{"id":576,"date":"2015-10-07T04:15:02","date_gmt":"2015-10-07T02:15:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/?p=576"},"modified":"2022-12-23T12:38:40","modified_gmt":"2022-12-23T10:38:40","slug":"levolution-des-inegalites-de-revenus-en-suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/?p=576","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9volution des in\u00e9galit\u00e9s de revenus en Suisse"},"content":{"rendered":"<h2>Introduction<\/h2>\n<p>L\u2019analyse des in\u00e9galit\u00e9s de revenus est un th\u00e8me de recherche central en sociologie et en \u00e9conomie. Dans la plupart des pays, le foss\u00e9 entre pauvres et riches s\u2019est creus\u00e9 depuis 1970 (voir notamment Salverda et al. 2014, Nolan et al. 2014), ce qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 des d\u00e9bats sociaux et \u00e9conomiques controvers\u00e9s. \u00c9tonnamment, on sait comparativement peu de choses sur l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des revenus en Suisse.<\/p>\n<p>Dans cet article, nous consid\u00e9rons l\u2019\u00e9volution des in\u00e9galit\u00e9s de revenus en Suisse de 1990 \u00e0 2012. Nous nous concentrons d\u2019abord sur le revenu disponible[1] des m\u00e9nages, qui mesure le niveau de vie. Deuxi\u00e8mement, nous consid\u00e9rons les revenus individuels du travail, \u00e9tant donn\u00e9 que les salaires repr\u00e9sentent la plus importante source de revenu. Dans de nombreux pays, les in\u00e9galit\u00e9s de salaires ont augment\u00e9. Cela s\u2019explique entre autres par l\u2019externalisation et la r\u00e9duction des emplois pour les personnes les moins qualifi\u00e9es suite au processus de mondialisation ou en raison des progr\u00e8s technologiques. Ceci a conduit \u00e0 une pression sur la r\u00e9mun\u00e9ration du travail non qualifi\u00e9, pendant que parall\u00e8lement les revenus les plus hauts ont connu une croissance au-dessus de la moyenne. Par contre, l\u2019influence de la (d\u00e9-)r\u00e9gularisation du march\u00e9 de l\u2019emploi sur les in\u00e9galit\u00e9s de salaire est moins claire.<\/p>\n<p>Si la distribution in\u00e9gale des revenus des m\u00e9nages est principalement due aux diff\u00e9rences de salaire, de nombreux autres facteurs sont \u00e0 consid\u00e9rer. Pour cette raison, les in\u00e9galit\u00e9s du revenu disponible des m\u00e9nages peuvent suivre une autre \u00e9volution que celles des salaires individuels. Le fait de travailler ou non, et pendant combien de temps, joue en particulier un grand r\u00f4le. Ainsi, par exemple, l\u2019activit\u00e9 professionnelle croissante des femmes a g\u00e9n\u00e9ralement un effet compensatoire sur la distribution du revenu des m\u00e9nages (Harkness 2013). En outre, le vieillissement de la population et la structure des m\u00e9nages (principalement l\u2019augmentation du nombre de m\u00e9nages individuels et monoparentaux) influencent \u00e9galement la distribution du revenu des m\u00e9nages, tout comme la redistribution par les imp\u00f4ts, ainsi que les rentes et les assurances sociales. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, l\u2019influence de ces facteurs en Suisse a rarement \u00e9t\u00e9 examin\u00e9e.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la tendance mondiale d&#8217;une plus grande in\u00e9galit\u00e9 des revenus, il existe de fortes disparit\u00e9s entre les diff\u00e9rents pays. En Suisse, l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 tant du revenu du travail que du revenu des m\u00e9nages est l\u00e9g\u00e8rement au-dessus de la moyenne (OCDE 2008 et 2011). Les grandes \u00e9tudes transnationales ne contiennent toutefois pas d&#8217;indications sur l\u2019\u00e9volution des in\u00e9galit\u00e9s en Suisse (par exemple OCDE 2008 et 2011, Salverda et al. 2014, Nolan et al. 2014). Certes, diff\u00e9rents articles ont rendu compte des changements en Suisse, mais ils se rapportent pour la plupart \u00e0 des p\u00e9riodes temporelles courtes et \u00e0 des sources de donn\u00e9es diff\u00e9rentes, ce qui conduit \u00e0 des r\u00e9sultats en partie contradictoires et rend l\u2019obtention d\u2019une vue d&#8217;ensemble plus difficile.