Suisse que dans la plupart des pays de l\u2019OCDE. Jusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 2010, les femmes \u00e2g\u00e9es de 25 \u00e0 34 ans \u00e9taient encore moins nombreuses que les hommes \u00e0 d\u00e9tenir un dipl\u00f4me de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur (universit\u00e9, haute \u00e9cole sp\u00e9cialis\u00e9e ou formation professionnelle sup\u00e9rieure). Par la suite, en l\u2019espace de quelques ann\u00e9es, les jeunes femmes ont non seulement rattrap\u00e9, mais d\u00e9pass\u00e9 les jeunes hommes. En 2025, 54 % des jeunes femmes, contre seulement 48 % des jeunes hommes, \u00e9taient titulaires d\u2019un dipl\u00f4me de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur (OFS 2026a). Notre article cherche \u00e0 d\u00e9terminer si ce processus de rattrapage se r\u00e9percute \u00e9galement sur le march\u00e9 du travail. Pour ce faire, nous examinons comment les diff\u00e9rences entre les jeunes femmes et les jeunes hommes en mati\u00e8re d\u2019activit\u00e9 professionnelle, de temps de travail, de statut professionnel et de revenu du travail ont \u00e9volu\u00e9 au fil des cohortes de naissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs facteurs contribuent \u00e0 l\u2019in\u00e9galit\u00e9 entre les sexes sur le march\u00e9 du travail : la s\u00e9gr\u00e9gation dans les fili\u00e8res de formation (Kriesi et Imdorf 2019), la r\u00e9partition in\u00e9gale des hommes et des femmes entre les professions (Murphy et Oesch 2016) ainsi que la discrimination (Auspurg et al. 2017 ; Combet et Oesch 2019). Cependant, au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, la parentalit\u00e9 est devenue la cause principale et explique aujourd\u2019hui plus des deux tiers de l\u2019\u00e9cart de revenus entre les sexes en Europe et aux \u00c9tats-Unis (Kleven et al. 2025). Afin d\u2019observer l\u2019influence de la formation avant que les enfants ne fa\u00e7onnent diff\u00e9remment les carri\u00e8res des hommes et des femmes, notre \u00e9tude se concentre sur le d\u00e9but de la vie active, c\u2019est-\u00e0-dire sur la tranche d\u2019\u00e2ge des 25-34 ans. \u00c0 ce stade de leur carri\u00e8re, une grande partie des femmes et des hommes n\u2019ont pas encore d\u2019enfants : depuis 2010, l\u2019\u00e2ge moyen des m\u00e8res \u00e0 la naissance de leur premier enfant est sup\u00e9rieur \u00e0 30 ans (OFS 2026b). De plus, c\u2019est en d\u00e9but de vie active que la formation formelle joue le r\u00f4le le plus important. Avec l\u2019\u00e2ge, l\u2019exp\u00e9rience professionnelle prend le dessus (Triventi et al. 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>La plupart des \u00e9tudes qui examinent l\u2019\u00e9volution dans le temps comparent les hommes et les femmes d\u2019une ann\u00e9e civile \u00e0 l\u2019autre, toutes tranches d\u2019\u00e2ge confondues. Or, l\u2019expansion de l\u2019\u00e9ducation n\u2019a pas touch\u00e9 toutes les femmes en m\u00eame temps, mais s\u2019est op\u00e9r\u00e9e de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. En Suisse, les hommes plus \u00e2g\u00e9s ont en moyenne un niveau de formation plus \u00e9lev\u00e9 que les femmes plus \u00e2g\u00e9es, tandis que chez les plus jeunes, c\u2019est l\u2019inverse. Les \u00e9tudes qui regroupent toutes les tranches d\u2019\u00e2ge m\u00e9langent des cohortes pr\u00e9sentant des profils de formation oppos\u00e9s et noient ainsi dans la moyenne les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s par les jeunes femmes. C\u2019est ce que montrent Campbell et Pearlman (2013) pour les \u00c9tats-Unis : la r\u00e9duction de l\u2019\u00e9cart salarial entre les sexes entre 1975 et 2009 y \u00e9tait presque exclusivement due \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e sur le march\u00e9 du travail de cohortes de femmes plus jeunes et mieux form\u00e9es. Pour observer ce processus de rattrapage, il faut donc comparer les cohortes \u2013 comme nous le faisons pour les personnes n\u00e9es entre 1960 et 1998. \u00c0 l\u2019aide de donn\u00e9es provenant de quatre autres pays occidentaux, nous situons la Suisse dans un contexte international.