<\/p>\n<p>La plus longue s\u00e9rie temporelle disponible sur les in\u00e9galit\u00e9s des revenus en Suisse se rapporte \u00e0 la part des revenus des 0.1 \u00e0 10 pour cent les plus riches depuis 1933 et est mesur\u00e9e par les donn\u00e9es fiscales (Dell et al. 2007 et F\u00f6llmi et Martinez 2013). Dans cette perspective historique, une in\u00e9galit\u00e9 haute et stable se constate pour la Suisse, \u00e9tant donn\u00e9 que la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale a relativement peu chang\u00e9 la structure des revenus et de la fortune, que les imp\u00f4ts sont peu progressifs et les imp\u00f4ts de succession d&#8217;importance mineure. Dans les ann\u00e9es 1970 l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des revenus a l\u00e9g\u00e8rement baiss\u00e9, mais dans les ann\u00e9es 1980 elle a de nouveau l\u00e9g\u00e8rement augment\u00e9, et en 2007 elle a atteint son niveau le plus haut depuis 1920, selon ces \u00e9tudes.<\/p>\n<p>La plupart des \u00e9tudes sur l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des revenus en Suisse reposent sur les donn\u00e9es fiscales (par exemple Buchman et Sacchi 1995, Gorgas et Schaltegger 2014), qui se basent sur les unit\u00e9s fiscales et non sur les m\u00e9nages, ce qui rend l\u2019interpr\u00e9tation difficile. De plus, les donn\u00e9es fiscales ne donnent pas de renseignements sur le revenu disponible des m\u00e9nages. C&#8217;est pourquoi, depuis les ann\u00e9es 1990, on a davantage recours \u00e0 des donn\u00e9es d\u2019enqu\u00eate pour mesurer le revenu des m\u00e9nages. Alors que les donn\u00e9es fiscales couvrent l\u2019entier de la population suisse, les enqu\u00eates reposent g\u00e9n\u00e9ralement sur un \u00e9chantillon de quelques milliers de m\u00e9nages. Par cons\u00e9quent, les tr\u00e8s hauts revenus en particulier ne sont pas suffisamment repr\u00e9sent\u00e9s. L&#8217;analyse la plus d\u00e9taill\u00e9e de la distribution du revenu des m\u00e9nages se trouve dans l&#8217;\u00e9tude nationale sur la pauvret\u00e9 de Leu et al. (1997), qui montre une augmentation de l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 entre 1982 et 1992 (r\u00e9sultat qui se retrouve aussi chez Hischier et Zwicky 1992, Ernst et al. 2000, Z\u00fcrcher 2004). Alors qu&#8217;il n&#8217;y a presque pas d&#8217;\u00e9tudes pour les ann\u00e9es 1990 (\u00e0 l&#8217;exception de Ecoplan 2004), diff\u00e9rents articles novateurs montrent une distribution des revenus relativement stable depuis 1998 ou 2000 (Ecoplan 2004, Grabka et Kuhn 2012, Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique 2014 et 2015a).<\/p>\n<p>En outre, plusieurs chercheurs se sont pench\u00e9s sur l\u2019in\u00e9galit\u00e9 de salaire en Suisse (par exemple Atkinson 2008, K\u00fcng Gugler et Blank 2000, Z\u00fcrcher 2007). Selon ces \u00e9tudes, l\u2019in\u00e9galit\u00e9 de salaire a l\u00e9g\u00e8rement diminu\u00e9 dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 des ann\u00e9es 1990, mais a de nouveau augment\u00e9 dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9. Depuis 2000, les salaires sont distribu\u00e9s de plus en plus in\u00e9galement, ce dont les hauts revenus sont avant tout responsables (F\u00f6llmi et Martinez 2013).<\/p>\n<h2>Donn\u00e9es et m\u00e9thode<\/h2>\n<p>Dans cet article, nous ne nous limitons pas \u00e0 une unique source de donn\u00e9es contrairement aux \u00e9tudes pr\u00e9c\u00e9dentes, mais nous comparons syst\u00e9matiquement de grands bases de donn\u00e9es distinctes et ce sur 20 ans. Les huit bases de donn\u00e9es utilis\u00e9es sont bri\u00e8vement d\u00e9crites et compar\u00e9es en annexe.