<\/p>\n\n\n\n<p>Nos r\u00e9sultats contredisent la th\u00e8se de la stagnation. Les jeunes cohortes de femmes rattrapent progressivement leur retard par rapport aux hommes du m\u00eame \u00e2ge en mati\u00e8re d\u2019activit\u00e9 professionnelle, de temps de travail, de statut professionnel et de revenus du travail. C\u2019est chez les personnes sans enfants que le rattrapage est le plus marqu\u00e9. Chez les parents, l\u2019\u00e9cart se r\u00e9duit \u00e9galement, mais reste important. Cette \u00e9volution rapide ressort aussi de la comparaison internationale et remet en question l\u2019image d\u2019une Suisse \u00e0 la tra\u00eene.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Donn\u00e9es et m\u00e9thode<\/h2>\n\n\n\n<p>Notre analyse repose sur l\u2019Enqu\u00eate suisse sur la population active (ESPA) de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS), qui est repr\u00e9sentative de la population r\u00e9sidante permanente de la Suisse. Nous regroupons les 34 ann\u00e9es d\u2019enqu\u00eate, de 1991 \u00e0 2024, et obtenons un \u00e9chantillon de 218\u2019770 hommes et femmes \u00e2g\u00e9s de 25 \u00e0 34 ans, n\u00e9s entre 1960 et 1998. Nous r\u00e9pliquons l\u2019analyse des revenus professionnels \u00e0 l\u2019aide d\u2019une deuxi\u00e8me base de donn\u00e9es, le Panel suisse de m\u00e9nages (PSM, 1999\u20132024). Pour la comparaison internationale, nous utilisons des donn\u00e9es sur les revenus professionnels pour la France (<em>Enqu\u00eate Emploi<\/em> 1990\u20132023), la Su\u00e8de (registres fiscaux 1980\u20132021), le Royaume-Uni (<em>Labour Force Survey<\/em> 1993\u20132024) et les \u00c9tats-Unis (<em>Current Population Survey<\/em> 1962\u20132024).<\/p>\n\n\n\n<p>Nous examinons quatre indicateurs de r\u00e9ussite sur le march\u00e9 du travail :<\/p>\n\n\n\n<p>(i) <em>Taux d\u2019emploi <\/em>: nous \u00e9tablissons une distinction binaire entre l\u2019activit\u00e9 r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e (en tant que salari\u00e9, employeur ou travailleur ind\u00e9pendant) et le ch\u00f4mage ou l\u2019inactivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>(ii) <em>Temps de travail <\/em>: nous mesurons le temps de travail hebdomadaire de toutes les personnes \u00e2g\u00e9es de 25 \u00e0 34 ans et attribuons z\u00e9ro heure aux inactifs.<\/p>\n\n\n\n<p>(iii) <em>Potentiel salarial de la profession <\/em>: nous le mesurons \u00e0 l\u2019aide de l\u2019indicateur \u00ab <em>Occupational Earning Potential <\/em>\u00bb (OEP), qui exprime le revenu m\u00e9dian d\u2019une profession sous forme de centile de la distribution globale des revenus (Oesch et al. 2026).<sup><a id=\"post-4879-footnote-ref-1\" href=\"#post-4879-footnote-1\">[1]<\/a><\/sup> \u00c9tant donn\u00e9 que l\u2019OEP ne peut \u00eatre attribu\u00e9 qu\u2019aux personnes ayant indiqu\u00e9 une profession, cette sous-analyse se limite aux personnes actives.<\/p>\n\n\n\n<p>(iv) <em>Revenu professionnel total <\/em>: au lieu du salaire horaire ou du salaire mensuel standardis\u00e9, nous prenons en compte le revenu professionnel brut per\u00e7u, y compris les revenus nuls des personnes inactives et les revenus provenant de petits emplois \u00e0 temps partiel. Cette mesure synth\u00e9tise en un seul chiffre les diff\u00e9rences en mati\u00e8re de participation \u00e0 la vie active, de temps de travail et de salaire horaire. Elle donne ainsi une image plus compl\u00e8te de l\u2019\u00e9cart entre les sexes que l\u2019\u00e9cart salarial conventionnel, qui exclut les personnes inactives et n\u00e9glige ainsi la s\u00e9lection li\u00e9e au genre dans la participation \u00e0 l\u2019emploi (Olivetti et Petrongolo 2016). \u00c0 titre de comparaison, nous montrons toutefois \u00e9galement comment l\u2019\u00e9cart de salaire horaire des seules personnes actives a \u00e9volu\u00e9 au fil des cohortes. Tous les revenus sont corrig\u00e9s de l\u2019inflation.