<\/p>\n<p>Ces bases de donn\u00e9es se diff\u00e9rencient consid\u00e9rablement en ce qui concernant le type d\u2019enqu\u00eate, la p\u00e9riode couverte, la taille de l&#8217;\u00e9chantillon, le degr\u00e9 de d\u00e9tail concernant le revenu, le traitement des donn\u00e9es et bien davantage encore. Par cons\u00e9quent, le niveau de l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 des revenus peut varier entre ces sources de donn\u00e9es. Malgr\u00e9 ces diff\u00e9rences, si l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 des revenus en Suisse s&#8217;est bien renforc\u00e9e, cela devrait se refl\u00e9ter dans toutes les diff\u00e9rentes sources de donn\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour les revenus du travail, il existe des s\u00e9ries de donn\u00e9es relativement coh\u00e9rentes depuis les ann\u00e9es 1990 gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;Enqu\u00eate suisse sur la population active (ESPA) et \u00e0 l&#8217;Enqu\u00eate suisse sur la structure des salaires (ESS). En revanche, pour le revenu disponible des m\u00e9nages, des donn\u00e9es longitudinales fiables sont disponibles seulement depuis la fin des ann\u00e9es 1990. L&#8217;Enqu\u00eate sur le budget des m\u00e9nages (EBM) est r\u00e9guli\u00e8rement men\u00e9e depuis 1998, le Panel suisse de m\u00e9nages (PSM) depuis 1999 et SILC (Statistics on Income and Living Conditions, en fran\u00e7ais&nbsp;: Revenus et conditions de vie en Suisse) depuis 2007. Pour couvrir l&#8217;\u00e9volution depuis les ann\u00e9es 1990, en plus de l&#8217;enqu\u00eate nationale sur la pauvret\u00e9 (1992), les donn\u00e9es fiscales et de l&#8217;enqu\u00eate sur la consommation de 1990, nous tenons surtout compte des donn\u00e9es de l\u2019ESPA et de l&#8217;Enqu\u00eate suisse sur la sant\u00e9, qui reposent cependant toutes deux sur une question unique concernant le revenu net des m\u00e9nages.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des donn\u00e9es, la mesure de l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 des revenus joue \u00e9galement un r\u00f4le central. Par exemple, l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 peut augmenter lorsque le revenu des m\u00e9nages les plus pauvres baisse ou que celui des riches monte au-dessus de la moyenne. Les indicateurs d&#8217;in\u00e9galit\u00e9 existants tiennent compte diff\u00e9remment de tels changements. Nous utilisons premi\u00e8rement le coefficient de Gini qui repr\u00e9sente la mesure la plus connue de l&#8217;in\u00e9galit\u00e9. Le coefficient de Gini peut varier entre 0 et 1, le 0 d\u00e9crivant une soci\u00e9t\u00e9 avec une distribution parfaitement \u00e9galitaire dans laquelle tous disposent d&#8217;un m\u00eame revenu, et le 1 indiquant l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 maximale. Le coefficient de Gini est particuli\u00e8rement sensible aux changements au centre de la distribution des revenus. En revanche, lorsque les plus hauts revenus augmentent tr\u00e8s fortement \u2013 ce qui a \u00e9t\u00e9 le cas ces derni\u00e8res ann\u00e9es \u2013, le coefficient de Gini ne r\u00e9agit que relativement faiblement. Nous montrons deuxi\u00e8mement l&#8217;\u00e9volution des revenus pour les revenus bas (les 10% les plus bas), moyens (m\u00e9diane) et hauts (top 1% et top 10%), afin de pouvoir mieux interpr\u00e9ter les changements.<\/p>\n<h2>L\u2019\u00e9volution du revenu des m\u00e9nages<\/h2>\n<p>Nous observons premi\u00e8rement les in\u00e9galit\u00e9s du revenu disponible des m\u00e9nages. Pour calculer ce revenu disponible, on additionne d&#8217;abord les revenus de tous les membres du m\u00e9nage (revenus du travail, revenus du capital, rentes, aides sociales, bourses et transferts priv\u00e9s), et on soustrait les imp\u00f4ts, les cotisations pour les assurances sociales et les primes de l&#8217;assurance-maladie obligatoire. Pour pouvoir mieux comparer les revenus des m\u00e9nages de tailles diff\u00e9rentes, nous utilisons le revenu d\u2019\u00e9quivalence selon l&#8217;\u00e9chelle modifi\u00e9e de l\u2019OCDE, comme c&#8217;est habituel dans la recherche sur les in\u00e9galit\u00e9s[2]. La figure 1 montre le coefficient de Gini en fonction des diff\u00e9rentes sources de donn\u00e9es. Tout d&#8217;abord, on remarque de grandes diff\u00e9rences entre les enqu\u00eates. En particulier, l\u2019ESPA et les donn\u00e9es fiscales montrent syst\u00e9matiquement une plus grande in\u00e9galit\u00e9 que les autres sources de donn\u00e9es, ce qui tient \u00e0 plusieurs raisons. Tout d\u2019abord, ces deux bases de donn\u00e9es ne recensent pas les effets de redistribution des imp\u00f4ts et