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour chacun des quatre indicateurs, nous estimons une r\u00e9gression lin\u00e9aire \u00e0 l\u2019aide de trois variables explicatives : le sexe, l\u2019ann\u00e9e de naissance (une variable de type \u00ab&nbsp;dummy&nbsp;\u00bb pour chaque ann\u00e9e de naissance, de 1960 \u00e0 1998) et l\u2019interaction entre le sexe et l\u2019ann\u00e9e de naissance. La seule variable de contr\u00f4le que nous prenons en compte est l\u2019\u00e2ge. Le terme d\u2019interaction est d\u00e9terminant : il montre comment l\u2019\u00e9cart entre les hommes et les femmes \u00e9volue selon les cohortes. Nous pr\u00e9sentons tous les r\u00e9sultats sous forme graphique en tant que valeurs pr\u00e9dites (<em>predictive margins<\/em>). Une discussion plus d\u00e9taill\u00e9e de notre m\u00e9thode figure dans Lipps et al. (2026).<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment choisi de ne pas inclure les enfants comme variable explicative dans le mod\u00e8le, car le moment et le nombre des naissances d\u00e9pendent eux-m\u00eames des perspectives de formation et d\u2019emploi des jeunes femmes et des jeunes hommes. Ils constituent donc davantage une cons\u00e9quence qu\u2019une cause de l\u2019\u00e9volution au fil des cohortes de naissance. Dans des analyses compl\u00e9mentaires, nous pr\u00e9sentons toutefois l\u2019\u00e9cart de revenus s\u00e9par\u00e9ment pour les personnes avec et sans enfants.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sultats<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans un premier temps, nous comparons la participation \u00e0 la vie active entre les cohortes de naissance (figure 1, \u00e0 gauche). Dans la cohorte de naissance de 1965, le taux d\u2019emploi des jeunes femmes en Suisse \u00e9tait inf\u00e9rieur d\u2019environ 22 points de pourcentage \u00e0 celui des jeunes hommes : un peu moins de 75 % contre plus de 90 %. Dans les cohortes suivantes, le taux d\u2019emploi des femmes a augment\u00e9 de mani\u00e8re continue pour atteindre un peu plus de 85 % dans la cohorte de 1995. Dans le m\u00eame temps, celui des jeunes hommes a recul\u00e9 de 5 points de pourcentage. L\u2019\u00e9cart entre les sexes en mati\u00e8re de participation \u00e0 la vie active s\u2019est ainsi presque enti\u00e8rement combl\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, les taux d\u2019emploi surestiment la convergence entre les sexes, car les femmes travaillent plus souvent \u00e0 temps partiel. Cela vaut en particulier pour la Suisse, qui affiche, apr\u00e8s les Pays-Bas, le deuxi\u00e8me taux de travail \u00e0 temps partiel des femmes le plus \u00e9lev\u00e9 de tous les pays de l\u2019OCDE (OCDE 2024b). C\u2019est pourquoi nous utilisons dans la figure 1 (\u00e0 droite) le nombre d\u2019heures de travail \u2013 y compris z\u00e9ro heure pour les personnes inactives \u2013 comme mesure plus pr\u00e9cise de la participation \u00e0 la vie active. La dur\u00e9e hebdomadaire du travail des jeunes hommes a diminu\u00e9, passant d\u2019environ 40 \u00e0 35 heures entre les cohortes de 1965 et de 1995. Dans le m\u00eame temps, la dur\u00e9e hebdomadaire de travail des jeunes femmes est pass\u00e9e d\u2019environ 23 \u00e0 31 heures. L\u2019\u00e9cart s\u2019est ainsi r\u00e9duit, passant de 17 \u00e0 moins de quatre heures.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Figure 1<\/strong> : Taux d\u2019emploi (\u00e0 gauche) et nombre d\u2019heures de travail hebdomadaires (\u00e0 droite) en Suisse, chez les 25-34 ans, selon l\u2019ann\u00e9e de naissance<\/p>\n\n\n\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-4880\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-1.png\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"406\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-1.png 800w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-1-300x174.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-1-768x445.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/> <em>Donn\u00e9es : ESPA 1991\u20132024.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Remarque : les cohortes situ\u00e9es aux extr\u00e9mit\u00e9s ne sont pas observ\u00e9es \u00e0 tous les \u00e2ges : les lignes transparentes reposent sur deux \u00e0 neuf des dix \u00e2ges compris entre 25 et 34 ans, tandis que les lignes opaques reposent sur l\u2019ensemble des dix \u00e2ges. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la figure 2, nous passons de la quantit\u00e9 \u00e0 la qualit\u00e9 du travail et montrons comment le potentiel salarial des professions exerc\u00e9es (Occupational Earning Potential, OEP) des jeunes hommes et femmes a \u00e9volu\u00e9 d\u2019une cohorte \u00e0 l\u2019autre. Pour la cohorte n\u00e9e en 1965, l\u2019OEP des hommes s\u2019\u00e9levait \u00e0 50 et correspondait donc exactement \u00e0 la m\u00e9diane de l\u2019ensemble de la population active. Chez les femmes, il s\u2019\u00e9levait \u00e0 41 : elles exer\u00e7aient donc des professions dont le salaire m\u00e9dian d\u00e9passait celui de 41 % de la population active. Depuis lors, la situation professionnelle des jeunes femmes n\u2019a cess\u00e9 de s\u2019am\u00e9liorer, mais les jeunes hommes ont eux aussi b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la revalorisation de la structure professionnelle : pour la cohorte n\u00e9e en 1995, leur OEP s\u2019\u00e9levait \u00e0 55, contre 50 pour les femmes. L\u2019\u00e9cart entre les sexes s\u2019est ainsi r\u00e9duit de 9 \u00e0 5.7 points de centile entre les cohortes de 1965 et 1995. Contrairement \u00e0 ce qui se passe pour la participation \u00e0 l\u2019emploi et le temps de travail, ce rapprochement ne repose pas sur un recul chez les hommes, mais sur le fait que les femmes progressent plus rapidement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Figure 2 <\/strong>: Potentiel salarial des professions exerc\u00e9es (\u00e9chelle OEP), personnes \u00e2g\u00e9es de 25 \u00e0 34 ans, par ann\u00e9e de naissance<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"593\" height=\"347\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4881\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-2.png 593w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-2-300x176.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 593px) 100vw, 593px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Donn\u00e9es : ESPA 1991\u20132024.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les diff\u00e9rences en mati\u00e8re d\u2019activit\u00e9 professionnelle, de temps de travail et de profession peuvent \u00eatre r\u00e9sum\u00e9es en un seul indicateur : le revenu professionnel total des jeunes hommes et des jeunes femmes (figure 3, \u00e0 gauche).<sup><a id=\"post-4879-footnote-ref-2\" href=\"#post-4879-footnote-2\">[2]<\/a><\/sup> Dans la cohorte n\u00e9e en 1965, le revenu professionnel des jeunes femmes en Suisse n\u2019atteignait m\u00eame pas la moiti\u00e9 de celui des jeunes hommes. Port\u00e9s par la hausse de la participation des femmes au march\u00e9 du travail, leurs revenus ont progress\u00e9 de mani\u00e8re continue dans les cohortes suivantes pour atteindre un indice de 78 dans la cohorte n\u00e9e en 1995, tandis que ceux des hommes ont recul\u00e9 \u00e0 un indice de 90, parall\u00e8lement \u00e0 la diminution du temps de travail. L\u2019\u00e9cart de revenus entre les sexes s\u2019est ainsi r\u00e9duit de 55 % \u00e0 14 %. Ce rapprochement se poursuit et a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement rapide pour les deux derni\u00e8res cohortes, n\u00e9es en 1997 et 1998, que nous n\u2019observons toutefois qu\u2019entre 25 et 27 ans.