des primes d\u2019assurance maladie puisqu\u2019elles se rapportent au revenu net. De plus, dans l\u2019ESPA, les erreurs de mesure ne sont pas corrig\u00e9es et les valeurs manquantes ne sont pas imput\u00e9es. Les donn\u00e9es fiscales, quant \u00e0 elles, sous-estiment avant tout les bas et moyens revenus (par exemple le revenu m\u00e9dian dans le Tableau 1). En outre, elles reposent sur les unit\u00e9s fiscales (c\u00e9libataire ou mari\u00e9) qui ne correspondent pas toujours aux m\u00e9nages. Le partage des revenus \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des m\u00e9nages n\u2019est donc pris en compte que de fa\u00e7on limit\u00e9e (par exemple pour les couples en concubinat ou les enfants adultes).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Figure-1_Coefficient-de-Gini.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-586\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Figure-1_Coefficient-de-Gini.png\" alt=\"Figure 1_Coefficient de Gini\" width=\"691\" height=\"521\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Figure-1_Coefficient-de-Gini.png 691w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Figure-1_Coefficient-de-Gini-300x226.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 691px) 100vw, 691px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Cependant, concernant l\u2019\u00e9volution des in\u00e9galit\u00e9s de revenus, ces diff\u00e9rences entre les sources de donn\u00e9es sont moins pertinentes. Notons un point int\u00e9ressant&nbsp;: le coefficient de Gini \u00e9volue parall\u00e8lement aux cycles de l\u2019\u00e9conomie: l\u2019in\u00e9galit\u00e9 du revenu disponible des m\u00e9nages s\u2019accroit \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990, revient en arri\u00e8re au d\u00e9but du nouveau mill\u00e9naire, augmente \u00e0 nouveau dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 des ann\u00e9es 2000 jusqu\u2019en 2007 et \u00e9volue depuis la crise financi\u00e8re et \u00e9conomique de 2008 de fa\u00e7on relativement stable, voire l\u00e9g\u00e8rement en recul.<\/p>\n<p>A l\u2019exception des donn\u00e9es fiscales, l\u2019\u00e9volution \u00e0 long terme montre une distribution relativement stable du revenu disponible des m\u00e9nages. L\u2019ampleur de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 est en 2012 \u00e0 un niveau similaire \u00e0 celui du d\u00e9but des ann\u00e9es 1990. En revanche, l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des revenus dans les donn\u00e9es fiscales augmente clairement et a m\u00eame cr\u00fb davantage depuis 2009. Cela repose en partie sur un accroissement au-dessus de la moyenne des revenus extr\u00eamement hauts, qui sont moins bien refl\u00e9t\u00e9s dans les autres sources de donn\u00e9es. Comme le Tableau 1 l\u2019illustre, le revenu r\u00e9el moyen (c\u2019est-\u00e0-dire apr\u00e8s correction de l\u2019inflation) du d\u00e9cile sup\u00e9rieur des revenus (top 10%) a cr\u00fb de 20% dans les donn\u00e9es fiscales entre 1998 et 2011, alors que le revenu m\u00e9dian a augment\u00e9 de 4.4% seulement au cours de la m\u00eame p\u00e9riode. En comparaison, le revenu m\u00e9dian selon l\u2019EBM a augment\u00e9 durant la m\u00eame p\u00e9riode de 14.1%. Depuis 2006 \u00e9galement, le revenu m\u00e9dian cro\u00eet plus fortement dans les donn\u00e9es d\u2019enqu\u00eate que dans les donn\u00e9es fiscales[3]. Par cons\u00e9quent, la plus haute in\u00e9galit\u00e9 dans les donn\u00e9es fiscales d\u00e9coule non seulement des hauts revenus mais \u00e9galement de la sous-estimation des bas revenus.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Tableau-1.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-590\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Tableau-1.png\" alt=\"Tableau 1\" width=\"700\" height=\"429\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Tableau-1.png 700w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Tableau-1-300x183.