<sup><a id=\"post-4879-footnote-ref-3\" href=\"#post-4879-footnote-3\">[3]<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>La figure 3 (\u00e0 droite) pr\u00e9sente, \u00e0 titre de comparaison, le salaire horaire des personnes actives \u00e2g\u00e9es de 25 \u00e0 34 ans. Cet indicateur, standardis\u00e9 en fonction du temps de travail, montre lui aussi un rapprochement d\u2019une cohorte \u00e0 l\u2019autre : l\u2019\u00e9cart est pass\u00e9 de pr\u00e8s de 20 % pour la cohorte de 1965 \u00e0 moins de 5 % pour celle de 1995.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Figure 3 <\/strong>: Revenu professionnel total de l\u2019ensemble des 25-34 ans, y compris les revenus nuls (\u00e0 gauche) Revenu professionnel horaire \u2013 uniquement les 25-34 ans en activit\u00e9 (\u00e0 droite)<br>\nToutes les valeurs sont index\u00e9es sur les hommes n\u00e9s en 1980 (= 100). <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-4882\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-3.png\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"403\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-3.png 800w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-3-300x173.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-3-768x442.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/p>\n\n\n\n<p><em>Donn\u00e9es : ESPA 1991\u20132024. <\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Exemple de lecture : le revenu professionnel moyen des hommes n\u00e9s en 1980 est fix\u00e9 \u00e0 100 ; une valeur de 47 pour les femmes n\u00e9es en 1965 signifie qu\u2019elles en per\u00e7oivent 47 %.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le rattrapage des jeunes femmes sur les jeunes hommes en mati\u00e8re de revenu professionnel suit-il en Suisse une \u00e9volution similaire \u00e0 celle observ\u00e9e ailleurs ? Nous r\u00e9pondons \u00e0 cette question \u00e0 l\u2019aide de donn\u00e9es sur le march\u00e9 du travail et de donn\u00e9es fiscales provenant de quatre autres pays occidentaux : la France, la Su\u00e8de, le Royaume-Uni et les \u00c9tats-Unis. La figure 4 montre qu\u2019en Suisse, l\u2019\u00e9cart entre les revenus professionnels des femmes et ceux des hommes \u00e9tait le deuxi\u00e8me plus important pour la cohorte n\u00e9e en 1965, avec 55 % ; seul le Royaume-Uni affichait un \u00e9cart encore plus \u00e9lev\u00e9, \u00e0 59 %. En France, en Su\u00e8de et aux \u00c9tats-Unis, il se situait entre 37 % et 40 %. Par la suite, les jeunes femmes ont r\u00e9duit leur retard dans tous les pays, et ce de mani\u00e8re particuli\u00e8rement marqu\u00e9e en Suisse. Pour la cohorte n\u00e9e en 1995, la Suisse affiche l\u2019\u00e9cart le plus faible des cinq pays, \u00e0 14 %, suivie de la France (16 %), de la Su\u00e8de (18 %), des \u00c9tats-Unis (21 %) et du Royaume-Uni (23 %). Une analyse de d\u00e9composition montre que le rapprochement des revenus professionnels s\u2019explique en grande partie par une augmentation du nombre d\u2019heures travaill\u00e9es par les femmes et, dans une moindre mesure, par une r\u00e9duction des \u00e9carts entre les salaires horaires (voir Lipps et al. 2026).