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Comme le revenu moyen du d\u00e9cile sup\u00e9rieur est fortement influenc\u00e9 par quelques montants tr\u00e8s hauts, il \u00e9volue diff\u00e9rement dans les diff\u00e9rentes enqu\u00eates. Chez les bas revenus \u00e9galement, il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9volution uniforme[4]. Il apparait toutefois que, dans l\u2019ensemble, toutes les classes de revenu connaissent une croissance de leur revenu, et ceci de mani\u00e8re significative. Des revenus en baisse ne s\u2019observent ni chez les plus pauvres, ni dans la classe moyenne[5]. D\u2019autres analyses d\u00e9taill\u00e9es indiquent \u00e9galement une distribution stable des revenus tout en bas de la distribution des revenus (Suter et al, \u00e0 para\u00eetre).<\/p>\n<h2>L\u2019\u00e9volution des revenus du travail<\/h2>\n<p>Apr\u00e8s le revenu disponible des m\u00e9nages, nous consid\u00e9rons les in\u00e9galit\u00e9s de revenus individuels du travail. Nous comparons dans la Figure 2 les coefficients de Gini des salaires mensuels de quatre enqu\u00eates: l\u2019ESPA, l&#8217;Enqu\u00eate sur la structure des salaires (ESS), le PSM et SILC. Pour l\u2019ESS, nous pr\u00e9sentons \u00e9galement la distributions des salaires horaires.<\/p>\n<p>L\u2019in\u00e9galit\u00e9 des salaires est certes influenc\u00e9e par la conjoncture \u00e9conomique, mais cet effet est plus faible que pour le revenu des m\u00e9nages. Au contraire du revenu des m\u00e9nages, les sources de donn\u00e9es se diff\u00e9rencient par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9volution temporelle des in\u00e9galit\u00e9s. Alors que les enqu\u00eates aupr\u00e8s des personnes (ESPA, PSM, SILC) montrent une stabilit\u00e9, les donn\u00e9es de l\u2019ESS indiquent une augmentation de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 salariale qui a aussi \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e dans de nombreux autres pays.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Figure-2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-591\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Figure-2.png\" alt=\"Figure 2\" width=\"690\" height=\"480\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Figure-2.png 690w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Figure-2-300x208.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 690px) 100vw, 690px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Nous consid\u00e9rons d\u2019abord la distribution des salaires dans l\u2019ESS plus en d\u00e9tails. L\u2019ESS est particuli\u00e8rement adapt\u00e9e pour mettre en \u00e9vidence l\u2019\u00e9volution des salaires horaires, puisqu\u2019elle repose sur un \u00e9chantillon beaucoup plus grand et qu\u2019elle est moins influenc\u00e9e par les erreurs de mesure que les enqu\u00eates aupr\u00e8s des personnes. Comme la distribution des salaires est influenc\u00e9e \u00e0 la fois par les salaires horaires et le nombre d\u2019heures travaill\u00e9es, l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des salaires horaires est inf\u00e9rieure \u00e0 l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des salaires vers\u00e9s mensuellement. Entre 1994 et 2012, l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des salaires horaires a augment\u00e9 presque autant (0.03 points du coefficient de Gini, ou 16%) que l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des salaires mensuels (0.05 points du coefficient de Gini, ou 19%). Alors que la hausse de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des salaires entre 2000 et 2006 s\u2019explique avant tout par une augmentation du travail \u00e0 temps partiel, la variance des heures travaill\u00e9es a, pour la premi\u00e8re fois, diminu\u00e9 entre 2010 et 2012 et men\u00e9 \u00e0 une l\u00e9g\u00e8re baisse de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des salaires mensuels. En revanche, l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des salaires horaires a fortement augment\u00e9 avant tout entre 2006 et 2008 ainsi qu\u2019entre 2010 et 2012. Toutefois, comme l\u2019ESS a connu une r\u00e9vision entre 2010 et 2012, nous ne pouvons pas exclure des effets de m\u00e9thode sur la hausse mesur\u00e9e entre ces deux ann\u00e9es. Pour pouvoir mieux interpr\u00e9ter l\u2019augmentation desin\u00e9galit\u00e9 de salaires, nous comparons \u00e0 nouveau l\u2019\u00e9volution des revenus en bas, au milieu et en haut de la distribution. Pour cela, les salaires sont calcul\u00e9s pour un temps plein. Le Tableau 2 montre premi\u00e8rement que les plus hauts salaires ont connu une croissance au-dessus de la moyenne. Deuxi\u00e8mement, les bas salaires r\u00e9els ont stagn\u00e9 depuis 2004. Par cons\u00e9quent, les changements tant en bas qu\u2019en haut de la distribution des salaires expliquent la hausse dans l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des salaires horaires.<\/p>\n<p>Au contraire des donn\u00e9es de l\u2019ESS, l\u2019in\u00e9galit\u00e9 salariale dans les enqu\u00eates aupr\u00e8s des personnes (ESPA, PSM, SILC) est relativement stable depuis le milieu des ann\u00e9es 1990. Depuis 2007, les diff\u00e9rences de salaire sont m\u00eame l\u00e9g\u00e8rement en recul. Les salaires horaires dans ces enqu\u00eates sont relativement stables. Nous ne pouvons observer de hausse de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des salaires entre 2010 et 2012 comme c\u2019est le cas dans l\u2019ESS.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Tableau-2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-593\" src=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Tableau-2.png\" alt=\"Tableau 2\" width=\"698\" height=\"421\" srcset=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Tableau-2.png 698w, https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Tableau-2-300x180.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 698px) 100vw, 698px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Il existe diff\u00e9rentes explications pour comprendre les r\u00e9sultats divergents dans l\u2019ESS d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et dans les enqu\u00eates aupr\u00e8s des personnes de l\u2019autre, et il est a priori difficile de dire quelle source de donn\u00e9es est plus exacte ou moins entach\u00e9e d\u2019erreurs. Premi\u00e8rement, les personnes qui travaillent comme employ\u00e9-e-s de m\u00e9nages priv\u00e9s ou dans des entreprises de moins de trois employ\u00e9s ne sont pas inclues dans l\u2019ESS. Deuxi\u00e8mement, le salaire d\u2019une personne avec deux emplois (\u00e0 temps partiel) est trait\u00e9 comme deux salaires ind\u00e9pendants, ce qui conduit \u00e0 une surestimation de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des salaires en ce qui concerne le revenu mensuel. Avec l\u2019augmentation du travail \u00e0 temps partiel et des emplois temporaires, cet effet pourrait \u00eatre renforc\u00e9. Troisi\u00e8mement, les salaires extr\u00eamement hauts sont mieux pris en compte dans l\u2019ESS (grand \u00e9chantillon, moins d\u2019erreurs de mesure, comptabilisation des bonus et des composantes non mon\u00e9taire des salaires).<\/p>\n<p>Le Tableau 2 montre que l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des salaires croissante dans l\u2019ESS est, en effet, due en grande partie \u00e0 l\u2019\u00e9volution des hauts salaires. D\u2019ailleurs, les salaires r\u00e9els bas et moyens ont aussi augment\u00e9 de 14-18% entre 1994 et 2012, mais dans le top 10%, le salaire r\u00e9el a augment\u00e9 de 41% et a m\u00eame doubl\u00e9 pour le pour cent le plus haut[6]. En m\u00eame temps, les salaires les plus bas ont stagn\u00e9 depuis 2006.<\/p>\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>Cet article compare l\u2019\u00e9volution de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des revenus en Suisse de 1990 \u00e0 2012 en se basant sur huit sources de donn\u00e9es diff\u00e9rentes. Concernant le revenu disponible d\u2019\u00e9quivalence des m\u00e9nages, les diff\u00e9rentes enqu\u00eates montrent de grandes diff\u00e9rences en ce qui concerne l\u2019amplitude de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 des revenus. Cependant, l\u2019\u00e9volution sur 20 ans donne un tableau coh\u00e9rent. Dans l\u2019ensemble, les in\u00e9galit\u00e9s du revenu des m\u00e9nages est actuellement environ aussi haute qu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990. Toutefois, elle