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Figure 4 : <\/strong>\u00c9cart entre les femmes et les hommes en termes de revenu professionnel total (y compris le revenu nul des personnes inactives), 25-34 ans, cohortes de naissance de 1965 et 1995<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"783\" height=\"425\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/figure-4-ecart-entre-les-femmes-et-les-hommes-en.png\" alt=\"Figure 4 : \u00c9cart entre les femmes et les hommes en termes de revenu professionnel total, cohortes 1965 et 1995\" class=\"wp-image-4883\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/figure-4-ecart-entre-les-femmes-et-les-hommes-en.png 783w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/figure-4-ecart-entre-les-femmes-et-les-hommes-en-300x163.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/figure-4-ecart-entre-les-femmes-et-les-hommes-en-768x417.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 783px) 100vw, 783px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Donn\u00e9es : Enqu\u00eate Emploi 1990\u20132023 (France), registres fiscaux 1980\u20132021 (Su\u00e8de), ESPA 1991\u20132024 (Suisse), LFS 1993\u20132024 (Royaume-Uni), CPS 1962\u20132024 (\u00c9tats-Unis).<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9cart entre les sexes en mati\u00e8re de revenu professionnel total est bien plus important chez les parents que chez les personnes sans enfants. La naissance d\u2019enfants entra\u00eene une divergence entre les parcours professionnels des hommes et des femmes. Mais l\u00e0 encore, l\u2019\u00e9cart s\u2019est r\u00e9duit d\u2019une cohorte \u00e0 l\u2019autre. La figure 5 montre que, pour la Suisse, l\u2019\u00e9cart de revenus dans la cohorte de 1965 \u00e9tait de 27 % chez les jeunes femmes et hommes sans enfants et de 78 % chez les jeunes femmes et hommes avec enfants. Pour la cohorte de 1995, il est tomb\u00e9 \u00e0 7 % dans le premier groupe et \u00e0 51 % dans le deuxi\u00e8me. En comparaison internationale, l\u2019\u00e9cart de revenus chez les jeunes parents suisses de la cohorte de 1995 est similaire \u00e0 celui observ\u00e9 en Su\u00e8de (55 %), aux \u00c9tats-Unis (47 %) et au Royaume-Uni (51 %), mais sup\u00e9rieur \u00e0 celui de la France (37 % ; voir Lipps et al. 2026).<\/p>\n\n\n\n<p>La baisse de la natalit\u00e9 et le recul de l\u2019\u00e2ge \u00e0 la premi\u00e8re naissance peuvent r\u00e9duire l\u2019\u00e9cart entre les sexes dans une comparaison entre cohortes, car la proportion de personnes sans enfants augmente dans les cohortes plus jeunes. L\u2019\u00e9cart de revenus a toutefois nettement diminu\u00e9 dans les deux groupes. Cela contredit l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle cet effet de composition serait la cause principale de la convergence.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Figure 5 : <\/strong>Revenus professionnels des 25-34 ans avec enfants (\u00e0 gauche) et sans enfants (\u00e0 droite) par ann\u00e9e de naissance (indice : hommes n\u00e9s en 1980 = 100) <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-4884\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-5.png\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"409\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-5.png 796w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-5-300x175.png 300w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-5-768x449.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/p>\n\n\n\n<p><em>Donn\u00e9es : ESPA 1991\u20132024. <\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusions<\/h2>\n\n\n\n<p>Le point de d\u00e9part de cet article \u00e9tait de savoir si les progr\u00e8s consid\u00e9rables r\u00e9alis\u00e9s par les femmes en mati\u00e8re de formation s\u2019accompagnaient \u00e9galement de meilleurs r\u00e9sultats sur le march\u00e9 du travail. \u00c0 partir de l\u2019ensemble des enqu\u00eates ESPA men\u00e9es entre 1991 et 2024, nous avons examin\u00e9 cette question pour les jeunes femmes et les jeunes hommes dans une perspective de cohorte.