augmente dans les ann\u00e9es de croissance (1998\u20132001, 2004\u20132007) et se maintient stable durant les r\u00e9cessions \u00e9conomiques ou recule l\u00e9g\u00e8rement (d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, 2002\u20132003, 2008\u20132009). Cette influence de la conjoncture \u00e9conomique repose, d\u2019une part, sur un effet compensatoire de la politique sociale, qui stabilise les revenus des m\u00e9nages les plus pauvres (par l\u2019assurance-ch\u00f4mage et l\u2019aide sociale, mais aussi par les retraites, dont le montant est largement ind\u00e9pendant de la croissance \u00e9conomique). D\u2019autre part, les tr\u00e8s hauts revenus r\u00e9agissent plus fortement \u00e0 la croissance \u00e9conomique que les bas et moyens revenus, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019ils sont davantage d\u00e9termin\u00e9s par les revenus du capital et les bonus qui diminuent directement avec les chutes des march\u00e9s boursiers (2002 et 2008). Finalement, le syst\u00e8me de protection sociale (aide sociale, assurance ch\u00f4mage) ne compense les baisses des hauts revenus que de fa\u00e7on limit\u00e9e.<\/p>\n<p>En se basant sur l\u2019enqu\u00eate sur la structure des salaires, une claire augmentation des in\u00e9galit\u00e9 de salaires se dessine de 1994 \u00e0 2008, \u00e0 laquelle ont contribu\u00e9 tant l\u2019augmentation du travail \u00e0 temps partiel qu\u2019une plus grande in\u00e9galit\u00e9 des salaires horaires.<\/p>\n<p>Une observation d\u00e9taill\u00e9e montre que la distribution des salaires et du revenu des m\u00e9nages dans la partie inf\u00e9rieure et au centre de la distribution des revenus est rest\u00e9e relativement stable. Toutes les classes de revenu ont pu accro\u00eetre leur niveau de revenu depuis la fin des ann\u00e9es 1990. Mais les donn\u00e9es fiscales et l\u2019enqu\u00eate sur la structure des salaires r\u00e9v\u00e8lent que ce sont avant tout les hauts revenus qui ont profit\u00e9 de la croissance \u00e9conomique et qui ont connu une croissance au-dessus de la moyenne. En outre, l\u2019ESS indique une stagnation des salaires les plus bas depuis 2006.<\/p>\n<p>En revanche, des analyses suppl\u00e9mentaires montrent que, au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, diff\u00e9rentes forces ont contr\u00e9 cette in\u00e9galit\u00e9 croissante des salaires et des revenus du capital. Premi\u00e8rement, l\u2019activit\u00e9 professionnelle accrue des femmes r\u00e9duit l\u00e9g\u00e8rement l\u2019in\u00e9galit\u00e9 du revenu des m\u00e9nages en Suisse (Kuhn et al. 2015). Comme, de plus, les femmes ayant un partenaire qui gagne bien sa vie pr\u00e9sentent en moyenne un volume de travail plus faible que celui des autres femmes, l\u2019in\u00e9galit\u00e9 du revenu des m\u00e9nages est encore att\u00e9nu\u00e9e. Deuxi\u00e8mement, en Suisse, la taille moyenne des m\u00e9nages est rest\u00e9e stable depuis 2000, alors que dans d\u2019autres pays (par exemple en Allemagne ou aux USA) les m\u00e9nages d\u2019une personne ou monoparentaux sont devenus plus nombreux (par exemple Daly et Valletta 2006, Peichl et al. 2010). En effet, les m\u00e9nages plus petits renforcent l\u2019in\u00e9galit\u00e9 entre les m\u00e9nages car, pour eux, il y a moins de redistribution possible entre les membres du m\u00e9nage. Troisi\u00e8mement, la redistribution \u00e0 travers les rentes, les transferts publics et les imp\u00f4ts a, au cours du temps, l\u00e9g\u00e8rement augment\u00e9 (OFS 2015, Grabka et Kuhn 2011). Dans l\u2019ensemble, ces facteurs conduisent \u00e0 une in\u00e9galit\u00e9 du revenu disponible des m\u00e9nages relativement stable en Suisse et l\u00e9g\u00e8rement au-dessous de la moyenne en comparaison internationale. Cependant, il convient de noter que ce constat diff\u00e8re lorsqu\u2019il s\u2019agit des tr\u00e8s hauts revenus ou fortunes&nbsp;: la Suisse est l\u2019un des pays avec la plus haute in\u00e9galit\u00e9 dans ces domaines et celle-ci s\u2019est encore renforc\u00e9e durant cette derni\u00e8re d\u00e9cenie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[1] Pour calculer ce revenu disponible, on additionne d&#8217;abord les revenus de tous les membres du m\u00e9nage (revenus du travail, revenus du capital, rentes, aides sociales, bourses et transferts priv\u00e9s), et on soustrait les imp\u00f4ts, les cotisations pour les assurances sociales et les primes de l&#8217;assurance-maladie obligatoire.