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez les 25-34 ans en Suisse, on observe, au fil des g\u00e9n\u00e9rations, un resserrement de l\u2019\u00e9cart entre les sexes. L\u2019\u00e9cart entre les sexes en mati\u00e8re de taux d\u2019emploi s\u2019est r\u00e9duit, passant d\u2019environ 22 points de pourcentage pour la g\u00e9n\u00e9ration n\u00e9e en 1965 \u00e0 quelques points pour celle n\u00e9e en 1995, le taux des femmes ayant augment\u00e9 tandis que celui des hommes a l\u00e9g\u00e8rement recul\u00e9. En ce qui concerne le temps de travail, les jeunes femmes l\u2019ont augment\u00e9 d\u2019environ huit heures par semaine, tandis que les jeunes hommes l\u2019ont r\u00e9duit de cinq heures ; l\u2019\u00e9cart est ainsi pass\u00e9 d\u2019environ 17 heures \u00e0 moins de quatre heures. Le potentiel salarial des professions exerc\u00e9es a augment\u00e9 pour les deux sexes, mais plus rapidement pour les femmes. Le rapprochement est particuli\u00e8rement net lorsqu\u2019on examine l\u2019indicateur le plus complet, \u00e0 savoir le revenu professionnel total, y compris les revenus nuls des personnes inactives: l\u2019\u00e9cart entre jeunes femmes et jeunes hommes est pass\u00e9 de 55 % pour la cohorte de 1965 \u00e0 14 % pour celle de 1995. Une analyse r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir du Panel suisse de m\u00e9nages confirme cette convergence.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la comparaison entre les cinq pays, la Suisse pr\u00e9sentait, pour la cohorte de 1965, l\u2019\u00e9cart de revenus le plus important apr\u00e8s celui du Royaume-Uni. Par la suite, le processus de rattrapage a \u00e9t\u00e9 le plus rapide en Suisse, de sorte qu\u2019elle affiche, pour la cohorte de 1995, l\u2019\u00e9cart le plus faible des cinq pays \u2013 m\u00eame si les diff\u00e9rences entre les pays sont minimes. La litt\u00e9rature en sciences sociales met souvent l\u2019accent sur les diff\u00e9rences institutionnelles au niveau du march\u00e9 du travail et de l\u2019\u00c9tat social. En revanche, les moteurs communs \u2013 l\u2019expansion de l\u2019\u00e9ducation et l\u2019\u00e9volution des normes de genre \u2013 sont peut-\u00eatre sous-estim\u00e9s. Le fait que le rattrapage s\u2019op\u00e8re de mani\u00e8re continue d\u2019une cohorte \u00e0 l\u2019autre \u2013 et non par \u00e0-coups comme apr\u00e8s des r\u00e9formes institutionnelles qui touchent simultan\u00e9ment toutes les tranches d\u2019\u00e2ge \u2013 plaide en faveur du r\u00f4le de l\u2019expansion de l\u2019\u00e9ducation.<\/p>\n\n\n\n<p>La parentalit\u00e9 reste toutefois une ligne de d\u00e9marcation d\u00e9cisive : les jeunes m\u00e8res per\u00e7oivent des revenus professionnels bien inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux des p\u00e8res du m\u00eame \u00e2ge, tandis que l\u2019\u00e9cart chez les personnes sans enfants \u00e9tait nettement plus faible d\u00e8s le d\u00e9part et a continu\u00e9 de se r\u00e9duire. Mais m\u00eame entre m\u00e8res et p\u00e8res, l\u2019\u00e9cart s\u2019est consid\u00e9rablement r\u00e9duit d\u2019une cohorte \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes femmes restent donc \u00e0 la tra\u00eene par rapport aux jeunes hommes en termes de revenu professionnel total, bien qu\u2019elles les aient d\u00e9pass\u00e9s dans le domaine de l\u2019\u00e9ducation ; en revanche, en ce qui concerne le salaire horaire des personnes actives, l\u2019\u00e9cart entre les sexes a pratiquement disparu dans les cohortes les plus r\u00e9centes. Les jeunes hommes sont encore en t\u00eate, mais la tendance est en faveur des jeunes femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les analyses comparant les ann\u00e9es civiles sur l\u2019ensemble de la population