<\/p>\n<p>[2]La premi\u00e8re personne adulte re\u00e7oit le poids de 1, les enfants jusqu&#8217;\u00e0 14 ans un poids de 0.3 et les autres membres adultes du m\u00e9nage un poids de 0.5.<\/p>\n<p>[3] Pour les donn\u00e9es fiscales, les donn\u00e9es incluant les unit\u00e9s sans revenu imposable ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es, parce que la m\u00e9diane n\u2019est ainsi pas influenc\u00e9e par la sous-estimation des revenus les plus bas. En excluant les unit\u00e9s sans revenu imposable, la m\u00e9diane augmente entre 1998 et 2012 de 11.3%.<\/p>\n<p>[4] Dans le Tableau 1, le d\u00e9cile de revenu le plus bas n\u2019est pas report\u00e9 pour des raisons de place et de l\u2019\u00e9volution en partie non plausible du revenu.<\/p>\n<p>[5] Les 10% les plus pauvres dans l\u2019EBM, dont le revenu entre 2000 et 2006 est en recul (apr\u00e8s une forte hausse entre 1998 et 2000), constituent une exception.<\/p>\n<p>[6] L\u2019ESS 2012 recense les suppl\u00e9ments salariaux de fa\u00e7on plus d\u00e9taill\u00e9e que dans les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, ce qui peut expliquer une partie de la hausse des hauts salaires entre 2010 et 2012.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>*Cet article a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 dans le cadre du projet du Fonds national \u201cIncome and wealth inequality, deprivation and wellbeing in Switzerland, 1990\u20132013\u201d (Projet 100017_143320). Nous aimerions remercier l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS) pour la mise \u00e0 disposition des donn\u00e9es. Cette \u00e9tude a aussi \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e gr\u00e2ce aux donn\u00e9es du Panel suisse de m\u00e9nages (PSM), qui est dirig\u00e9 par FORS, le Centre de comp\u00e9tence suisse en sciences sociales. Cet article se base en grande partie sur la publication plus compl\u00e8te &#8220;Considering the various data sources, survey types and indicators: To what extent do conclusions regarding the evolution of income inequality in Switzerland since the early 1990s converge?\u201c, que nous avons co-r\u00e9dig\u00e9e avec nos coll\u00e8gues Pascale Gazareth, Eric Crettaz et Laura Ravazzini (Suter et al., \u00e0 para\u00eetre). Nous les remercions chaleureusement ainsi que Jehane Simona et Gian-Andrea Monsch pour leur soutien et leurs pr\u00e9cieux commentaires.<\/p>\n<h3><a href=\"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Annexe-_1.pdf\">Annexe:<br \/>\nVue d&#8217;ensemble des enqu\u00eates et donn\u00e9es analys\u00e9es<\/a><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction L\u2019analyse des in\u00e9galit\u00e9s de revenus est un th\u00e8me de recherche central en sociologie et en \u00e9conomie. Dans la plupart des pays, le foss\u00e9 entre pauvres et riches s\u2019est creus\u00e9 depuis 1970 (voir notamment Salverda et al. 2014, Nolan et al. 2014), ce qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 des d\u00e9bats sociaux et \u00e9conomiques controvers\u00e9s. \u00c9tonnamment, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[19,18],"tags":[],"class_list":["post-576","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-travail","category-inegalite"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/576","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=576"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/576\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3424,"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/576\/revisions\/3424"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=576"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=576"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.socialchangeswitzerland.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=576"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}