active sous-estiment cette convergence. Elles regroupent des cohortes de naissance aux profils \u00e9ducatifs tr\u00e8s diff\u00e9rents, alors que c\u2019est le renouvellement des cohortes qui est le moteur du changement social. Les cohortes n\u00e9es dans les ann\u00e9es 1990 pr\u00e9sentent des \u00e9carts entre les sexes nettement moins marqu\u00e9s en mati\u00e8re de participation \u00e0 l\u2019emploi, de temps de travail, de statut professionnel et de revenus du travail que les cohortes des ann\u00e9es 1980. Celles-ci pr\u00e9sentent \u00e0 leur tour des \u00e9carts moins marqu\u00e9s que les cohortes des ann\u00e9es 1960 et 1970. Toutefois, nous n\u2019observons ici que les premi\u00e8res ann\u00e9es sur le march\u00e9 du travail et il est possible que l\u2019\u00e9cart se creuse \u00e0 nouveau chez les jeunes femmes et hommes d\u2019aujourd\u2019hui lorsqu\u2019ils deviendront parents. L\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les sexes sur le march\u00e9 du travail n\u2019est pas encore atteinte, en particulier chez les parents, mais le rattrapage se poursuit \u00e0 un rythme soutenu.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Annexe<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Figure A.1 : <\/strong>Revenus professionnels des 25-34 ans par ann\u00e9e de naissance (indice : hommes n\u00e9s en 1980 = 100), Panel suisse de m\u00e9nages (PSM), 1999-2024<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"606\" height=\"344\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-6.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4885\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-6.png 606w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/word-image-4879-6-300x170.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 606px) 100vw, 606px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Un OEP de 80 (pour les ing\u00e9nieurs) ou de 35 (pour les secr\u00e9taires) signifie que le revenu m\u00e9dian de cette profession est sup\u00e9rieur \u00e0 celui de 80 % et de 35 % de la population active, respectivement. Cette \u00e9chelle repose sur des donn\u00e9es relatives au march\u00e9 du travail provenant d\u2019Allemagne, de Su\u00e8de, de Suisse, du Royaume-Uni et des \u00c9tats-Unis, incluant toutes les ann\u00e9es 2000 \u00e0 2021 (Oesch et al. 2026). <a href=\"#post-4879-footnote-ref-1\">\u2191<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>L\u2019OCDE (2018 : 242) d\u00e9compose de mani\u00e8re analogue l\u2019\u00e9cart entre les sexes au niveau du revenu professionnel total par habitant en une part li\u00e9e \u00e0 l\u2019activit\u00e9 professionnelle, une part li\u00e9e au temps de travail et une part li\u00e9e au salaire horaire, cette derni\u00e8re \u00e9tant influenc\u00e9e par la profession. <a href=\"#post-4879-footnote-ref-2\">\u2191<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>La figure A.1 en annexe reproduit l\u2019\u00e9volution des revenus du travail des 25-34 ans \u00e0 partir du Panel suisse de m\u00e9nages (PSM, 1999\u20132024) et montre la m\u00eame tendance : une l\u00e9g\u00e8re baisse des revenus des hommes et une forte hausse de ceux des femmes, qui se chevauchent dans la derni\u00e8re cohorte observ\u00e9e, celle de 1996. <a href=\"#post-4879-footnote-ref-3\">\u2191<\/a><\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Jusqu\u2019\u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle, dans la plupart des pays occidentaux, les jeunes hommes \u00e9taient plus nombreux que les jeunes femmes \u00e0 d\u00e9tenir un dipl\u00f4me de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur. Aujourd\u2019hui, c\u2019est l\u2019inverse \u2013 non seulement en Suisse, mais dans l\u2019ensemble des 38 pays de l\u2019OCDE (OCDE 2024a). 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